
Dans la foulée de l’intérêt soudain de Stephen Harper pour la santé maternelle et infantile dans les pays en voie de développement, des députés libéraux pressent le Premier ministre de revenir sur ses décisions passées de réduire le financement pour l’égalité des sexes et la lutte contre la violence sexiste en tant que priorités de l’aide étrangère.
Dans un forum en ligne la semaine dernière, le chef libéral Michael Ignatieff a écrit : « Notre aide publique au développement devrait se concentrer d’abord sur le renforcement des droits et des moyens des femmes. Investir dans l’éducation des filles et des femmes, les protéger des mauvais traitements, leur accorder des droits de propriété et assurer un flux de la microfinance sont des moyens clés de réduire la mortalité infantile, d’améliorer la qualité de vie familiale et de stimuler le développement économique. Misez sur les femmes, cela devrait être notre devise ! »
En mai dernier, le gouvernement Harper a annoncé qu’il restructurait l’aide extérieure, en supprimant les priorités qui étaient la réduction de l’extrême pauvreté, l’égalité entre les sexes, la violence sexiste et la santé. Cette décision a entraîné la protestation de dix-neuf ambassadeurs africains, devant un comité parlementaire, concernant les coupures dans l’aide au développement destinée à huit pays africains. Tout récemment, les conservateurs ont réduit le financement de KAIROS, une organisation caritative composée d’églises du Canada, qui se battait contre la violence sexiste. L’ONG financée par le gouvernement Droits et Démocratie a, quant à elle, retiré des fonds pour les victimes de violences sexuelles au Congo.
« Tout effort sérieux pour réduire la pauvreté et améliorer la santé des femmes et des enfants, que ce soit dans le monde en développement ou chez nous, doit mettre l’accent sur l’autonomie des femmes, a dit Anita Neville, la porte-parole libérale responsable de la condition féminine. Nous espérons que le changement de priorités du gouvernement signifie qu’il portera le même intérêt aux femmes du Canada. »
Une table ronde organisée aujourd’hui par les libéraux sur la Colline parlementaire au sujet des questions relatives à la condition féminine a permis à des organismes et à des particuliers d’exprimer leur consternation envers le bilan du gouvernement actuel en matière de condition féminine, notamment :
• L’absence de mesures visant à résoudre le problème systématique de la disparation et du meurtre de femmes autochtones.
• Une réduction de 43 % du budget de Condition féminine Canada.
• Le fait de ramener l’équité salariale au rang d’enjeu syndical négociable plutôt que de l’ériger en droit de la personne.
• L’abolition des accords sur les services de garde d’enfants, conclus avec les provinces et les territoires.
• L’annulation de l’Accord de Kelowna, qui aurait aidé les Autochtones, particulièrement les femmes, en matière de santé et d’éducation.
• L’abolition du Programme de contestation judiciaire.
• Le fait de renier, dans le budget 2008, la promesse de présenter un plan d’action en faveur de l’égalité entre hommes et femmes.
« La décision du gouvernement de couper le financement en faveur de l’égalité entre les sexes dans l’aide étrangère n’est qu’une partie de son programme général, qui néglige les questions de la condition féminine, a conclu la présidente du caucus libéral féminin, Maria Minna. Toutefois, nous sommes tous ravis du fait que le Premier ministre fait de la santé de la mère et de l’enfant sa priorité à la réunion du G8. »
Au début du mois, des collaborateurs du Premier ministre avaient indiqué que la lutte contre le terrorisme et les bombes sales seraient la priorité du programme du G8.



