Le Premier ministre Stephen Harper doit faire un geste direct envers la Chine pour réparer les dégâts que lui et son gouvernement ont causés à nos relations commerciales et diplomatiques avec cet important partenaire, a déclaré aujourd’hui le porte-parole libéral chargé des affaires étrangères, Bob Rae.
« Étant donné que les États-Unis renforcent leurs liens avec la Chine et que l’ancien ministre des Affaires étrangères a lui-même reconnu que le Parti conservateur était divisé au sujet de ce pays, M. Harper doit changer d’attitude, a dit M. Rae. Il doit abandonner son amateurisme dans les relations entre le Canada et la Chine et adopter une démarche nuancée et professionnelle. »
La semaine dernière, David Emerson, ancien ministre conservateur des Affaires étrangères, a demandé officiellement que le Canada « se rapproche de la Chine » et a confirmé qu’il existait de profonds désaccords au sein du Parti conservateur au sujet de la meilleure attitude à adopter face à Pékin.
Non seulement le Canada perd du terrain par rapport aux États-Unis, mais il est loin derrière d’autres pays comme la Thaïlande, les Philippines, l’Allemagne et l’Australie en ce qui concerne ses parts du marché d’importation chinois.
Le Premier ministre a offensé la Chine en refusant de se rendre aux Jeux Olympiques de 2008. Cette gaffe diplomatique a été aggravée quand le président conservateur du Comité parlementaire, Rob Anders, a comparé les jeux de Pékin à ceux que l’Allemagne nazie avait organisés en 1936.
Le ministre de l’Immigration et de la Citoyenneté, Jason Kenney, critique ouvertement depuis longtemps le gouvernement chinois. De plus, pendant plus de neuf mois, l’ancien ministre conservateur des Affaires étrangères, Peter MacKay, a insulté la Chine en refusant ses demandes de rencontre avec son ambassadeur et en refusant d’envoyer tout ministre Canadien en Chine.
Hillary Clinton s’est rendue en Chine quelques semaines seulement après avoir été nommée Secrétaire d’État par le nouveau président américain. Elle y a rencontré le président chinois Hu Jintao, le ministre adjoint des Affaires étrangères Yang Jiechi et le Premier ministre Wen Jiabao. Ils ont abordé ensemble les sujets de la crise économique actuelle, du réchauffement planétaire et de la sécurité, et ont mis l’accent sur l’importance croissante des relations entre les États-Unis et la Chine.
Le porte-parole libéral chargé du commerce international a souligné les effets des tensions entre le Canada et la Chine sur l’économie du pays.
« Pendant les deux premières années de gouvernement conservateur (2006 et 2007), les exportations du Canada vers la Chine ont stagné, se maintenant à peine au niveau de la croissance du marché d’importation local, a-t-il dit. Par comparaison, les États-Unis ont augmenté leurs échanges avec la Chine de 60 % pendant la même période, dépassant de loin l’accroissement des importations chinoises et se taillant la part du lion sur ce marché. »
« Nos relations avec la Chine dépendent en grande partie des relations personnelles qu’entretiennent nos pays. Un gouvernement libéral donnera priorité à la restauration de bonnes relations avec la Chine. Il se servira d’initiatives commerciales réussies, comme les missions commerciales de type Équipe Canada de l’ancien gouvernement libéral, pour que ces relations renouvelées mènent à des gains concrets en matière d’échanges commerciaux entre nos deux pays. »



