Ces élections ne sont pas juste un exercice démocratique, mais une affaire de démocratie. Donc, au moment où nous entreprenons la campagne, que les règles soient claires.
C’est le chef du parti qui a remporté le plus de sièges le jour des élections qui doit être chargé de former le gouvernement.
Si c’est le Parti libéral, je devrais donc tenter d’obtenir rapidement la confiance du nouveau Parlement. Si notre gouvernement ne réussit pas à avoir l’appui de la Chambre, M. Harper sera alors appelé à former un gouvernement et devra relever le même défi. C’est ce qu’exige notre Constitution. C’est la loi de notre pays.
Si, à titre de chef du Parti libéral, j’ai le privilège de former le gouvernement, voici les règles qui guideront :
- Nous nous présenterons devant le Parlement avec exactement la même équipe, la même plateforme et le même programme que nous aurons soumis aux Canadiens au cours de cette campagne électorale. Ce que nous aurons promis aux Canadiens pendant cette campagne sera ce qu’ils obtiendront si nous sommes appelés à former le gouvernement.
- Nous collaborerons avec TOUS les partis afin que le Parlement puisse faire son travail et produire des politiques éclairées – y compris avec le Parti conservateur s’il est l’Opposition.
- Nous ne formerons pas une coalition avec d’autres partis fédéralistes. Dans notre système, les coalitions constituent une option constitutionnelle légitime. Toutefois, je considère qu’une collaboration au coup par coup avec d’autres partis est la meilleure façon de fonctionner pour les gouvernements minoritaires.
- Nous excluons catégoriquement toute forme de coalition ou d’entente formelle avec le Bloc Québécois.
- Si mon gouvernement est minoritaire au Parlement, je m’efforcerai – comme l’ont fait en leur temps les premiers ministres libéraux Lester Pearson, Pierre Trudeau et Paul Martin – de donner à notre pays un gouvernement progressiste, de rallier les soutiens au gouvernement dossier par dossier, et de faire appel à la bonne volonté, à la générosité et au bon sens des Canadiens, quelles que soient leurs convictions politiques. Les gouvernements que j’évoque sont ceux qui ont doté le Canada de son drapeau, de son régime d’assurance maladie, de son régime de pensions, de l’Accord de Kelowna et du programme national de garderies. Avec le leadership voulu, un autre gouvernement minoritaire pourrait envisager d’atteindre des objectifs aussi ambitieu.
Telle est ma position. Maintenant, j’ai quelques questions à poser à M. Harper :
- Est-il d’accord avec ma description du fonctionnement de notre système démocratique ?
- Pourquoi persiste t il à mentir en agitant le spectre d’une coalition prête à se former, alors qu’il sait pertinemment que c’est faux ?
- Va t il dire la vérité aux Canadiens et admettre qu’en 2004, il a rencontré en secret le Bloc Québécois, dans une chambre d’hôtel, et qu’à la suite de cette rencontre, une lettre signée envoyée au gouverneur général, proposant une coalition entre le Parti conservateur, le NPD et le Bloc, a été signée ?
- Va t il enfin reconnaître l’outrage au Parlement que son gouvernement a essuyé hier à la Chambre des communes, une première dans l’histoire de notre pays ?



