
Le Premier ministre Stephen Harper doit assurer aux Canadiens qu’il n’est pas favorable à la suppression de la Commission canadienne des droits de la personne, compte tenu du fait que 20 députés conservateurs ont appuyé les démarches visant à supprimer cette commission. C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui le député libéral Bob Rae.
« Nous sommes très préoccupés par le fait qu’un si grand nombre de députés conservateurs appuient cette idée, et par le fait que le gouvernement pourrait s’en servir comme tremplin, pour essayer de miner le rôle de la Commission canadienne des droits de la personne », a dit M. Rae.
M. Rae réagissait au fait que cinq ministres et quinze députés conservateurs ont appuyé des candidats à la direction du Parti progressiste conservateur de l’Ontario qui appellent au démantèlement de la Commission ontarienne des droits de la personne.
Jusqu’ici, le ministre des Transports, John Baird, le ministre de l’Industrie, Tony Clement, le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, le ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan, et les députés conservateurs Dean Allison, Gord Brown, Patrick Brown, Paul Calandra, Barry Devolin, Rick Dykstra, Royal Galipeau, Daryl Kramp, Pierre Poilievre, Joe Preston, Gary Schellenberger, David Sweet et David Tilson ont appuyé la candidature de Tim Hudak.
Les députés conservateurs Scott Reid et Cheryl Gallant appuient la candidature de Randy Hillier.
M. Hudak et M. Hillier ont tous deux fait de l’abolition de la Commission ontarienne des droits de la personne le thème principal de leur campagne pour la direction du parti.
Selon M. Rae, étant donné le point de vue du Premier ministre sur l’existence des commissions des droits de la personne, les Canadiens devraient s’inquiéter sérieusement du fait qu’il permet à ses députés d’appuyer ouvertement les promesses de démantèlement de la Commission ontarienne des droits de la personne.
M. Harper a dit :
« Les Commission des droits de la personne, de la manière dont elles évoluent, portent atteinte à nos libertés fondamentales et à l’existence même d’une société démocratique
[…]
C’est
en fait du
totalitarisme
.
Je trouve cela très effrayant.
» (BC Report, 11
janvier
1999)
« Le Premier ministre ne comprend rien du tout. Les commissions des droits de la personne, comme celle de l’Ontario, sont une ressource importante pour les communautés. Elles permettent de régler des revendications et des litiges d’une façon moins dispendieuse que les procédures judiciaires », a ajouté M. Rae.
« Les commissions ne pourront jamais remplacer les tribunaux, mais elles veillent à ce que les principes de justice fondamentale, à savoir l’accès à la justice et à l’équité, s’appliquent à tous les Canadiens. Nous n’avons aucun contrôle sur l’avenir de la Commission ontarienne des droits de la personne, mais nous n’aimerions pas voir le gouvernement actuel, qui est si attaché à son idéologie, se servir de cela comme excuse pour démanteler la commission fédérale. »
M. Rae a souligné que contrairement à l’actuel gouvernement conservateur, le Parti libéral du Canada défendait les droits de la personne et la liberté d’expression.
« Nous croyons en la protection des minorités et de leurs droits, et nous appuyons les textes de loi, les commissions et les tribunaux qui partagent ces objectifs. On peut toujours améliorer ou réformer, mais démanteler tout un système de défense des droits de la personne est une politique publique irresponsable, basée uniquement sur un calcul politicien. Il ne faudrait surtout pas jeter le bébé avec l’eau du bain », a-t-il conclu.



