
Les conservateurs de Stephen Harper ont laissé les côtes du Canada à la merci des déversements de pétrole en milieu marin et des catastrophes qui s’ensuivraient. À la suite de la catastrophe écologique qui se passe dans le golfe du Mexique, les libéraux demandent au gouvernement de maintenir le moratoire sur le forage en mer au large des côtes de la Colombie-Britannique et d’imposer un moratoire sur les concessions de forage dans l’Arctique d’ici à ce que les risques liés à l’exploitation du pétrole dans le Nord aient été étudiés. Les libéraux demandent également au gouvernement de mettre en place un plan d’intervention en cas de marée noire en milieu marin et d’intégrer les meilleures mesures d’urgence et de sécurité dans le coût des activités commerciales. Les faits sont troublants :
• Dans son rapport sur la planification d’urgence dans la mer de Beaufort, la commission d’examen conjointe de la vallée du MacKenzie recommandait que le gouvernement du Canada publie, dans un délai d’un an, un plan démontrant que le ministère fédéral des Transports dispose des ressources voulues pour prévenir et détecter les déversements et autres incidents et pour prendre les mesures correctrices qui s’imposent. Autrement dit, le Canada ne dispose pas à l’heure actuelle d’un tel plan. Il y a maintenant un an que cette recommandation a été faite, et le gouvernement n’a toujours pas mis de plan en place.
• Le seul plan des conservateurs de Stephen Harper est de se fier à la « technologie, l’équipement et la formation » des sociétés qui s’occupent du forage. Mais s’il devait y avoir une marée noire sur le site de la nouvelle plate-forme pétrolière de Chevron située au large de Terre-Neuve, on devrait attendre 11 jours avant qu’un navire puisse se rendre sur le site. En moyenne, à l’heure actuelle, seulement 10 % du pétrole déversé en milieu marin est récupéré.
• Avec les modifications apportées en décembre 2009 par les conservateurs au Règlement sur le forage et la production, ce n’est plus le gouvernement qui dicte aux sociétés la manière dont elles doivent mener leurs activités, mais les sociétés qui gèrent la sécurité et la protection de l’environnement. Les sociétés doivent maintenant décider des méthodes de gestion des interventions en cas de marée noire et des autres mesures d’urgences ; le gouvernement, pour sa part, doit maintenant étudier ces risques seulement lorsqu’il examine les demandes de concession de forage.
• Aucune technologie actuelle ne permet de nettoyer une marée noire lorsque le pétrole a disparu sous la glace de l’Arctique. Il y a deux ans, les conservateurs ont accéléré l’attribution de concessions à BP et à la Compagnie pétrolière impériale pour l’exploration dans la mer de Beaufort, en dépit du fait qu’il serait impossible de protéger cette zone écologique fragile si une marée noire venait à se produire à cause des plaques de glace.
• Les conservateurs mettent maintenant à exécution leurs plans d’exploration pétrolière dans le détroit de Lancaster, une région décrite par Leona Aglukkaq, la députée du Nunavut, comme un endroit qui « abrite une faune abondante ». À peine quelques mois auparavant, en décembre 2009, le ministre Jim Prentice annonçait qu’il allait faire de cette région une aire marine nationale de conservation.
• Une société n’ayant aucune expérience du forage dans l’Arctique procédera au forage, cet été, dans les eaux du Groenland voisines des eaux canadiennes, région où des plaques de glaces risquent constamment de se détacher de la banquise. Mais les conservateurs n’ont pris aucune mesure pour s’assurer que le gouvernement du Groenland interviendra de toute urgence en cas de marée noire, et que toute responsabilité qui en découle lui sera imputée en cas de catastrophe écologique.
• Depuis 1972, un moratoire libéral en matière de navigation intérieure de navires pétroliers permet de protéger les côtes de la Colombie-Britannique. Le Parti libéral demeure déterminé à faire respecter ce moratoire, mais le gouvernement conservateur ne l’a jamais reconnu, et il est prêt à mettre en danger le fragile écosystème des côtes du Canada en favorisant une exploitation du pétrole et du gaz qui nécessitera le passage de navires pétroliers dans les eaux côtières intérieures du Nord.



