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Discours économique de Bob Rae: Nous ne pouvons pas tenir pour acquise la prospérité : Le leadership durant une période mouvementée

Publié le 9 novembre 2011 | Aucun commentaire

Seul le discours fait foi

Le thème de mon allocution est simple et direct – le débat public semble en grande partie s’appuyer sur la prémisse selon laquelle le Canada peut tenir sa prospérité pour acquise. Les politiciens se querellent au sujet de la façon de répartir les parts du gâteau, avant même d’avoir préparé ce gâteau.

Les problèmes auxquels sont confrontés le Canada et le reste du monde sont trop importants pour que des banalités, qu’elles proviennent de la gauche ou de la droite, soient proposées comme solutions. La destruction massive des emplois et de la richesse à laquelle nous avons assisté dans les dernières années, les véritables assauts perpétrés contre les perspectives et la confiance des familles de la classe moyenne nous obligent à approfondir notre réflexion et à raffermir notre action.

Jim Flaherty a récemment dit aux Canadiens que la force du Canada se veut en fonction d’un système bancaire bien réglementé, d’un régime fiscal progressif et d’un solide filet de sécurité sociale. Les libéraux devraient en être fiers, car il nous rend ainsi hommage. N’oublions pas que le Parti conservateur s’est opposé à chacune de ces mesures. Ils étaient contre l’assurance-maladie et le Régime de pensions du Canada, ils ont voté contre les allocations familiales et le Régime d’assistance publique du Canada, tout comme ils avaient voté contre l’ancien régime des pensions de vieillesse dans les années 1920. Ils ont lutté contre la création du drapeau canadien et l’instauration de la Charte canadienne des droits et des libertés. Ils peuvent vouloir s’attribuer le mérite de la position du Canada dans le monde mais la vérité est que cela n’a rien à voir avec eux.

Si on parle des points forts du Canada à l’heure actuelle, les conservateurs se retrouvent au troisième but sans même s’être présentés au bâton.

Mais en raison de leur entêtement idéologique, de leur complaisance, de leur populisme et de leur sectarisme politique, les Conservateurs risquent de présider à l’effritement de l’avantage canadien si nous ne réussissons pas à leur faire entendre raison.

Le Canada a pris dans les années 1990 la décision historique d’assainir ses finances publiques, puisqu’une économie ouverte et petite comme la nôtre n’a d’autre choix. Nous avons résisté aux appels de démantèlement de la réglementation nationale qui nous provenaient de la droite politique, et de ne pas tenir compte des réalités financières et budgétaires imaginaires qui nous étaient suggérées par la gauche. Nous avons rétabli l’équilibre budgétaire et (tout comme nous l’avions fait à la fin de la Seconde Guerre mondiale), nous avons commencé à rembourser notre dette nationale, à réinvestir dans la santé, dans l’éducation, dans l’innovation et dans les infrastructures, et à réduire l’impôt sur le revenu dans la mesure où nos moyens nous le permettaient. Bref, les Libéraux ont adopté d’emblée une démarche équilibrée qui prévoyait la compression des dépenses et des investissements stratégiques comme le programme Travaux d’infrastructure Canada. Le tout reposait sur la croissance de l’économie internationale, un facteur absent à l’heure actuelle.

Quand nous parlons de cela, il importe de bien comprendre les faits. Environ les deux tiers des Canadiens gagnent moins de 40 000 $ par année, et à peu près 5 % des Canadiens gagnent plus de 100 000 $. Parallèlement, 84 % des impôts sur le revenu sont payés par des personnes de la tranche supérieure de 40 %. Les moins bien nantis paient des charges sociales s’ils ont un emploi et, bien entendu, tous les Canadiens paient la TPS et les taxes de vente, qu’ils travaillent ou non.

Un million et demi de Canadiens sont sans emploi, et des centaines de milliers d’autres travaillent à temps partiel ou ont cessé de chercher un emploi. Le recours aux banques alimentaires est en hausse de 26 %. Les revenus n’ont pas suivi le rythme de l’inflation, en particulier pour ce qui est de besoins fondamentaux comme l’épicerie, le carburant et les coûts du logement. En octobre, le Canada a perdu 72 000 emplois, et à cette statistique inquiétante est venu s’ajouter un rapport de la CIBC indiquant que la qualité des emplois au pays était en baisse depuis sept mois.

Les Canadiens ont trop emprunté pour pouvoir maintenir leur niveau de vie, et cela devient troublant si l’on tient compte des perspectives de croissance minimes ou à peu près nulles qui nous sont annoncées pour l’avenir immédiat.

Les sociétés, dans l’ensemble, s’en tirent mieux et entrent dans cette période avec un certain coussin. Après une période de quinze ans pendant laquelle ils ont remboursé la dette publique, le gouvernement fédéral et les administrations des provinces se retrouvent, encore une fois, à quelques exceptions près, en déficit. Notre dette nette collective est abordable (puisque nous avons remboursé une partie de la dette et que nous avons haussé les cotisations au Régime de pensions du Canada sous les administrations libérales précédentes, et que les taux d’intérêt sont peu élevés) mais nous savons également ce qui se produit quand s’amorce un mouvement vers le Sud. Nous faisons face à un autre risque – des écarts entre les provinces qui ont l’énergie et les riches ressources, et d’autres qui ne les ont pas. Un dollar fondé sur les produits de base fait mal à l’industrie manufacturière et touristique, et nous devons aborder ce problème.

Évidemment, tout cela se produit dans le contexte d’une économie mondiale en rapide évolution. Bientôt, les plus grandes économies du monde ne seront plus les économies « riches » du passé. La Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres deviennent de féroces compétiteurs, grâce à de meilleures perspectives de croissance, de meilleurs ratios d’endettement et des sociétés mondiales de plus en plus avancées. Les gouvernements qui refusent de voir cette évolution précipitent le recul de l’industrialisation et de la place économique occupée par le Canada dans le monde.

Ces problèmes sont réels, mais notre monde continue de regorger d’extraordinaires possibilités, et les Canadiens peuvent en profiter s’ils bénéficient de l’appui et de l’encouragement qui s’imposent. Nous pouvons miser sur la demande de nos produits, partout dans le monde, pour nous faire valoir, vendre nos services et veiller à tirer le maximum de la valeur ajoutée du secteur canadien de la fabrication. Les possibilités qui se présentent à nous collectivement sont aussi à la portée des particuliers.

Nous devons appuyer la prospérité de la classe moyenne, fondement historique de notre réussite individuelle et collective. Nous devons aussi appuyer les piliers sur lesquels s’appuie la classe moyenne au Canada

- Des emplois et encore des emplois. Des emplois intéressants et valorisants, et bien rémunérés, et des entreprises qui sont innovatrices et profitables.
- Des logements de bonne qualité et abordables, et des villes offrant de bons taux d’emploi
- Une éducation de qualité sans un endettement à vie
- Un bon système de soins de santé qui ne vous ruine pas en cas de maladie et qui garantit un accès en temps opportun
- une retraite dans la dignité – c’est pourquoi les libéraux insistent pour un nouveau Régime supplémentaire de pensions du Canada et une meilleure protection pour les régimes privés existants

Nous ne pourrons profiter de ces possibilités avec des plaintes et des griefs, ou en déclarant la lutte des classes. Nous devons adopter une approche positive, constructive et viable.

Les principes libéraux demeurent remarquablement actuels. Le respect de la dignité et la liberté de la personne. Une compréhension claire que tout cela repose sur la règle de droit et sur un bon gouvernement qui adhère aux valeurs et aux institutions démocratiques. Tout cela dépend aussi du respect de la propriété privée, d’une réglementation transparente et efficace, et de mesures visant à aider le contribuable moyen à s’épanouir.

Les Libéraux savent que l’ouverture et que la transparence des marchés doivent servir le bien public, et non la cupidité; que la création de la richesse favorise l’éducation, la santé, la solidité de la société civile, la règle de droit, et une idée claire de ce que nous appelons le « bien public », et qu’elle s’appuie aussi sur ces éléments. La poursuite de la richesse et la recherche de la justice sociale ne sont pas en opposition. Il faut toutefois un bon gouvernement et un leadership solide pour protéger le bien public et appuyer la poursuite de la prospérité individuelle et collective.

Tout le monde (sauf les partisans de la doctrine Harper) comprend que ces possibilités reposent sur la durabilité – de la planète, de l’air que nous respirons et de l’eau que nous buvons, de nos entreprises et de nos finances personnelles et publiques, de notre capacité d’améliorer notre legs aux générations qui nous succéderont.

Tout cela ne peut s’imposer par la force ou la tyrannie, mais doit plutôt reposer sur un lien de confiance. La confiance est à la base du commerce, de nos rapports sociaux, de la politique. Nous devons davantage prendre conscience de sa valeur, et réaliser que pour un grand nombre de Canadiennes et de Canadiens, ce lien de confiance a été rompu.

Le « mouvement d’occupation de nos grandes villes » constitue une profonde réflexion sur ce qui se produit quand le lien de confiance est rompu. Il va toutefois plus loin; même s’il est souvent perçu comme un simple mouvement de protestation de la part de marginaux, il rejoint les préoccupations de la classe moyenne, partout dans le monde, face à l’éloignement et à l’abandon ressenti à l’égard des classes dirigeantes.

Pour nous libéraux, l’ennemi n’est pas personnifié par le gouvernement, les entreprises, le patronat, les banques ou les syndicats. L’ennemi est incarné par l’ignorance, la cupidité, la pauvreté et la haine. Nous ne craignons ni le débat, ni la science. Nous nous réjouissons de la curiosité, de la divergence des opinions, et nous célébrons les libertés qui nous sont nécessaires pour nous approcher de la vérité.

Nous savons que l’opinion publique constitue la mer sur laquelle nous voguons, mais nous savons aussi qu’elle change rapidement, que la quête de la faveur populaire, parfois appelée « populisme », mène souvent à de mauvaises décisions et à une réflexion à courte vue. Nous savons que l’opinion se transforme et qu’elle évolue. Nous respectons le droit du public de décider, et notre passion pour la démocratie, mais nous savons qu’il faut du leadership pour se soumettre au jugement du public.
Il existe une autre mer sur laquelle nous voguons, et il s’agit de l’économie et des marchés mondiaux. Le libéralisme est une doctrine mondiale. L’économie du Canada fait partie d’un vaste réseau concurrentiel où l’on trouve des biens, de l’information, des bouleversements, de la turbulence, de l’innovation et du changement, et où les sociétés et les pays qui lançaient autrefois les tendances font désormais face à la faillite, et où les technologies qui semblaient autrefois innovatrices sont maintenant dépassées et désuètes, où les régions qui semblaient auparavant mener le monde ont toutes les difficultés à payer leurs intérêts, et d’autres reprennent la place qu’elles occupaient. Les tigres peuvent très rapidement devenir de doux chatons dans notre monde moderne. Dans ce monde turbulent, les Canadiens ont besoin de bons politiciens, de saines politiques, et d’un solide leadership. C’est à ce niveau que doit intervenir le Parti libéral.

Examinons les données fondamentales de la politique au Canada. Notre économie est relativement petite et doit être ouverte. La politique publique doit mettre l’accent sur l’investissement dans l’éducation, l’innovation, ainsi que sur l’infrastructure humaine et matérielle qui nous donnera les meilleures chances de réussite. Il est évidemment vrai qu’il y a des limites aux sommes que nous pouvons dépenser, emprunter et imposer, mais la croissance et les emplois sont essentiels pour nous permettre d’échapper à nos difficultés actuelles. Nous ne pouvons tout simplement pas nous priver de prospérité, tout comme il est vrai que nous ne devons pas craindre le changement.

La meilleure approche est celle qui reconnaît que rien n’est possible sans une étroite collaboration entre les administrations publiques, les entreprises et la société civile. Le Tea Party aux États-Unis et le mouvement d’occupation observé un peu partout dans le monde présentent les deux côtés de la médaille en exprimant la colère, la frustration et le ressentiment, et ces émotions constituent une bonne fondation pour un mouvement de protestation, mais elles ne peuvent constituer la base d’une politique efficace.

Nous devons lutter contre les idées préconçues. Nous ne connaissons pas, comme en Europe ou aux É.-U., une croissance de 3 % ou 4 % pour nous sortir du bourbier comme c’était le cas il y a 10 ou 15 ans. La Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a récemment déclaré : « Si les pays ont en place des mesures solides pour ancrer l’épargne à moyen et à long terme, ils peuvent se permettre de faire davantage dans l’immédiat pour soutenir la croissance. L’ampleur de la marge de manoeuvre dépend, bien évidemment, de la situation de chaque pays. » Parce que le Canada a assaini ses finances il y a 15 ans, j’estime que nous sommes l’un de ces pays s’étant doté des « mesures solides pour ancrer l’épargne » dont parle Madame Lagarde. Il faut donc se demander maintenant quelles mesures doivent être prises?

Notre problème consiste désormais à faire face à un gouvernement aveuglé par son idéologie axée sur les prisons et sur les avions de combat, et qui menace notre stabilité financière pour l’avenir.

Les provinces seront contraintes de réduire les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et aux services sociaux afin d’assumer les coûts accrus d’incarcération. L’« Examen des programmes » du gouvernement fédéral est rapidement devenu dérisoire puisque les Conservateurs ont décidé de protéger leurs vaches sacrées : contrats pour l’achat d’avions de combat sans appel d’offres qui s’échelonnera jusqu’à la prochaine décennie, et dont les coûts estimatifs ne sont jugés crédibles par aucun observateur indépendant, et un programme carcéral qui a été rejeté par toutes les administrations l’ayant déjà mis à l’essai.

Nous avons besoin d’un régime fiscal qui nous mène clairement vers l’innovation, la croissance et une prospérité durable, partagée et équitable. La plupart des observateurs préciseraient qu’il s’agit de détourner le fardeau fiscal des salaires, de l’innovation et de la création d’emplois, et je souscris à ce point de vue. Les effets négatifs des taxes à la consommation doivent être compensés par des réductions accrues de l’impôt sur le revenu et par des crédits aux moins bien nantis.

Une cotisation constitue un impôt, et les impôts sur la masse salariale exercent un effet dissuasif sur l’embauche. Ne nous méprenons pas : il est essentiel de verser des indemnités aux personnes sans emploi, dans une société digne de ce nom et afin de stabiliser automatiquement l’économie. C’est la façon dont ces indemnités doivent être payées qui doit faire l’objet d’un sérieux débat. La Parti libéral plaide aujourd’hui en faveur d’un gel des cotisations d’assurance emploi, et d’un examen de ce prélèvement fiscal pour l’avenir. L’augmentation de la charge sociale planifiée par les conservateurs ajoutera pour les entreprises et les travailleurs un nouveau fardeau fiscal de 1,2 milliard au moment où l’économe ralentit. C’est une très mauvaise idée, et les conservateurs devraient entendre raison.
Nous devons aller plus loin et nous attaquer au code de l’impôt sur le revenu en soi. Tout comme avec leur autre loi favorite, qui est le Code criminel, les Conservateurs ne peuvent s’empêcher de procéder à d’interminables et futiles modifications des crédits d’impôt qui correspondent au goût du jour et constituent désormais la marque de commerce de la droite politique.

Ces crédits sont rarement remboursables, ce qui signifie que les personnes qui ont vraiment besoin d’aide ne l’obtiennent pas. Sur les quelque 25 millions de personnes qui produisent une déclaration de revenus au Canada, huit millions n’ont pas des revenus suffisants pour payer de l’impôt. Ces personnes sont celles qui ont le plus besoin des crédits d’impôt, et elles ne peuvent même pas les demander.

Ce qui s’applique aux particuliers s’applique aussi aux sociétés. La Loi de l’impôt sur le revenu est devenue un ramassis d’exceptions et d’échappatoires fiscales qui récompensent l’ingéniosité juridique, mais ne favorisent pas nécessairement la création utile d’emplois et de débouchés, comme l’illustre parfaitement le récent rapport Jenkins sur la recherche et le développement.

La création d’un code fiscal plus simple et plus clair doit constituer notre objectif, et elle doit être ancrée dans les principes parallèles de la progressivité et de l’appui à l’innovation. Nous devons lancer un examen complet de ces dépenses fiscales afin d’assurer l’optimisation des fonds publics. Ce n’est pas ce que nous faisons en ce moment.

Nous, au Parti libéral, nous trouvons confrontés à deux partis dont les messages sont simplistes. Les Conservateurs veulent accorder des congés fiscaux aux biens nantis, le NPD veut augmenter les impôts, et pour faire bonne mesure, il assortit à cet objectif le message selon lequel il faut « taxer les riches ».

Le message en faveur des congés fiscaux présuppose que le fardeau fiscal constitue le seul élément à la base des décisions d’investissement, alors que nous savons qu’il ne s’agit là que de l’un des nombreux éléments dont tiennent compte les entreprises et les particuliers : ils recherchent la « compétitivité », mais cela peut se traduire par plusieurs choses; la formation et la scolarisation de la main-d’œuvre, l’état de l’infrastructure, des écoles, des universités et des soins de santé, ainsi que l’efficacité et la transparence du gouvernement. Les personnes et les entreprises comprennent qu’il faut des taxes et des impôts pour se payer tout cela.

Si les congés fiscaux, les échappatoires et la déréglementation constituaient la réponse à tout, l’Irlande et l’Islande auraient survécu au tsunami économique sans coup férir, mais nous savons tous que ce ne fut pas le cas.
Participer aux préparatifs veut dire se demander pourquoi le marché canadien du capital de risque est si frêle, et que faudra-t-il faire pour que les entreprises et les individus soient prêts à investir et à prendre des risques, ici et à l’étranger. La relation entre l’innovation, l’investissement, et la véritable réussite dans le marché doit être comprise, non par des slogans, mais par des politiques sur le capital de risque et les gains en capital qui seront réellement efficaces et créeront la richesse et les emplois. Je demande à Scott Brison de mener un débat et une discussion sur ces questions dans notre Parti.
Le NPD doit toutefois répondre à la question suivante : si le fait de surtaxer les riches et les entreprises constitue une si bonne idée, pourquoi les gouvernements d’idéologie sociale-démocrate ayant le plus de succès, du Manitoba à la Norvège, l’ont-ils abandonnée dans leur cheminement vers la prospérité?

Le problème avec le message populiste, qu’il soit de gauche ou de droite, c’est qu’un autocollant de voiture (« Taxons les riches », « Combattons la criminalité ») constitue rarement la solution aux véritables problèmes d’un pays.

Les Libéraux estiment que la plus grande marque de respect consiste à parler franchement des problèmes auxquels nous sommes confrontés et de la façon dont nous pouvons les régler, et non à se plier aux moindres caprices et préjugés.

La montée des économies d’Asie, par exemple, nous oblige maintenant à faire preuve d’ouverture et de détermination face à la mondialisation. L’économie des É.-U. vacille, et ne montre pas de signe de reprise imminente. L’Europe est en récession et ses problèmes ne seront pas réglés de si tôt. Le Canada doit établir une nouvelle stratégie qui nous mènera plus loin. La formation linguistique doit commencer à un jeune âge, car la curiosité de nos enfants au sujet du monde qui les entoure doit être assouvie au moyen de possibilités d’apprendre, de voyager et de comprendre. Les entreprises, quelles qu’elles soient, doivent être aussi à l’aise en Chine ou en Inde qu’elles le sont en Pennsylvanie et en Californie. Mark Carney signalait récemment que la profondeur de la récession aux É.-U. nous coûtait trente milliards de dollars par année en exportations perdues. Nous devons rattraper ce manque à gagner et davantage. Nous n’avons aucune raison de « voir petit » pour le Canada, puisque notre mentalité sera au cœur de notre réussite collective pendant le reste du présent siècle. Nous ne pouvons craindre le changement, ou croire que nous pourrons sauver notre peau en adoptant des mesures protectionnistes. Cela ne fonctionnera pas.

Le grand avantage de notre pays réside dans sa base de ressources naturelles, mais cette base nécessite des investissements accrus des secteurs public et privé pour être durable à long terme. La solidité de notre base de ressources naturelles repose sur le captage et la séquestration du carbone, les collectivités viables, et l’écologisation de notre développement et de nos industries.
Le premier ministre McGuinty a montré la voie avec son engagement à adopter des pratiques saines pour l’économie de l’Ontario. Nous nions à nos risques et périls l’évidence du besoin de transformer notre industrie manufacturière, et nous devons créer une collaboration gouvernementale beaucoup plus intelligente pour aider à l’élaboration de stratégies pour ces secteurs clés de notre économie.

Parallèlement, nous devons combler l’écart grandissant entre les riches et les pauvres. Les travailleurs canadiens ne peuvent s’épanouir avec des revenus qui diminuent ou qui stagnent. Cela signifie plus de formation, plus d’incitatifs forts à l’emploi, et une meilleure aide pour les personnes invalides. Cela veut aussi dire régler le problème grandissant de la dette étudiante.

D’avoir travaillé avec le premier ministre McGuinty, il y a quelques années, concernant le programme d’apprentissage de la province m’a certainement fait prendre conscience de l’importance de cet enjeu pour tout le pays. Les investissements faits à ce moment-là – dans l’accès des étudiants, l’amélioration de la qualité des institutions, l’attention donnée au besoin de normes plus élevées – doivent maintenant être égalés par une approche nationale plus vaste. Le Canada doit devenir un chef de file dans l’éducation, et nous ne pouvons pas laisser des questions de compétence nous mettre des bâtons dans les roues.

Cette différence n’est jamais aussi essentielle que dans les communautés autochtones. L’éducation, le logement et la santé dans les réserves sont bien en-deçà de toute norme acceptable, et dans nos villes d’un bout à l’autre pour le parti le défi d’assurer un accès à une éducation de qualité est tout simplement immense. Nous devons aussi mentionner que de remplir nos prisons avec les jeunes autochtones est loin d’être la solution la meilleure ou la plus sage. Cela coûte plus d’argent chaque année d’emprisonner un jeune homme que de l’envoyer à Princeton. Soyons plus intelligents à ce sujet.

En tant que parti qui a rendu le régime d’assurance-maladie accessible partout au pays, les libéraux ont mené le débat sur la façon de veiller à ce que le régime sera là pour les générations à venir. La durabilité est une question de volonté de changer et d’innover, et je sais combien le changement est difficile dans ce secteur. Les soins à domicile, l’accès aux médicaments, la sensibilisation de plus en plus grande à la santé mentale et les choses qui définissent les soins de santé – ce n’est pas suffisant pour le gouvernement fédéral d’utiliser sa vieille rengaine que les augmentations de six pour cent sont là pour toujours, et de refuser de mener une discussion à l’échelle nationale concernant le besoin d’un changement. Exploitant le cinquième plus grand régime au Canada, vous penseriez que le gouvernement fédéral saisirait l’occasion d’effectuer un changement.

Tout à fait le contraire. Toutefois le changement doit se faire, et doit faire partie de tout nouvel accord sur la santé. Et dans ce changement nous devons reconnaître clairement la prémisse et la promesse de l’assurance-maladie d’une accessibilité à tous peu importe leur revenu, mais nous devons faire preuve d’ouverture à l’innovation dans la façon d’offrir et de livrer les soins. Le gouvernement fédéral doit donner l’exemple en élargissant l’accès et en poussant pour le changement.

Nous devons dépasser le débat entre soins publics et soins privés pour nous concentrer sur le genre de soins de santé dont nous avons besoin et sur les moyens qu’il faut pour garantir que nous tirons le profit maximum de l’argent investi dans la façon dont ces soins sont fournis.

L’économie a besoin d’être relancée, c’est clair, mais il faut que l’on emploie les bons moyens pour ce faire. Nous n’avons pas besoin de belvédères flottants, ni de programme carcéral, ni de contrats accordés sans appels d’offres pour des avions de chasse.

Il y a quinze ans, M. Flaherty, M. Baird et M. Clement ont annulé les projets de métros et de trains de banlieue, ont fait disparaître les logements sociaux en Ontario et ont réduit de plus de vingt pour cent les aides consenties aux plus démunis.

Aujourd’hui, nous devons tirer les leçons de nos erreurs. Il faut que nous investissions dans les transports collectifs urbains et que nous terminions les études sur une liaison ferroviaire à grande vitesse entre la Ville de Québec et Windsor. S’étant désintéressé du secteur du logement depuis trop longtemps, le gouvernement fédéral doit commencer à chercher des solutions au problème des sans abris – dont la moitié souffre de maladies mentales – et veiller à ce que ce ralentissement économique ne mène pas à encore plus de pauvreté.

Nous devons orienter notre action sur l’innovation, l’éducation et le leadership – qu’il s’agisse des entreprises, du gouvernement ou de la société civile. Cela doit aussi constituer la marque de commerce d’une société ouverte et libérale. Nous ne levons pas le nez sur la réussite et nous ne condamnons pas l’échec. Les choses peuvent être améliorées, et elles peuvent être rendues plus efficaces. Nous devons moins polluer, et créer davantage d’emplois et de débouchés économiques. Nous devons relever tous les défis que présente notre monde actuel. Nous devons bâtir notre infrastructure – en la finançant souvent de nouvelles façons – et nous savons que c’est dans l’économie réelle que les véritables choix sont faits, que les risques sont courus, et que les espoirs se concrétisent.

Aujourd’hui je demande un véritable engagement envers les emplois et la croissance, et que le gouvernement mette fin à son idéologie et à sa démagogie. Cela veut dire qu’il doit immédiatement geler les cotisations sociales et s’engager dans une réforme et un changement fiscaux. Des changements qui produiront du travail, une croissance, et une équité. Je demande que le gouvernement fédéral renouvelle son engagement pour une infrastructure et un renouveau à long terme pour assurer que nous sommes plus forts à la fin de ce ralentissement. Je demande de nouvelles stratégies fédérales sur la santé parce que de consacrer plus d’argent dans le système ne le rendra pas plus durable. Je demande pour un renouveau du leadership national sur l’éducation, les questions autochtones et la pauvreté, car en laissant ces problèmes sans solution, notre situation tirera encore plus de l’arrière. Nous avons besoin d’une nouvelle politique au Canada, une politique qui n’a rien à voir avec une confrontation inutile mais qui reconnaît plutôt notre besoin de créer plus d’emplois, plus de richesse et plus d’opportunité, et qu’un choix forcé entre la droite et la gauche, entre le Tea Party et les Occupants nous fera perdre du terrain au lieu de nous faire avancer.
Si vous le permettez, je terminerai en citant Wilfrid Laurier – qui a lui-même gouverné pendant une période de changement et de turbulence.

“Je suis un libéral. Je suis un de ceux qui pensent que partout, dans tout ce qui est humain, il y a des abus à corriger, de nouveaux horizons à ouvrir et de nouvelles forces à découvrir.. (1877)”
“Chassez le doute et la haine de votre vie. Ouvrez toujours votre âme à l’incitation de la foi et à la douce pression de l’amour fraternel. Soyez inflexible avec l’arrogant; soyez doux avec le faible. Malade ou en bonne santé, dans la victoire comme dans la défaite, que votre but soit de vivre et de vous épanouir de telle sorte que vous contribuiez à élever toujours plus haut le sens moral et le niveau de vie de votre peuple. Allocution devant les jeunes libéraux de London, le 20 novembre 1918) »

À notre époque, comme au temps de Laurier, c’est le niveau de vie qui compte avant tout. Et c’est là où réside l’essence même du Parti libéral.

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