Tandis que j’écoutais le discours d’ouverture de la Rencontre de la Couronne et des Premières nations hier, il était clair que le premier ministre, Stephen Harper, et le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, avaient une opinion tout à fait différente au sujet de la voie à suivre pour aller de l’avant, et comment aller au-delà de l’héritage colonial et paternaliste de la Loi sur les Indiens – l’obstacle principal au développement économique, humain et social des Premières nations depuis les 136 dernières années – une image évocatrice.
Le premier ministre Harper a qualifié d’arbre à racines profondes la Loi sur les Indiens, et que « d’en éliminer les racines laisserait un grand vide ». Pour Atleo, la Loi sur les Indiens était plutôt comme un rocher : « Une pierre au milieu de la route qui bloque toujours le chemin de la collaboration, la Loi sur les Indiens le demeure – ainsi que les anciennes structures et politiques qui les administrent et résistent obstinément au changement. »
Le premier ministre n’a jamais partagé le sentiment d’urgence des chefs des Premières nations pour qui cette rencontre représentait un espoir de changement transformateur. Un trop grand nombre de Premières nations croulent sous le poids des lois et des politiques paternalistes perpétuant la pauvreté, l’analphabétisme, la maladie et le manque de perspectives économiques; l’approche « marginale » du premier ministre est tout simplement inappropriée. Je répéterai le mantra de Shawn Atleo, le temps est venu de détruire le statu quo.
Le résultat de la réunion d’hier ne témoigne pas uniquement d’un manque de sentiment d’urgence, mais également d’un refus de la part du premier ministre de pallier, de manière exhaustive, les problèmes étroitement liés auxquels sont confrontées les Premières nations. La décision de créer des groupes de travail sur des enjeux ayant déjà été largement étudiés par des comités parlementaires, des groupes d’experts indépendants et les Premières nations elles-mêmes est loin d’être une réelle solution.
Les éléments manquants du plan d’hier ont été dits haut et fort. Des chefs de toutes les régions ont demandé que le partage des recettes tirées de l’exploitation des ressources devienne un élément important de la nouvelle relation; le gouvernement a refusé. De nombreuses femmes-chefs m’ont dit que la violence contre les femmes et les filles autochtones – qui a été marginalisée au parlement par les députés conservateurs – méritait une plus grande attention. D’autres chefs demandaient une importante réforme de la politique du logement du gouvernement.
L’entêtement des conservateurs à vouloir une action unilatérale plutôt que de mener des consultations pertinentes et faire preuve de coopération, leur refus de discuter d’enjeux importants comme le partage des ressources, la violence contre les femmes autochtones et le logement, ainsi que leur refus de présenter un processus adéquat pour remplacer la Loi sur les Indiens, ont freiné l’espoir d’un renouvellement de la relation entre la Couronne et les Premières Nations.
Je porterai attention au prochain budget pour vérifier si le statu quo sera maintenu. Le refus du gouvernement de s’engager à protéger des transferts sociaux aux Premières nations est un signe inquiétant. Un financement discriminatoire existant dans l’éducation, le bien-être des enfants, la santé et le logement, le temps est maintenant venu pour plus d’investissement dans le potentiel des jeunes des Premières nations, et non moins.
Les attentes de la Rencontre de la Couronne et des Premières nations étaient très faibles. La rencontre maintenant terminée, il est difficile de voir à quel point cela a changé.
- Carolyn Bennett
Porte-parole libérale responsable des Affaires autochtones




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