

Photo : Radey Barrack
Pour les quelque 70 000 musulmans ismaéliens qui vivent au Canada, la cérémonie de la fondation du Musée de l’Aga Khan et du Centre ismaélien tenue aujourd’hui est un hommage bien mérité à un homme qui a tant fait pour nous aider à mieux comprendre la culture et l’art musulmans, et qui continue à travailler inlassablement à des projets humanitaires partout dans le monde.
Cet homme est un visionnaire. Il n’est pas étonnant que M. Trudeau et lui soient devenus de bons amis au fil des ans, leur amitié ayant réellement pris naissance lorsque le Canada a accueilli des milliers de musulmans ismaéliens qui fuyaient l’Ouganda en 1972, à l’époque d’Idi Amin Dada.
Lorsqu’on lui a demandé pour quelle raison il avait choisi d’exposer une aussi riche collection d’œuvres d’art dans la ville de Toronto, l’Aga Khan a déclaré qu’il appréciait grandement notre attachement au pluralisme. Tellement, en fait, qu’un de ses projets à venir sera l’ouverture du Centre mondial du pluralisme à Ottawa.
Il est donc tout à fait approprié que l’Aga Khan se voit remettre aujourd’hui la citoyenneté canadienne à titre honorifique. Assis dans la salle, je regarde cet homme, si radieux, qui affiche cette fierté que l’on retrouve lors des cérémonies de citoyenneté qui sont organisées un peu partout au pays, et je pense à ce que signifie le fait de faire partie de ce pays pour les nouveaux arrivants – comme ces musulmans ismaéliens qui sont venus au Canada il y a près de 40 ans.
L’espoir. Les possibilités. La liberté de vivre dans un pays où les personnes de toutes confessions sont traitées avec dignité et respect.
L’Aga Khan a déclaré que, selon lui, le Canada était un « flambeau qui éclaire le monde ». Nous pouvons maintenant tous considérer que le riche héritage qu’il va nous laisser pendant de nombreuses années sera aussi un flambeau, un phare rassembleur qui nous permettra de mieux saisir la richesse de la culture musulmane et l’importante contribution des musulmans ismaéliens ici, au Canada, et partout dans le monde.
Michael Ignatieff




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