BADDECK (N.-É.) – Après 110 jours d’absence, Stephen Harper revient finalement au Québec pour faire la preuve qu’il est irrémédiablement déconnecté des priorités des électeurs québécois, selon le chef libéral Michael Ignatieff.
« Premièrement, Stephen Harper a complètement évité le Québec pendant plus de trois mois. C’est 110 jours sans événement public dans la belle province et 110 jours durant lesquels il a gouverné contre le Québec : contre ses valeurs et contre ses intérêts. Aujourd’hui, il revient faire un annonce, mais il va continuer à ignorer tous les enjeux prioritaires aux yeux des Québécois », a dit M. Ignatieff.
Hier, des sources conservatrices anonymes affirmaient que l’annonce d’aujourd’hui suffirait à ce que les Québécois pardonnent au gouvernement ses politiques déconnectées des valeurs québécoises des derniers mois.
« Il faut bien mal connaître les Québécois pour penser qu’ils vont renoncer à leurs valeurs en échange d’un contrat d’entretien, croit M. Ignatieff. Les Québécois demandent que l’on accorde des garanties de prêts à l’industrie forestière, mais Stephen Harper refuse. Il y a un consensus québécois en faveur de la sauvegarde du registre des armes à feu, mais Harper préfère ignorer les policiers et s’apprête à l’abolir. Les Québécois comprennent l’importance du recensement pour la survie des communautés francophones hors Québec, mais Stephen Harper se contrefout du bilinguisme. »
Pour Marc Garneau, le représentant de Michael Ignatieff au Québec et porte-parole libéral au sujet de l’Industrie, sciences et technologies : « C’est le comble de l’arrogance que de penser que les Québécois oublieront toutes les politiques rétrogrades des conservateurs grâce à un simple contrat d’entretien. Notre industrie aérospatiale est en voie de passer à la 6ième position mondiale alors que nous étions 4ièmes il y a encore quelques années. En plus, c’est le dernier contrat d’entretien 100% canadien qu’accordera le gouvernement, puisque dans le cas des F-35 il n’y aura plus de transfert de propriété intellectuelle vers le Canada, ce qui limitera le rôle d’entretien et de mise à niveau que pourront jouer les entreprises canadiennes. Le Québec y perd au change. »
« Décidemment, si les conservateurs pensent que c’est comme ça qu’ils vont se racheter au Québec, ils se trompent. Ça montre simplement à quel point ils sont rendus déconnectés de la réalité québécoise », a conclu M. Garneau.



