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Les libéraux
travailleront dans
le but de réaliser
le plein potentiel du
Canada dans le monde

Depuis des générations, les Canadiens sont fiers du rôle que nous jouons dans le monde et de la réputation que nous avons acquise avec le temps grâce à nos prises de positions nuancées, notre tolérance et notre capacité à collaborer pour résoudre les problèmes. Malheureusement, cette réputation a perdu beaucoup de son lustre.

Il est aujourd’hui essentiel de redéployer ces forces dans un monde en évolution rapide. Peu de pays ont les atouts du Canada pour réussir dans le monde axé sur les réseaux dans lequel nous évoluons aujourd’hui. Nous devons envisager ce défi non pas avec méfiance, mais avec ambition.

Nous disposons d’un nombre d’atouts impressionnant : des diplomates compétents, des forces armées endurcies par le combat, des gens d’affaires, des communautés de toutes les origines ethniques, des artistes et professionnels de la scène, des scientifiques, des intellectuels et des organisations non-gouvernementales. Ils représentent tous l’ambition canadienne partout dans le monde.

Cette présence dans le monde a un impact direct sur la création d’emploi et notre qualité de vie au pays. L’économie, le climat et la sécurité sont plus que jamais des enjeux mondiaux. Le monde importe pour le Canada. Il faut que le Canada importe à nouveau pour le monde.

Cela implique que nous devons revenir à un multilatéralisme constructif au sein des Nations Unies et d’autres organisations. Cela signifie aussi que nous devons faire preuve d’innovation en bâtissant des liens personnels à tous les niveaux avec les puissances émergentes comme la Chine et l’Inde. Nous devons faire preuve de leadership dans l’Arctique et redevenir de bons partenaires avec l’Afrique.

Le Canada doit utiliser tous les liens personnels à sa disposition pour maximiser sa relation avec les États-Unis, notre partenaire le plus important, et saisir les occasions qui s’offrent avec le Mexique et d’autres pays d’Amérique latine.

Cette approche « pancanadienne » du monde va exiger du gouvernement fédéral une nouvelle forme de leadership basé sur la confiance et la collaboration.

S’ouvrir à un monde en évolution

De nos jours, le leadership mondial signifie bien plus que des sommets chorégraphiés. Il requiert une compréhension profonde du monde et une volonté de partager les feux de la scène avec tous ceux qui contribuent à tous les jours à créer des liens à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières.

Le Canada dans le monde :
une stratégie des réseaux mondiaux

Le Canada a toujours eu une présence forte dans le monde.

Nos réalisations ont été bénéfiques pour notre pays, et pour les autres aussi: l’invention du concept du maintien de la paix, l’ouverture précoce à la Chine, l’apport important à l’aide au développement et aux relations commerciales, la création du G20, et notre contribution importante à plusieurs institutions multilatérales.

Malheureusement, le gouvernement Harper a perdu du terrain sur la scène internationale. Cela a déclenché une série longue et grandissante de situations embarrassantes et d’occasions ratées, dont :

  • un échec humiliant causé par notre incapacité à remporter un siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour la première fois de notre histoire, un désaveu sans précédent de la communauté internationale à l’égard des actions du gouvernement Harper et fort probablement notre plus grand fiasco de politique étrangère;
  • l’obstruction faite par le gouvernement Harper lors des sommets sur les changements climatiques à Copenhague en 2009 et à Cancun en 2010, qui a suscité la condamnation de la communauté internationale; et
  • le gaspillage de plusieurs années de travail mis à cultiver nos relations avec les puissances économiques émergentes. Stephen Harper a attendu presque quatre ans après avoir été élu Premier ministre pour se rendre en Inde et en Chine – une absence aberrante à une époque où les leaders mondiaux s’acharnent chaque jour à approfondir les liens avec ces pays.

Cet esprit étroit va à l’encontre de la réalité moderne du Canada. Nous figurons parmi les pays du monde qui dépendent le plus du commerce international. Les Canadiens sont des gens du monde: en 2020, le quart de notre population aura vu le jour dans un autre pays. Nos villes regorgent d’immigrants talentueux et travaillants venus de l’Asie, de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Amérique latine.

Les Canadiens vivent aussi partout dans le monde. Près de 3 millions de Canadiens vivent, travaillent et voyagent à l’étranger, dont plus d’un demi-million en Asie. Près de quatre millions de Canadiens sont d’origine asiatique. Plus d’un million de Canadiens vivent aux États-Unis. Nos artistes et nos scientifiques réussissent à concurrencer et à collaborer avec les meilleurs au monde.

De nos jours, l’influence se trouve au sein de réseaux couvrant le globe, beaucoup plus qu’au sommet des hiérarchies d’autrefois. Dans un monde axé sur les réseaux, ceux qui sont les mieux connectés réussissent le mieux. Les personnes capables de travailler au-delà des frontières et des océans dans le cadre de partenariats mondiaux, qui forgent des alliances avec les gouvernements, le monde des affaires et la société civile, qui font le pont entre les cultures, qui parlent plusieurs langues, qui préconisent la diversité et transcendent les différences sont celles qui réussiront le mieux. Et ces personnes sont les Canadiens.

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S’ouvrir à un monde en évolution

Un nouveau gouvernement libéral mettra en œuvre la toute première stratégie canadienne des réseaux mondiaux, qui traverse ce que les gouvernements précédents considéraient comme des domaines distincts, à savoir la diplomatie, le commerce, la défense et le développement international.

La stratégie des réseaux mondiaux exigera du gouvernement fédéral qu’il exerce un leadership nouveau tant au pays qu’à l’étranger. Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international ne détient plus le monopole des intérêts du Canada à l’étranger ou des relations économiques internationales. De nos jours, de nombreux acteurs contribuent à la présence du Canada dans le monde, qu’il s’agisse de cadres de compagnies de transport fournissant à la Chine du matériel pour les transports en commun, d’ingénieurs informatiques de Waterloo faisant la conquête de marchés étrangers, du médecin canadien qui a dirigé l’organisme Médecins sans frontières ou du génie artistique mondial du Cirque du Soleil. Ils sont tous le reflet des intérêts et des valeurs du Canada. Ils ont réussi parce qu’ils ont compris les besoins et les désirs des gens vivant dans d’autres pays et ont maîtrisé des réseaux mondiaux de relations humaines pour y répondre.

Toutefois, aucun de ces leaders du secteur privé, de la société civile ou du domaine culturel ne possède la légitimité pour diriger et énoncer les priorités et les objectifs globaux de tout le pays à l’échelle mondiale. C’est ce qu’un gouvernement libéral fera avec la stratégie des réseaux mondiaux.

Ententes sur les réseaux mondiaux avec la Chine et l’Inde

En tant que pays de l’Asie-Pacifique, le Canada est le seul membre de l’ALENA qui n’a pas d’entente commerciale avec un pays asiatique. Nous devons agir pour renforcer nos relations avec les grandes économies émergentes qui façonnent l’avenir. Un gouvernement libéral visera à conclure de nouvelles ententes avec la Chine, l’Inde, et d’autres puissances émergentes. Nous avons besoin d’un nouveau modèle pour les ententes bilatérales qui reflètent le fonctionnement du monde d’aujourd’hui. Stimuler les échanges commerciaux sera un élément important des nouvelles « ententes sur les réseaux mondiaux », mais celles-ci iront bien au-delà des exportations et importations.

Les nouvelles ententes amélioreront grandement la coopération entre les personnes, les échanges et les projets collaboratifs dans les secteurs clés tel que l’éducation supérieure, les technologies propres, la culture, le tourisme, les services financiers, la santé publique, la salubrité et la sécurité des aliments, les transports, la logistique commerciale et la gouvernance. Au lieu d’une approche réactive et à la pièce, nous établirons des objectifs cohérents pour la relation dans son ensemble et mettrons en place des mandats d’action bien précis aux plus hauts niveaux. Réussir signifiera d’aller au-delà des relations de gouvernement à gouvernement et de mettre en valeur les relations à tous les niveaux, incluant le secteur privé, le milieu universitaire, les arts et la culture ainsi que la société civile.

Au Canada, les ententes sur les réseaux mondiaux témoigneront de l’engagement ferme qu’un gouvernement libéral aura pris à l’égard d’un leadership national et d’un partenariat encourageant la collaboration entre tous les ordres de gouvernement, le secteur privé, les milieux universitaires et la société civile. On fera appel tout particulièrement aux communautés d’immigrants au Canada et aux Canadiens vivant à l’étranger en tant que partenaires au sein de réseaux qui créeront des possibilités économiques.

Le renouvellement des missions d’Équipe Canada s’inscrira aussi dans les ententes sur les réseaux mondiaux. Nous moderniserons le modèle précédent en concentrant chaque mission sur un ou plusieurs secteurs clés, comme ceux mentionnés ci-dessus. Ces missions s’accompagneront d’un soutien et d’une interaction continus plutôt que d‘activités ponctuelles et privilégieront des visites réciproques au Canada de la part des leaders des pays partenaires.

Les ententes sur les réseaux mondiaux contribueront aussi à l’avancement des droits de la personne en approfondissant et en élargissant les interactions humaines et en établissant des relations plus matures qui permettront d’améliorer le dialogue et la résolution de problèmes au fil du temps.

Renouveler les partenariats nord-américains

Les atouts géographiques, économiques et culturels du Canada dans un marché nord-américain comptant près de 500 millions de personnes demeureront l’un de nos plus grands avantages stratégiques dans un monde en évolution rapide. Les échanges quotidiens de biens et services entre le Canada et les États-Unis représentent plus de 1,5 milliard de $; l’ampleur de ces relations commerciales entre les deux pays est d’ailleurs sans équivalent ailleurs dans le monde. Chaque année, il y a 200 millions de passages à la frontière entre nos deux pays. En outre, les Canadiens et les Américains fabriquent de plus en plus de produits ensemble pour ensuite les vendre dans le monde.

Suite aux nombreuses mesures reliées à la sécurité aux États-Unis dans la foulée du 11 septembre 2001, des mesures de « resserrement » de la frontière entre le Canada et les États-Unis ont limité les échanges transfrontaliers et ont nui à la vitalité de nos relations économiques.

Dans le cadre de la stratégie des réseaux mondiaux, un gouvernement libéral fera preuve de leadership et collaborera avec des partenaires au pays et avec la communauté de plus d’un million de Canadiens qui vivent et travaillent aux États-Unis pour mieux mettre en valeur les liens riches entre nos deux pays.

Nous examinerons la possibilité de conclure de nouveaux arrangements administratifs plus intelligents pour la gestion de notre frontière commune, afin de limiter, voire renverser, les nouvelles mesures de « resserrement » de la frontière tout en maintenant un niveau élevé de sécurité. La transparence et le dialogue informé avec la population canadienne seront essentiels, contrairement aux discussions secrètes du gouvernement Harper sur le « périmètre de sécurité ».

Nous collaborerons avec les États-Unis dans des cadres multilatéraux, tout comme avec d’autres pays qui partagent nos objectifs, pour progresser sur des enjeux importants d’intérêt mondial.

Au lieu d’attendre que le Congrès américain décide des politiques du Canada, comme persiste à le faire le gouvernement Harper, un gouvernement libéral fera appel à une collaboration proactive avec l’administration Obama sur les enjeux de l’énergie propre, notamment les sources d’énergie renouvelable, les technologies propres et l’efficacité énergétique.

L’intensification des liens avec le Mexique constitue aussi un objectif vital. Voisin et partenaire en Amérique du Nord, le Mexique et son succès importent au Canada. Nous partageons un grand nombre d’intérêts et de perspectives comme la lutte contre le protectionnisme, la collaboration dans la lutte contre les changements climatiques et l’appui aux progrès du Mexique en matière de sécurité intérieure. Un gouvernement libéral travaillera aussi avec le Mexique à éliminer progressivement l’exigence de visa pour les citoyens mexicains en voyage au Canada, sans toutefois négliger les préoccupations canadiennes relatives aux demandes de statut de réfugié.

Le Nord canadien et la région arctique internationale

L’approche libérale en ce qui a trait au Nord canadien et à la région arctique internationale ira au-delà des séances de photo et de la démagogie. Un gouvernement libéral mettra plutôt l’accent sur les populations du Nord canadien de même que sur leur savoir, leurs idées et leur dynamisme. La meilleure façon de renforcer la souveraineté de l’Arctique doit comprendre l’établissement d’un partenariat avec les Canadiens qui connaissent le mieux cette région et qui sont les mieux placés pour façonner son avenir.

Le gouvernement canadien doit renforcer nos relations avec les autres pays arctiques afin de susciter l’émergence d’intérêts communs et de créer et consolider des institutions multilatérales. L’Arctique est un excellent exemple qui démontre clairement qu’il est plus utile de défendre les intérêts du Canada en étant au centre d’un réseau, plutôt qu’à la tête d’une hiérarchie désuète qui cherche à imposer une marche à suivre.

Un gouvernement libéral corrigera les erreurs des conservateurs de Stephen Harper et nommera un nouvel ambassadeur aux Affaires circumpolaires, dynamisant ainsi la participation canadienne au sein du Conseil de l’Arctique. Nous travaillerons avec tous les membres du Conseil de l’Arctique, y compris les leaders autochtones de l’Arctique, en vue d’officialiser la coopération sur les questions de gestion environnementale, de développement économique et social, de transports, de recherche et de sauvetage et de sécurité. Nous établirons aussi un projet de cartographie conjointe pour aider à définir des territoires, océans, ressources halieutiques et espèces sauvages protégées à l’échelle internationale, des sites sacrés autochtones et d’autres occasions de coopération en matière de sécurité. Un gouvernement libéral établira aussi un secrétariat permanent pour le Conseil de l’Arctique au Canada qui assurera les services de soutien pour les négociations, et le renforcement des capacités afin d’assurer la plus vaste participation possible à ces efforts.

L’approche libérale sur le Nord canadien sera d’agir sur des enjeux tels que l’éducation, le développement des ressources naturelles, les soins de santé, les infrastructures, l’environnement et les changements climatiques, ainsi que la préservation de leurs modes de vies traditionnels dans ce monde moderne et turbulent. Ce sont là des défis et des occasions qui définiront le succès du Canada à faire de la souveraineté dans l’Arctique un bienfait pour les gens qui y vivent. Une forte capacité militaire est certes importante dans le Nord, mais doit faire partie d’une approche plus vaste au leadership et au partenariat avec les gens du Nord et les pays nordiques voisins.

Des liens solides avec l’Europe

Les liens du Canada avec l’Europe sont enracinés dans notre passé et sont importants pour notre avenir. Nos exportations d’une valeur de 50 milliards de $ vers l’Union européenne soulignent l’importance économique de nos relations transatlantiques et nos deux langues officielles témoignent de notre histoire commune et des affinités culturelles que nous partageons. De bonnes relations avec les pays européens à travers l’OTAN et d’autres organisations multilatérales sont essentielles à la promotion des intérêts canadiens et seront indispensables à notre prospérité et à la place du Canada dans le monde.

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Mobiliser les forces du Canada en matière de développement humain

La stratégie des réseaux mondiaux préconisera aussi une approche pleinement intégrée en matière de développement humain, non seulement en diminuant le cloisonnement au sein du gouvernement en matière de défense, de diplomatie et de développement, mais aussi en mettant à profit les atouts des Canadiens tant au pays qu’à l’étranger.

La paix, l’ordre et le bon gouvernement

Dans les démocraties émergeantes et les pays fragilisés, le besoin le plus criant est une gouvernance stable et transparente qui repose sur la primauté du droit et le respect des droits de la personne. Notre expérience nous a démontré que peu importe l’ampleur de l’aide étrangère accordée, aucun changement durable n’est possible pour un peuple au prise avec un régime dont la gouvernance est instable et caractérisée par la corruption et l’oppression. L’aide financière ne suffit pas. Les pays déstabilisés ont besoin d’aide au niveau des services policiers, des systèmes de gestion financière, de justice et de soins de santé. Le Canada possède un bilan impressionnant et une expertise dans une grande variété de domaines d’administration publique et civile qui est essentielle à l’établissement de démocraties stables.

Un gouvernement libéral utilisera « la paix, l’ordre et le bon gouvernement », le principe qui sous-tend la Constitution canadienne, comme cadre de référence pour établir non seulement un programme pour l’ensemble du gouvernement, mais aussi un effort pancanadien visant à mobiliser notre expertise en gouvernance. Nous établirons une Agence canadienne de la démocratie avec la capacité de négocier, de coordonner et d’appuyer l’envoi d’aide et de savoir-faire canadiens en gouvernance que fourniront nos organismes fédéraux et d’autres intervenants – y compris d’autres gouvernements, des professionnels retraités, le secteur privé et les ONG. Ceci visera notamment à encourager l’innovation, à offrir une formation, à compiler les leçons et à partager les pratiques exemplaires de nos efforts antérieurs. Les efforts permettront de concentrer plus efficacement la contribution et l’expertise du Canada et contribuera grandement à la prévention et au règlement des conflits, au développement du leadership, à la mise en place d’institutions démocratiques, au respect des droits de la personne ainsi qu’à la stabilité économique dans les États après un conflit et dans les démocraties émergeantes.

L’aide internationale au développement

Dans le cadre de la stratégie des réseaux mondiaux, un gouvernement libéral renouvellera les partenariats avec les nombreux organismes canadiens qui s’emploient à améliorer la qualité de vie des plus démunis. Il n’y a aucune justification pour jeter un froid sur les débats démocratiques portant sur des questions de politique étrangère en recourant à l’intimidation et aux menaces, et en retirant des fonds pour des motifs politiques, comme l’a fait le gouvernement Harper.

Dans le budget de 2010, le gouvernement Harper a sabré des milliards de dollars en fonds prévus pour l’aide au développement. Cela a paralysé l’amélioration constante des niveaux de soutien du Canada et par le fait même menacé la réalisation des différents programmes à long terme. Pour regagner le terrain perdu sous les conservateurs, les libéraux réinvestiront dans l’aide au développement et ainsi rééquilibreront nos dépenses en matière de priorités internationales.

Il nous faut aussi cesser les débats stériles sur les montants à consacrer à l’aide étrangère. Bien qu’une aide financière accrue aux pays les plus pauvres soit utile, les spécialistes cherchent dorénavant de nouvelles idées et d’autres moyens de favoriser la croissance dans les pays en développement. Plutôt que de déterminer combien d’argent de plus il faut dépenser, on doit songer aux moyens qui aideront ces peuples à prendre leur avenir en main.

L’aide canadienne sera aussi guidée par le principe directeur du potentiel immense et inexploité des femmes dans les pays en développement. Rendre les femmes autonomes est souvent un facteur clé pouvant favoriser le développement économique grâce aux petites exploitations agricoles, à l’éducation et aux initiatives dans le domaine de la santé. Il est possible de mieux déployer le vaste potentiel humain dans bon nombre de pays en développement en mettant l’accent sur le rôle des femmes. Il s’agira d’un élément fondamental de l’approche adoptée par un gouvernement libéral en matière d’aide au développement.

Un retour vers l’Afrique

Le Canada doit arrêter son éloignement progressif de l’Afrique. La stratégie des réseaux mondiaux permettra d’établir des partenariats avec les citoyens les plus démunis. Autrement dit, il faut se préoccuper d’abord des régions où règne une pauvreté extrême, et non pas celles pouvant rapporter un gain commercial à court terme. Il faudra aussi encourager les investissements privés et améliorer la capacité des États africains à servir leurs propres populations.

Le gouvernement Harper a considérablement modifié les objectifs d’aide internationale du Canada en 2009, avec presque aucune consultation. Il a redirigé l’aide des pays de l’Afrique subsaharienne et retiré huit pays africains de la liste des bénéficiaires prioritaires de l’aide canadienne.

Un gouvernement libéral remettra l’Afrique au premier rang de nos priorités en aide internationale en alignant les ressources, les capacités et les intérêts économiques du Canada sur les besoins les plus pressants de ce continent. Par rapport au reste du monde, il y a en Afrique un nombre disproportionné de pauvres, de conflits et de maladies graves, comme le VIH-sida et la malaria. L’Afrique subira également de fortes répercussions des changements climatiques. Le Canada doit être à l’avant-garde de nouvelles méthodes innovatrices d’aide aux pays africains afin de corriger ces problèmes, tout en les aidant à développer leur économie, à attirer des investissements du secteur privé et à fournir des services à leurs citoyens. Les enjeux auxquels font face l’Afrique représentent des occasions – et non seulement de la charité – et un gouvernement libéral agira avec ses partenaires dans cet état d’esprit.

La paix au Moyen-Orient

Avant 2006, le Canada était reconnu comme une voix de la raison au Moyen-Orient et était respecté par les deux parties du conflit israélo-arabe. Cela importe, car le but d’une diplomatie sérieuse est d’exercer une influence pour faire progresser les intérêts du Canada et ceux de ses alliés. Mais le gouvernement Harper a gaspillé l’influence du Canada dans la région et a polarisé le débat au Canada à des fins partisanes, diminuant ainsi la possibilité d’une contribution canadienne au progrès.

L’objectif ultime du Canada doit être la paix dans cette région. À court terme, nous devons nous concentrer sur la réduction des hostilités, la croissance économique pour ceux qui en ont le plus besoin et une désescalade de la rhétorique incendiaire.

Les libéraux croient que la création de deux États est la solution à privilégier et que la stabilité régionale sera possible seulement lorsqu’un État israélien démocratique et sécuritaire coexistera en paix avec un État palestinien viable, démocratique et sécuritaire.

Sur le terrain, le Canada a joué un rôle constructif en fournissant son aide aux autorités palestiniennes en ce qui a trait à la gouvernance et aux capacités policières, et nous devons continuer à le faire. Nous devons aussi faciliter le dialogue entre Israël, le monde arabe et le leadership palestinien.

L’Iran est la plus grande menace à la paix dans cette région et le Canada doit condamner fermement sa rhétorique menaçante et appuyer les efforts internationaux visant à l’empêcher d’acquérir des armes nucléaires.

Qu’ils soient dans une mosquée de Calgary ou une synagogue de Montréal, nos leaders politiques doivent toujours tenir le même discours lorsqu’ils parlent de ces questions cruciales. Les politiciens ont également l’obligation de dissuader les communautés d’importer au Canada les tensions et les comportements hostiles de leur région d’origine. Dans la recherche de solutions à l’étranger, les leaders doivent plutôt faire valoir les valeurs canadiennes de tolérance, de diversité et de compromis fondés sur des principes.

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Les Forces armées canadiennes modernes

En plus de protéger notre souveraineté ici au pays, d’entreprendre des opérations de recherche et sauvetage et d’intervenir dans des situations d’urgence civile, les Forces canadiennes font un travail extraordinaire partout dans le monde. Elles servent bien le Canada et ses alliances principales, l’OTAN et NORAD, en préservant la paix et la sécurité et en luttant contre le terrorisme. Des années de service brave et efficace en Afghanistan ont donné une plus grande expérience à nos troupes en matière de combat et suscite un respect international à l’égard de nos militaires. Ces atouts seront indispensables au nouveau rôle que sera appelé à jouer le Canada dans le monde.

Une reprise des missions de la paix

En 2009, les Nations Unies ont déployé un nombre record de Casques bleus, soit cinq fois plus qu’il y a dix ans – avec presque 100 000 militaires et policiers dans 15 missions de l’ONU autour du globe. Paradoxalement, alors que le nombre et le besoin de Casques bleus pour les missions de l’ONU ne cessent de croître, la contribution du Canada n’a jamais été aussi faible. Autrefois premier contributeur de Casques bleus aux missions de l’ONU, le Canada s’est classé au 56e rang en 2009.

Les fonctions traditionnelles de maintien de la paix ont grandement changé depuis que le Canada s’est retiré de ces activités. Les déploiements sont couramment effectués dans des situations plus complexes et souvent dangereuses mieux décrites comme des missions de rétablissement de la paix. De plus en plus souvent, ces déploiements comportent des opérations de combat. En se basant sur l’expérience durement gagnée en Afghanistan, un gouvernement libéral élaborera un nouveau rôle de leadership pour le Canada lors des missions de la paix, comprenant la formation, le commandement et le déploiement de personnel lorsqu’il est clair que la mission correspond aux intérêts, aux valeurs et aux capacités du Canada. Même si en ce moment seulement une fraction du budget de la défense du Canada est dédiée aux coûts additionnels liés à des opérations des Nations Unies, les libéraux s’assureront que les Forces canadiennes disposent des ressources nécessaires pour s’engager dans des missions de la paix supplémentaires.

La responsabilité de protéger

Également sous les auspices du concept de « la paix, l’ordre et le bon gouvernement », la doctrine de la responsabilité de protéger fournit un cadre de référence pour un leadership renouvelé du Canada en matière de prévention et de réponse aux cas de conflit et de violation systématique des droits de la personne. Michael Ignatieff a joué un rôle clé dans le développement de cette doctrine, qui a d’ailleurs été une initiative de la Commission internationale de l’intervention et de la souveraineté des États initiée par le Canada et appuyée par l’ONU.

Selon cette doctrine, un État souverain a l’obligation de protéger ses citoyens contre le danger. Dans les cas où il ne le fait pas, la communauté internationale doit déployer tous les efforts diplomatiques possibles pour le persuader à offrir cette protection. Si un État souverain ne protège pas ou ne peut pas protéger son peuple, la doctrine de la responsabilité de protéger exige que la communauté internationale intervienne sous l’égide des Nations Unies, y compris par des moyens militaires en dernier recours, pour mettre fin aux pertes de vie en grand nombre d’innocents, par exemple lors d’un génocide ou d’un nettoyage ethnique.

Cette doctrine a été officiellement adoptée en 2005 par l’Assemblée générale de l’ONU, grâce au leadership du Canada. Depuis, le gouvernement Harper en a à peine fait mention. Par exemple, le Canada aurait pu invoquer la responsabilité de protéger – à partir d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU – afin de promouvoir une réponse internationale cohérente face à la violence en Libye. Un gouvernement libéral travaillera avec la communauté internationale pour que cette doctrine fasse l’objet d’une plus grande adhésion et élargir sa mise en œuvre. Cela ne signifie pas que le Canada devra intervenir à chaque fois qu’un nouveau conflit émerge, mais plutôt que nous ferons preuve à nouveau de leadership en matière de prévention des conflits. Lorsque le monde devra agir pour arrêter le massacre d‘innocents, le Canada sera prêt à intervenir avec une force armée hautement qualifiée et expérimentée face aux conflits modernes complexes.

L’avenir de notre engagement en Afghanistan

Le rôle du Canada au sein de l’OTAN en Afghanistan vise à assurer la sécurité et le développement dans un pays en difficulté qui était dirigé par un régime taliban répressif et a offert un refuge sûr aux instigateurs des attentats terroristes d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001. Plus de 150 Canadiens ont perdu la vie et plusieurs autres doivent vivre avec un handicap. Notre mission a été honorable et dans l’intérêt national. L’Afghanistan ne doit pas redevenir une terre d’accueil pour les terroristes.

La mission de combat prendra fin en 2011. Cependant, l’objectif de base ne sera pas atteint. Le peuple afghan ne sera toujours pas en mesure à lui seul de se gouverner et d’assurer sa propre sécurité.

Voilà pourquoi le Parti libéral appuie la mission d’aide à la formation de 2011-2014, et la poursuite du travail de développement. Le but de cette mission est d’aider le peuple afghan à se bâtir lui-même un meilleur avenir.

Dans la présence qu’il assurera après sa mission de combat, le Canada devra notamment jouer un rôle important sur le plan diplomatique et dans toutes discussions politiques concernant l’avenir de l’Afghanistan. Un gouvernement libéral désignera un envoyé spécial qui prendra part aux efforts de la paix dans cette région du monde.

Respecter les anciens combattants du Canada

Les anciens combattants canadiens méritent un soutien et des soins de la meilleure qualité possible en plus d’une structure administrative mandatée et organisée autour de leurs besoins et du contrat social à perpétuité qui les lie à notre pays. La nouvelle Charte des anciens combattants leur a fourni des outils utiles pour leur réintégration à la vie civile, mais elle n’est pas parfaite. Des groupes d’anciens combattants, des groupes d’experts, les comités du Sénat et des Communes, et des anciens combattants blessés et leurs familles ont identifié des façons d’améliorer cette Charte pour qu’elle soit encore plus équitable, efficace, orientée sur la famille et les anciens combattants. Un gouvernement libéral travaillera avec ces groupes pour mettre en œuvre des améliorations importantes, et pour réévaluer si les indemnités d’invalidité devraient continuer d’être des montants forfaitaires.

Un gouvernement libéral mettra aussi en œuvre une nouvelle prestation pour l’apprentissage des anciens combattants pour défrayer les coûts de leurs études postsecondaires lorsqu’ils auront complété leur service.

Renforcer l’apprentissage bilingue dans les Forces canadiennes

Le bilinguisme fait partie des nombreux attributs qui font que les Forces canadiennes peuvent à la fois servir et représenter notre pays avec fierté et professionnalisme. On peut en dire de même de l’emphase qui est mise sur le savoir et l’apprentissage. Un engagement renouvelé envers l’apprentissage bilingue s’avère maintenant nécessaire. Le Collège militaire royal de St-Jean (CMRSJ) a joué un rôle important durant les diverses phases de son histoire. Un gouvernement libéral investira dans le CMRSJ afin de rétablir son plein statut d’établissement universitaire.

Cela élargira la capacité d’offrir une éducation à la prochaine génération d’officiers au sein du système militaire et viendra complémenter ce qui est déjà offert au Collège militaire royal de Kingston, qui fonctionne à plein rendement. Le CMRSJ s’appuiera sur sa force traditionnelle entourant les arts et les sciences humaines qui sont devenus plus importants au niveau de l’éducation militaire en raison de la complexité grandissante des conflits modernes qui sont davantage liés à la dynamique socio-politique qui se cache derrière les affrontements traditionnels entre les États. Toutefois, ce qui est le plus important est que le milieu francophone du CMRSJ aidera à attirer de jeunes francophones motivés à se joindre aux Forces canadiennes et offrira aussi aux officiers-étudiants anglophones de meilleures occasions de maîtriser leur deuxième langue officielle, tout en poursuivant leurs études au sein du système du Collège militaire royal.

Les achats de matériel militaire

Un gouvernement libéral aura une vision bien différente du rôle du Canada dans le monde. Naturellement, le programme d’achat de matériel militaire du ministère de la Défense nationale devra être revu à la lumière de ce nouveau rôle. Une force militaire bien approvisionnée est essentielle pour un gouvernement libéral. Les décisions d’achat de matériel seront prises de façon claire et transparente en fonction des besoins de missions. Ces décisions devront aussi reposer sur l’obtention du meilleur rapport qualité-prix et sur les retombées industrielles.

Un gouvernement libéral annulera immédiatement l’entente mal gérée pour l’achat sans appel d’offres d’avions de chasse furtifs F-35 d’une valeur de 30 milliards de $ et économisera ainsi des milliards de dollars. Bien qu’il s’agisse du plus gros achat de matériel militaire de l’histoire du Canada, le gouvernement Harper n’a jamais expliqué pourquoi il était essentiel d’acheter cet avion précis en ce moment. Il n’est toujours pas en mesure de communiquer le prix réel de ces avions et n’a obtenu aucune garantie de retombées industrielles. D’autres pays, dont les États-Unis, ont déjà réduit leurs commandes de ces avions qui sont toujours en développement, mais les conservateurs ont foncé en dépit des faits. Il faut agir de façon plus responsable.

Une fois l’entente de Harper annulée, un gouvernement libéral ne procédera pas plus loin avant d’avoir complété l’examen de toutes les propositions d’achats de matériel militaire à la lumière de la nouvelle politique internationale de la présente stratégie des réseaux mondiaux. Cet examen portera notamment sur les besoins des équipes de recherche et de sauvetage, ainsi que sur ceux de nos forces aériennes, navales et terrestres. Lorsque le Canada fera l’achat d’avions de chasse, il le fera à la suite d’un processus tranparent et concurrentiel pour obtenir l’équipement qui répond le mieux à nos besoins, offre le meilleur rapport qualité-prix, fournit un maximum de retombées industrielles et s’inscrit dans un budget réaliste.
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Une nouvelle approche dans un monde en réseaux

Renouveler le multilatéralisme canadien

Le Canada est un membre fondateur des Nations Unies et de l’OTAN, un leader dans la Francophonie, le Commonwealth, l’Organisation des États américains, l’ALENA et l’APEC, et l’un des fondateurs du G20. Par le passé, le multilatéralisme a joué un rôle fondamental dans la contribution canadienne et la poursuite des intérêts canadiens. Il doit aussi être un facteur clé dans notre avenir. Cela signifie qu’il faut consacrer des ressources suffisantes à la participation du Canada dans ces institutions, ainsi que dans de nombreux organismes multilatéraux traitant de différents enjeux où le Canada a à la fois des intérêts et des possibilités. Le leadership canadien peut changer les choses en ce qui a trait aux efforts multilatéraux déployés sur des enjeux tels que les enfants-soldats, la prolifération nucléaire et l’interdiction des armes à sous-munitions.

Un multilatéralisme renouvelé nécessitera l’exercice d’un leadership réaliste et résolu en vue de réformer les institutions en place, plus particulièrement les Nations Unies. Les libéraux sont réalistes en ce qui concerne les limites de certaines organisations internationales telles que l’ONU et nous développerons de nouveaux partenariats et de nouvelles plates-formes d’action. Il ne fait aucun doute que la délibération collective au sein des institutions multilatérales demeurera indispensable en relations internationales.

Le G20 dans un monde en évolution

Un gouvernement libéral aidera à renforcer le G20, qui remplace dorénavant le G8 comme forum privilégié de la coopération à l’échelle internationale. Les pays membres du G20 représentent 90 pour cent du produit national brut mondial. Aucun leader envisageant l’avenir avec réalisme ne peut continuer de croire que les défis mondiaux, qui vont de la stabilité économique aux changements climatiques, de l’insécurité alimentaire à la pauvreté, peuvent être surmontés adéquatement sans la présence à la table de discussion des pays comme le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, la Corée du Sud, la Chine et l’Inde.

Le gouvernement Harper a raté une occasion unique en 2010 en raison de l’incompétence dont il a fait preuve dans l’organisation des sommets du G8 et du G20. Au lieu de reposer sur une planification judicieuse, la consultation et une volonté d’agir en chef d’État, son approche était fondée sur le calcul partisan et l’autopromotion. Le résultat désastreux pour les contribuables a été l’embarras et les coûts astronomiques évalués à 1 milliard de $. Aucun sommet tenu ailleurs dans le monde n’a coûté aussi cher. La revue The Economist a qualifié l’événement de « gâchis du huard » du Canada.

La collaboration au sein du Canada

Le premier ministre du Canada doit faire preuve de leadership en soutenant les efforts de ses homologues provinciaux, ainsi que ceux des nombreux intervenants du secteur privé et de la société civile afin de promouvoir les intérêts du Canada dans le monde.

C’est pourquoi un gouvernement libéral tiendra compte des intérêts et du savoir-faire des provinces relativement à de nombreux sujets de discussion multilatéraux et mettra en place les structures et les mécanismes qui sont nécessaires pour les amener à participer à des activités multilatérales pertinentes. En outre, nous veillerons à ce que les principales missions à l’étranger soient dotées d’un personnel chargé d’assurer la liaison avec les provinces afin de les tenir informées des questions pour lesquelles elles ont un grand intérêt. Rien de tout cela n’empêchera le gouvernement fédéral de s’acquitter de sa responsabilité de parler au nom du Canada sur la scène internationale. Bien au contraire, le Canada pourra alors s’adresser plus efficacement au reste du monde et avec la cohérence propre à une équipe menée avec efficacité.

Promouvoir le « branding » du Canada afin de réussir dans un monde en réseaux

Un gouvernement libéral lancera une nouvelle initiative de « branding » du Canada dans les principaux marchés du monde, en collaboration avec le secteur privé, des artistes de premier plan et des universitaires. En faisant connaître plus largement les forces du Canada à l’étranger, nous rehausserons la stratégie des réseaux mondiaux et les efforts visant à promouvoir les intérêts et les valeurs du Canada. Ceci contribuera également à accroître le commerce et l’investissement et à améliorer les autres secteurs stratégiques mis en relief dans les nouvelles ententes sur les réseaux mondiaux. Les ambassades et les consulats canadiens pourront jouer un rôle de premier plan dans la promotion du « branding » du Canada et aider à joindre un public plus large à l’étranger.

La connaissance favorise les réseaux mondiaux et, par conséquent, l’apprentissage et l’enseignement supérieur deviennent des entreprises de plus en plus internationales. Le Canada compte certaines des meilleures universités au monde mais, au cours des dernières années, il a reculé comparativement aux pays comme l’Australie et le Royaume-Uni, qui misent de plus en plus sur la dimension internationale de l’éducation.

Un gouvernement libéral collaborera avec les provinces, les établissements d’enseignement supérieur et le secteur privé afin de soutenir les efforts déployés par les principaux établissements canadiens qui tentent d’établir une présence dans les marchés émergents clés et d’augmenter le nombre d’échanges étudiants qui permettent aux Canadiens d’aller étudier à l’étranger.

La culture canadienne sera également un élément important de la nouvelle initiative de « branding » du Canada. Les créateurs canadiens qui travaillent en français, en anglais ou dans une autre langue contribuent à la prospérité et à l’identité du Canada, tout en resserrant nos liens dans un monde axé sur les réseaux.

La responsabilité sociale des entreprises

Les entreprises canadiennes sont des acteurs de premier plan dans l’économie mondiale. Elles investissent partout dans le monde, et dans une gamme complète de secteurs économiques. Par exemple, on retrouve au Canada jusqu’à 75 pour cent des entreprises d’exploration et d’exploitation minière au monde. La grande majorité de ces entreprises ont une bonne réputation et opèrent de manière responsable dans les pays en développement.

Toutefois, il arrive à l’occasion qu’un petit nombre d’entre elles soit accusé de violations des droits de la personne et d’abus environnementaux. Un gouvernement libéral prendra des mesures pour soutenir l’investissement international canadien en faisant la promotion des normes les plus élevées de responsabilité sociale des entreprises (RSE) canadiennes.

En 2007, un groupe consultatif sur la RSE représentant l’industrie minière, les syndicats, la société civile et les universitaires en est venu à un consensus sur la RSE. Malheureusement, le gouvernement Harper n’a rien fait de ses recommandations.

Un gouvernement libéral donnera suite aux recommandations du groupe consultatif, en adoptant des normes canadiennes de RSE et en créant un poste d’ombudsman indépendant qui conseillera les entreprises canadiennes, prendra en considération les plaintes faites contre elles, et fera enquête lorsque ce sera nécessaire.

Les jeunes Canadiens en service à l’étranger

Nos jeunes contribuent grandement à façonner la présence canadienne dans le monde. Plusieurs d’entre eux sont passionnés, veulent agir pour le bien commun et ont des idées ambitieuses sur ce que l’on peut accomplir à l’étranger. Ils sont curieux de connaître d’autres lieux et d’autres cultures. Ils ont grandi dans un contexte où l’Internet est puissant et omniprésent, et ils savent s’en servir pour éliminer les distances. L’expérience internationale profite aux jeunes Canadiens en élargissant leurs horizons. Leurs efforts humanitaires aident des gens qui vivent dans des pays défavorisés et le Canada lui-même en tire profit lorsque ces jeunes reviennent au pays plus riches en idées, plus inspirés et forts d’une expérience concrète de la diversité du monde et de ses défis.

C’est pourquoi un gouvernement libéral instaurera un Corps de service du Canada. Ce programme mettra en valeur l’énergie et le dévouement de nos jeunes en finançant leurs travaux bénévoles à l’étranger, permettant ainsi à un plus grand nombre d’entre eux d’acquérir une expérience sur la scène internationale.

Renouveler la capacité du gouvernement fédéral

La mise en œuvre de la stratégie des réseaux mondiaux du gouvernement fédéral nécessitera que l’on renforce la capacité de la fonction publique. Nous devons réparer les pots cassés après cinq années de négligence et de mauvaise gestion au sein du corps diplomatique canadien, du service des délégués commerciaux du Canada, de nos ambassades et de la capacité internationale à l’échelle du gouvernement.

Le cas du ministère de la Défense nationale est quelque peu différent. Depuis 2005-2006, à la suite de décisions budgétaires prises par les libéraux et les conservateurs, les dépenses militaires du Canada ont augmenté de presque 50 pour cent et elles devraient continuer de croître même après la fin de la mission de combat en Afghanistan. Le Parti libéral appuie les récents investissements dans les Forces canadiennes, mais la trajectoire des dépenses à engager au cours des années à venir doit être réévaluée. Il nous est essentiel d’avoir des Forces armées dotées des ressources requises pour maintenir notre souveraineté et jouer un rôle constructif dans le monde, mais ce n’est pas le seul déterminant de notre succès.

Le gouvernement estime que le coût additionnel annuel de la mission de combat en Afghanistan s’élève à tout près de 1,7 milliard de $. Le directeur parlementaire du budget a signalé que ce coût était encore plus élevé que ce qui a été divulgué. Le coût additionnel de la mission d’aide à la formation de 2011-2014 s’élèverait quant à lui à 500 millions de $ annuellement. Cela indique qu’un gouvernement libéral pourra réaffecter 1 milliard de $ de manière à mieux rééquilibrer l’ensemble des dépenses en défense, en développement et en diplomatie.

Ce changement permettra de libérer des ressources qui serviront à revitaliser d’autres activités internationales à l’échelle de l’appareil fédéral, afin de mieux tenir compte de l’éventail complet des fonctions et des engagements contenus dans la stratégie des réseaux mondiaux.

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