

Michael Ignatieff salue des résidents de Kamloops, C.-B. Photo : Georges Alexandar
Les rédacteurs de discours ont une règle d’or : ne jamais s’attribuer le mérite d’un texte. Par exemple, Ted Sorensen, que John F. Kennedy appelait sa « banque de sang intellectuelle » refuse encore de reconnaître sa paternité du discours d’investiture de JKF. (« Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays », etc.) À toute tentative pour lui faire avouer, M. Sorensen répond : « Ne demandez pas. »
En ce qui me concerne, je prêche l’honnêteté. D’ailleurs, mon titre est devenu un perpétuel sujet de plaisanteries sujet cet été à bord de L’Express libéral, car depuis des mois Michael Ignatieff n’a récité aucun discours écrit. Je ne m’en plains pas, puisque le temps non consacré à rédiger des discours me permet de vous donner mes commentaires dans ce blogue et de grignoter.
Longue introduction pour dire que j’ai été surpris par le passage éclair de Sir Wilfrid Laurier lors de la tournée de L’Express libéral en Colombie-Britannique. Dans tous ses discours, Michael Ignatieff raconte la visite de Sir Wilfrid en Colombie-Britannique qui s’est déroulée exactement 100 ans plus tôt. Il était allé sur l’île de Vancouver, avait officiellement ouvert la Pacific National Exhibition pour se rendre ensuite à Kamloops le 25 août, où il avait rencontré les chefs des peuples Secwepemc, Nlakpamux et Okanagan. Ceux-ci lui avaient alors remis un document commémoratif récapitulant de façon saisissante le siècle précédent, selon la perspective des Autochtones.
Aujourd’hui, alors que Michael Ignatieff a commencé sa journée en rencontrant des citoyens de Kamloops au Cowboy Coffee, un chef local des Premières nations lui a remis un exemplaire de la réponse de Sir Wilfrid Laurier. Quelques minutes plus tard, M. Ignatieff a cité cette réponse dans son discours. (Bonne façon de se passer d’un rédacteur de discours!)
« La loyauté doit être réciproque. Il ne suffit pas seulement d’être loyal envers la Couronne; la Couronne doit aussi être loyale envers ses sujets. » Voilà ce qu’a affirmé Wilfrid Laurier, 100 ans plus tôt.
Michael Ignatieff a continué sur ce thème, en lançant un appel à l’équité pour tous les Canadiens. Il a souligné la nécessité de combler l’écart de formation des Autochtones, de supprimer le plafond sur la croissance du financement pour les études supérieures des Autochtones et de donner à plus de jeunes la possibilité d’étudier au collège ou à l’université, comme la Thompson Rivers University à Kamloops. Cette promesse, prise il y a 100 ans, doit maintenant être réalisée, et nous le ferons.
« Le Parti libéral du Canada – le parti de Wilfrid Laurier – doit respecter cette promesse », a affirmé le chef libéral.
Je n’aurai pas pu l’écrire mieux que cela.
- A.G.
Adam Goldenberg, le rédacteur de discours de Michael Ignatieff, rédigera ses carnets de blogue à bord de l’Express libéral pendant (presque) tout l’été. Pour obtenir les plus récentes informations, suivez‑le sur Twitter. On peut aussi le joindre par courriel, à l’adresse adam@email.liberal.ca.



