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Le discours de Bob Rae à la Chambre durant le débat sur le projet de loi C-38

Publié Par Bob Rae le 18 juin 2012 | Aucun commentaire

Madame la Présidente, je suis heureux de pouvoir participer au débat sur le projet de loi C-38. Mon intervention a un thème central: « Comment sont tombés les héros ».

Les députés qui ont le sens de l’histoire et une bonne mémoire se rappellent que les réformistes se sont fait élire à la Chambre pour défendre la responsabilité parlementaire, les votes libres, la dissidence constructive, le renouveau, ainsi que le pouvoir de rappeler l’exécutif à l’ordre et de garantir la liberté, la souveraineté et l’autorité du Parlement.

Ils sont tombés, les héros de l’autre côté de la Chambre, eux qui défendaient cette vision fondamentale du Parti réformiste, dirigé par des gens comme Preston Manning, qui a siégé à la Chambre, non pas dans la première rangée, mais au milieu des députés de son parti, parce qu’il ne voulait pas qu’on pense qu’il est différent des autres députés ou plus compétent qu’eux.

J’invite mes collègues à se regarder dans le miroir et à se poser la question suivante: « Que reste-t-il de la vision du Parti réformiste dans cette mesure législative, ce projet de loi omnibus qui fait fi de la souveraineté parlementaire, du pouvoir et de la capacité du Parlement de contrôler les dépenses publiques, qui n’a pas fait l’objet d’une étude approfondie en comité et que les députés conservateurs doivent appuyer sans broncher? »

Le pauvre député conservateur de Kootenay—Columbia a profité de quatre heures de liberté et de pouvoir. Sa prise de conscience aura duré quatre heures, le temps de dire à ses électeurs que, s’il n’en tenait qu’à lui, il scinderait le projet de loi. Nous ne pouvons qu’imaginer les remontrances qui lui ont été faites ensuite. Nous ne pouvons qu’imaginer combien de jeunes disciples oeuvrant dans le Cabinet du premier ministre l’ont attaché sur une chaise et l’ont obligé à regarder, à répétition, les discours du premier ministre. Ils ont probablement refusé d’enlever le ruban adhésif qu’ils avaient mis sur sa bouche jusqu’à ce qu’il leur promette qu’il n’exprimerait plus jamais un avis indépendant ou dissident.

De ce côté-ci de la Chambre, nous disons « Honte au Parti conservateur ». Honte à ce parti qui s’est égaré, qui a perdu ses principes, qui bâillonne ses députés et leur refuse le droit d’avoir une conscience et de parler librement. C’est le comble de l’ironie.

Qui aurait cru que les successeurs spirituels du Parti réformiste muselleraient le Parlement en insistant pour que les députés votent sur 70 mesures législatives différentes, sur l’éviscération pure et simple de toute la législation environnementale et sur l’adoption d’une toute nouvelle loi sur l’évaluation environnementale qui fait l’objet d’un seul article?

C’est le plus grand des conservateurs — qui est aussi un grand libéral —, Edmund Burke, qui nous a rappelé que la société est un contrat non seulement entre les vivants, mais aussi entre les morts, les vivants et les personnes qui ne sont pas encore nées.

On sait à quel point l’environnement est important pour les mouvements qui se consacrent à la conservation. Comparons cela à un groupe qui souhaite que des oléoducs soient construits partout au pays sans qu’il n’y ait une seule audience sur l’environnement, qui compte un ministre des Ressources naturelles qui s’en prend aux personnes qui comparaissent devant un comité d’évaluation environnementale, qui présente un projet de loi qui élimine les mécanismes de protection de l’habitat du poisson de notre législation fondamentale et qui, comme mon éminent collègue du Cap-Breton l’a déjà dit, empêchera les aînés les plus pauvres d’avoir accès à la Sécurité de la vieillesse et au Supplément de revenu garanti.

Voilà ce qui est arrivé aux conservateurs. Ils ne sont pas de vrais conservateurs parce qu’ils ne veulent pas conserver la chose qui nous est la plus chère: notre environnement, la chose que nous devons passer aux prochaines générations. C’est ça qu’ils sont en train de changer.

Ce gouvernement est prêt à dénier au Parlement tous les droits que nous avons eus depuis des années: la capacité d’étudier un projet de loi, la capacité de le changer et la capacité de l’amender. Mais avant tout, dans ce Parlement, chaque député devrait avoir droit à sa propre conscience, avoir le droit de prendre des décisions et avoir le droit d’agir de façon indépendante.

Je peux affirmer que c’est ce à quoi s’engage le Parti libéral du Canada.

Si on est sérieux sur la question de la démocratie, on doit être sérieux sur la question de l’environnement.

Pour faire contraste aux observations qui ont été faites au cours des quelques dernières semaines par le chef de l’opposition officielle concernant la question de l’environnement, le phénomène qu’on appelle la maladie hollandaise et la nécessité d’aller de l’avant, je voudrais dire ceci très clairement: Le Parti libéral croit fermement au développement durable. Nous adhérons au principe de la viabilité à long terme. Nous adhérons également au principe du développement. Il n’est pas dans l’intérêt du Canada de dresser une région du pays contre une autre. Il n’est pas dans l’intérêt du Canada de laisser entendre que les provinces riches en ressources sont responsables des difficultés que connaissent les provinces qui ont moins de ressources.

Je siège à la Chambre depuis un certain temps, je me souviens donc de l’incidence que de telles divisions peuvent avoir sur notre fédération. Il n’est pas dans l’intérêt du pays d’affirmer, même en passant, qu’une province ou une région canadienne peut seulement réussir aux dépens d’une autre. Ce n’est pas comme cela qu’on consolide un pays. Le ressentiment est peu propice à l’unité nationale. On ne consolide pas un pays en affirmant que les provinces prospères doivent être rabaissées. Nous ne sommes pas d’accord. Ce n’est pas notre perspective.

C’est pourquoi j’estime qu’il n’y a jamais eu un autre moment dans l’histoire du Canada où le message du Parti libéral a été plus important pour les habitants du pays. Je suis très fier d’affirmer que ce message a été reçu cinq sur cinq. Nous sommes en faveur du développement, mais nous voulons qu’il soit durable.

C’est pourquoi nous invitons les membres de la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie, qui n’existera bientôt plus, à venir nous trouver. Nous voulons discuter de ces questions avec eux. Les dirigeants du milieu des affaires à qui j’ai parlé en Alberta m’ont dit qu’ils veulent qu’on établisse plus clairement le prix du carbone. Ils veulent avoir une meilleure idée du coût de la construction et de la reconstruction. Ils le savent très bien.

Nous devons unir nos forces dans ce dossier et réfléchir ensemble.

C’est une question autour de laquelle on a besoin de rassembler la population. Nous avons eu suffisamment de division. Nous ne voulons plus de division. Nous ne voulons plus d’un monde où le chef de l’opposition voit le premier ministre quand il se regarde dans le miroir, et où le premier ministre, quand il se regarde dans le miroir, voit le chef de l’opposition officielle.

Les députés de l’opposition officielle ont-ils la liberté de s’exprimer? Je m’en doute. Ont-ils la liberté d’avoir une opinion différente de celle de leur chef? Je m’en doute.

Par contraste, je peux dire que mes députés sont libres de prendre leurs propres décisions. Ils sont libres de décider de quelle façon ils vont voter. Ils sont libres de parler. Je peux assurer que toutes les réunions de notre caucus sont une grande expression du principe de la démocratie, d’une démocratie profonde, ouverte et, je dois le dire, libérale.

Lorsqu’on voit le projet de loi C-38, on constate qu’il est impossible de discuter de tous ses tenants et aboutissants en 10 minutes. Cette mesure législative est ridicule puisqu’elle s’attaque littéralement à l’ensemble des principes de base et des institutions qui jouent un rôle essentiel dans la bonne gouvernance du pays. Qu’il s’agisse de la table ronde, de l’inspecteur général du SCRS ou de n’importe quelle autre institution, un vrai conservateur ne s’attaque pas à de telles institutions. Il les protège et les améliore.

On ne peut pas faire des coupes, semer la destruction et créer de la dissension simplement pour susciter la division. On ne peut pas non plus dresser les gens les uns contre les autres simplement pour le plaisir de la chose.

Il est important que les Canadiens unissent leurs efforts.

Je tiens à exprimer ma reconnaissance à la présidence ainsi qu’à mes collègues, qui ont fort bien défendu leur point de vue sur cette question et ont fait preuve de leadership. Nous ne voterons pas une fois, ni deux fois, ni trois fois, mais bien 160 fois contre cette terrible mesure législative.

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