En choisissant les F-35 sans soumission et en éliminant les garanties requises de retombées économiques pour les industries canadiennes, un investissement évalué à 16 milliards de dollars par le gouvernement , les conservateurs ont fait un choix qui coûtera des milliards aux contribuables et aux travailleurs, a annoncé le Parti libéral aujourd’hui.
« En négligeant d’organiser une invitation ouverte à soumissionner et en éliminant l’obligation de Lockheed-Martin de créer du travail pour les Canadiens, le gouvernement conservateur a manqué à son obligation de faire diligence et de s’assurer que les contribuables et travailleurs canadiens obtiennent le meilleur arrangement possible », a affirmé le porte-parole libéral responsable de la Défense, Dominic LeBlanc.
Aujourd’hui il a été révélé qu’en 2006, les conservateurs ont retiré l’exigence par le Conseil du Trésor que tout contrat de plus de 100 millions de dollars soit accompagné de retombées équivalentes dans l’industrie canadienne. Les hauts fonctionnaires du ministère de la Défense nationale ont admis hier que la décision du gouvernement conservateur de négocier un contrat d’une valeur de 16 milliards de dollars sans appel d’offres ouvert pour de nouveaux avions de chasse F 35 est une omission grave financièrement et cela pourrait coûter des milliards aux contribuables.
« En 1980, quand le Canada a préféré les CF-18 aux F-16, nous avons obtenu une garantie écrite de McDonnell-Douglas pour que les régions puissent profiter de retombées industrielles de 3,2 milliards de dollars et de la création de 22 000 emplois, a expliqué M. LeBlanc. Nous avons procédé ainsi parce que nous voulions nous assurer que le coût d’achat des CF-18 soit partiellement compensé par les retombées économiques et les répercussions sur l’emploi, pour que les contribuables n’aient pas à payer seuls la facture.»
« À un moment où la dette des ménages atteint des niveaux records et où les familles de la classe moyenne se sentent prises à la gorge, Peter McKay leur a fait faux bond en ne garantissant pas de nouveaux emplois en achetant 65 avion de chasse F-35 de Lockheed-Martin sans se soumettre à un appel d’offres ouvert ni garantir de retombées industrielles », a renchéri M. LeBlanc.
« En négociant le contrat d’entretien seulement après avoir annoncé l’achat des F-35, le Canada a perdu la possibilité d’obtenir le meilleur arrangement pour les contribuables, l’industrie et les travailleurs a déclaré M. LeBlanc. Israël a récemment conclu une entente valant 4 milliards de dollars en retombées industrielles suite à l’achat de 20 chasseurs F-35 de Lockheed-Martin. Pourquoi le Canada n’en a-t-il pas fait autant? »
Pour envenimer la situation, le Government Accountability Office des États-Unis a annoncé plus tôt cette année que les coûts d’entretien des F35 pendant leur cycle de vie sont « considérablement plus élevés que ne le laissaient entendre les estimations précédentes » et qu’ils pourraient même s’élever à 764 milliards de dollars pour une flotte de 2 457 avions de chasse. Ces estimations revues à la hausse risquent de faire monter en flèche à 20 milliards de dollars, pour un total de 29 milliards de dollars, les 7 milliards de dollars auxquels les conservateurs évaluent l’entretien des 65 nouveaux chasseurs.
Un nouveau gouvernement libéral suspendra le contrat à fournisseur unique de 16 milliards de dollars, le temps de s’assurer que le contrat soit celui qui convient le mieux tout en revoyant tous les besoins des militaires. Les libéraux étudient en ce moment au Comité de la défense nationale de la Chambre des communes la décision du gouvernement de conclure un tel marché, décision entourée du plus grand secret et par ailleurs inexplicable.
« Après avoir accumulé un déficit record de 54 milliards de dollars, les conservateurs ont flambé plus de 1 milliard de dollars pour 72 heures de sommet du G8 et du G20, leurs nouvelles priorités sont de dépenser 10 milliards de dollars pour construire des prisons et 16 milliards de dollars pour des avions de chasse – juste au moment où les familles canadiennes ont du mal à joindre les deux bouts », a conclu M. LeBlanc.
« Voilà un gouvernement dont les priorités sont complètement déphasées par rapport aux besoins de la population canadienne. »



