
Tous les partis commencent aujourd’hui le débat sur la motion libérale demandant une politique raisonnée de l’environnement et un plan national de lutte contre les changements climatiques. Le gouvernement Harper, qui n’a fait que traîner les pieds sur les questions environnementales et qui a échoué à mettre en œuvre un vrai plan pour l’environnement, est dans le collimateur. Voici un résumé de son bilan :
Janvier 2006. Le nouveau gouvernement Harper coupe ou gèle jusqu’à 6 milliards de dollars dans les programmes en faveur de l’environnement et ce, dès son arrivée au pouvoir.
Le 5 octobre 2006. La ministre de l’Environnement, Rona Ambrose, affirme que le Canada ne participera pas à un marché international du carbone et qu’il n’utilisera pas non plus l’argent public pour acheter des crédits de carbone afin d’atteindre ses objectifs de Kyoto.
Le 19 octobre 2006. Le gouvernement Harper présente le projet de loi C-30 sur la qualité de l’air et les changements climatiques. Ce projet de loi constitue un abandon complet de l’engagement international pris par le Canada dans le cadre du Protocole de Kyoto. Il est catégoriquement rejeté par tous les partis de l’opposition, qui le considèrent comme une simple tactique dilatoire. Une analyse indépendante a montré que s’il avait été adopté, les émissions industrielles du Canada auraient continué de croître.
Avril 2007. Le ministre de l’Environnement, John Baird, présente Prendre le virage, le deuxième plan du gouvernement Harper sur l’environnement en six mois. Ce plan prévoit des réductions d’émission de 20 % sous le niveau de 2006 d’ici 2020, et entre 50 et 65 % sous le niveau de 2006 d’ici 2050. Chaque analyse indépendante du plan conclut qu’il n’a pas les moyens d’atteindre ses propres objectifs.
Juin 2007. Au Sommet du G8, les écologistes accusent le Premier ministre Harper de faciliter la tâche aux États-Unis, car le Canada, tout comme le président Bush, refuse de s’engager à atteindre des objectifs contraignants de réduction des GES, à moins que les grands pays en voie de développement, comme la Chine, fassent de même.
Décembre 2007. À la conférence de Bali sur les changements climatiques, le gouvernement Harper est à nouveau accusé d’empêcher les pays qui ont ratifié le Protocole de Kyoto d’arriver à une nouvelle entente sur des objectifs contraignants. Le ministre de l’Environnement, John Baird, laisse tomber des négociations clés, tandis que les négociateurs canadiens érigent des obstacles pour empêcher le reste du monde de reconnaître l’importance des objectifs contraignants.
Avril 2008. Le ministre Baird annonce que des réglementations sur les changements climatiques seront publiées fin 2008 et entreront en vigueur le 1er janvier 2010. Cet engagement sera par la suite abandonné.
Mai 2008. Le secrétariat sur les changements climatiques de l’ONU déclare avoir notifié le Canada que le pays faisait l’objet d’une enquête pour avoir violé une obligation de déclaration prévue dans le Protocole de Kyoto.
Octobre 2008. Jim Prentice devient le troisième ministre canadien de l’Environnement en trois ans.
Mai 2009. Le ministre Prentice annonce le troisième plan en matière de changements climatiques en trois ans en indiquant, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, que des réglementations sur les changements climatiques ne seraient pas élaborées avant 2010 et qu’elles pourraient ne pas entrer en vigueur avant 2016.
Juillet 2009. Le « carnet de notes de 2009 » du Fonds mondial pour la nature classe le Canada dernier en termes de croissance des émissions de gaz à effet de serre et de mesures prévues pour les réduire. Le commissaire à l’environnement du Canada conclut que le plan sur les changements climatiques des conservateurs n’est pas près d’atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
Septembre 2009. Le Premier ministre Stephen Harper ne se présente pas à une réunion spéciale des dirigeants du monde à l’Organisation des Nations Unies pour discuter des changements climatiques. Il préfère à la place visiter une usine de beignes.
Décembre 2009. Lors du Sommet de Copenhague sur les changements climatiques, plusieurs gaffes de relations publiques plongent encore le Canada dans l’embarras sur la scène mondiale :
• Un document du Cabinet ayant été divulgué en douce révèle que les conservateurs veulent exclure l’exploitation des sables bitumineux des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et que ces émissions augmenteraient au lieu de baisser.
• Au lieu de prendre des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques, les conservateurs de Harper gagnent quatre prix consécutifs du « fossile de l’année » pour avoir fait du Canada le chef de la résistance à un accord sur les changements climatiques.
• L’attaché de presse du Premier ministre attaque un des environnementalistes les plus respectés au Canada, Steven Guilbeault, en l’accusant à tort d’être responsable d’un canular complexe constitué d’un communiqué et d’une conférence de presse qui annonçaient de nouveaux objectifs de réduction d’émissions stricts pour le Canada.
• Le secrétaire américain de l’Énergie refuse de participer à une séance de photos organisée à la hâte par les fonctionnaires canadiens, qui espéraient « changer de sujet ».
Le 30 janvier 2010. Le gouvernement remplit les papiers relatifs à l’Accord de Copenhague, dans lesquels le nouvel objectif du Canada est de 17 %, alors que l’ancien objectif était de 20 %. Le plan montre que le gouvernement n’a toujours pas d’idée sur la façon d’atteindre ce nouvel objectif, et au moins un groupe environnemental a prédit qu’il se traduira par une augmentation des émissions.
Le 4 mars 2010. Les conservateurs annoncent d’importantes modifications à la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE) dans leur budget. Celles-ci donneraient au ministre de l’Environnement le pouvoir de soustraire des milliers de projets à l’examen approfondi de leur impact global sur les écosystèmes.
Le 31 mars 2010. Le gouvernement annule l’un des programmes du gouvernement les plus populaires auprès des propriétaires : le programme écoÉNERGIE, qui permettait aux Canadiens de recevoir un remboursement quand ils procédaient à des améliorations écoénergétiques de leur maison en utilisant des produits et des services efficaces en énergie. Les experts conviennent que c’est l’amélioration de l’efficacité énergétique qui peut le plus contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à lutter contre les changements climatiques.



