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Article d’opinion du chef : Ce que nous avons appris aux Jeux Olympiques

Publié le 1 mars 2010
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C’est l’homme sikh au turban et au chandail de hockey de l’équipe canadienne qui l’a dit le mieux. Nous parlions du match Russie-Canada qui s’est déroulé  après les Jeux, lors d’une fête à Richmond, en Colombie-Britannique. Cet homme a dit : « Je savais que nous avions les joueurs. Ce que je ne savais pas, c’est que nous avions l’équipe. »

Nous avions l’équipe. Pas seulement au hockey, au curling ou au patinage de vitesse. L’équipe dont il parlait était le Canada. Notre pays se sentait comme une équipe. Pendant deux semaines, nous avons tous ressenti la même passion, la même déception, le même ravissement et le même étonnement. De parfaits inconnus s’arrêtaient dans les rues de Vancouver pour exprimer leurs émotions. La plus intense était la surprise. Au début, nous étions nerveux à l’idée que le monde entier nous regarde – notre ville, nos Jeux, nos athlètes. À la fin, nous savions que nous avions surpris tout le monde, et surtout nous-mêmes.

Nous avons vu autre chose qui nous a surpris : la féroce volonté de gagner de nos médaillés. Nous n’avions pas de raison d’en être étonnés mais nous l’avons été. Pendant des mois, notre pays tout entier s’est étendu sur le sujet de notre place sur le podium – sur la question de savoir si la volonté de gagner était un trait canadien. Nous remettions en question la place de la compétitivité dans notre caractère national. Heureusement, à ces Jeux, nous avons décidé une fois pour toutes que notre peuple avait la volonté de faire tout ce qu’il fallait pour gagner.

Que nous nous en rendions vraiment compte ou non, décider d’être compétitif, c’est aussi avoir de l’ambition pour le Canada dans le monde. Les Jeux Olympiques ont amené la réalité de la concurrence mondiale aux Canadiens. Avec la mondialisation, la concurrence ne s’arrête jamais, et les meilleurs concurrents viennent de lieux auxquels on n’aurait jamais pensé. Qui savait, avant les Jeux de Vancouver, que les Coréens étaient d’aussi bons patineurs ? Qui aurait pu dire qu’un pays comme la Suisse pouvait rivaliser avec nous à un sport que nous considérons comme canadien ?

Avec la concurrence mondiale, la différence entre gagner et perdre peut être désespérément petite. Comme l’a admis notre courageuse coureuse de skeleton, Melissa Hollingsworth, la distance qui la séparait d’une médaille et d’une cinquième place était tout juste d’un pied environ. Ce que nos athlètes ont compris, nos exportateurs, nos scientifiques et nos artistes le comprennent aussi. L’écart séparant les gagnants des perdants dans le domaine qu’on a choisi est parfois petit, mais décisif. Pour obtenir des contrats, conquérir des marchés ou attirer un auditoire à l’étranger, il faut avoir la même détermination que nous athlètes nous ont inspirée.

Les Jeux nous ont appris que nous devions nous concentrer sur ce que nous faisons le mieux et avoir une discipline de fer pour rester les meilleurs. Investir dans les meilleurs n’est pas de l’élitisme. Cela encourage les autres à s’améliorer dans leur domaine. Un programme national en faveur des sports doit encourager la participation sur chaque patinoire et sur chaque pente de ski du pays. Mais il ne peut marcher que si les enfants qui s’entraînent sur ces patinoires et sur ces pentes rêvent de décrocher un jour la médaille d’or. Bref, les Jeux Olympiques nous ont appris qu’il fallait investir dans l’excellence, et à long terme. C’est ainsi que tous nos enfants pourront progresser.

Les Jeux de Vancouver ont fait de nous un pays plus confiant et plus compétitif. Nous avons montré que nous pouvions être vraiment compétitifs, mais d’une manière canadienne. Nos athlètes ont été beaux joueurs dans la victoire. Ils ont montré que nous pouvions gagner sans pour autant perdre les qualités que les étrangers aiment en nous : la courtoisie, la civilité et la capacité d’apprécier la réussite des autres.

Mais surtout, ces Jeux ont révélé le profond désir de tous les Canadiens de vivre encore des moments comme celui-ci, des moments où nous avons le sentiment de former un grand peuple, d’un bout à l’autre du pays, une équipe unie, à l’unisson avec ses rêves et avec chacun de ses membres. Lorsque nous avons ce sentiment, le podium est vraiment à nous.

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