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Discours à la Chambre de commerce de Toronto

Publié le 21 Septembre 2009
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Le texte prononcé fait foi

Toronto, Ontario

Le collège Humber se trouve dans ma circonscription électorale, Etobicoke-Lakeshore. Le président, John Davies, et certains étudiants du collège Humber sont ici aujourd’hui. Merci pour l’excellent travail que vous faites.

Je vais parler de ce qu’a traversé le Canada, des difficultés que nous devons affronter et de la voie que nous devrions emprunter. Je présenterai également la solution libérale à nos problèmes actuels.

Mais avant de commencer, j’aimerais prendre quelques instants pour attirer votre attention sur ce qui s’est passé la semaine dernière à Ottawa.

Je regardais un match à la télé l’autre soir et pendant la pause publicitaire, j’ai vu l’une des annonces diffamatoires des conservateurs qui disait que je ne m’impliquais que pour moi et que j’allais créer une coalition épouvantable avec les « socialistes » et avec les « séparatistes ».

Eh bien, à la fin de la semaine, ces « socialistes » et ces « séparatistes » donnaient leur soutien à Stephen Harper.

Comme on dit, une semaine, c’est long en politique.

À la fin de la semaine dernière, notre parti s’est levé et a exprimé par son vote son manque de confiance dans gouvernement de Stephen Harper.

C’était une question de principe.

Comment pouvons-nous avoir confiance en un gouvernement qui ne se préoccupe que de sa propre survie ?

Un gouvernement qui définit le succès comme le fait de ne pas être dans une situation aussi désastreuse que les États-Unis ?

Stephen Harper est Premier ministre depuis quatre ans. Alors, posez-vous les questions suivantes :

Sommes-nous dans une meilleure situation qu’il y a quatre ans ?

Notre économie est-elle plus forte ?

Notre système de soins de santé s’est-il amélioré ? Notre voix dans le monde est-elle mieux entendue ?

La réponse à ces questions est non.

Comment pouvons-nous appuyer un gouvernement prétentieux qui se satisfait d’avoir accompli si peu ?

Qui promet de créer 190 000 emplois et qui en perd un demi-million ?

Un gouvernement qui n’est pas capable de fournir des isotopes nucléaires aux patients atteints du cancer ou d’une maladie cardiaque ?

Un gouvernement qui envoie des housses mortuaires aux Premières Nations et qui n’a même pas la décence de présenter des excuses ?

Et comment une opposition crédible peut-elle appuyer un gouvernement à qui on ne peut pas faire confiance quant aux finances publiques de notre pays ?

Il y a un an, Stephen Harper a dit aux Canadiens que nous avions un surplus fédéral, alors qu’on s’en allait vers un déficit avant même que la récession ne commence à se faire sentir.

En janvier, il nous a annoncé un déficit de trente-deux milliards de dollars. Ensuite, ce déficit est passé à cinquante milliards. Et maintenant, nous avons un déficit de cinquante-six milliards de dollars.

On ne peut pas compter sur un gouvernement qui ne sait pas compter.

Soyons réalistes : avec un bilan pareil, Jim Flaherty pourrait peut-être décrocher un emploi à Wall Street ; mais personne à Bay Street ne voudrait de lui.

Les libéraux ont l’habitude de réparer les dégâts des conservateurs.

Il n’y a pas si longtemps, Brian Mulroney falsifiait les comptes. Et il ne faudrait pas oublier non plus que Mike Harris et Ernie Eves ont fait la même chose. Et je peux vous dire qui s’en souvient mieux que quiconque : Jim Flaherty. Il était là.

Et qu’est-ce que Dalton McGuinty et Greg Sorbara ont fait en premier ? Ils ont ouvert les livres et ils ont dit la vérité aux Ontariens.

Un nouveau gouvernement libéral à Ottawa fera exactement la même chose.

Dès que nous serons au gouvernement, nous ferons une vérification complète de nos finances publiques. Nous ouvrirons les livres de compte et nous verrons où nous en sommes vraiment.

C’est la première étape.

Nous allons également rendre le directeur parlementaire du budget indépendant pour que nous n’ayons plus jamais à revivre la même situation. Plus de prévisions fantaisistes. Plus de fausses promesses.

Ensuite, nous élaborerons un plan prudent et transparent pour remettre les finances publiques en ordre.

Ce sera un plan équilibré. Si nous mettons fin trop brusquement aux mesures de relance, nous risquons de retomber en récession. Les économistes appellent cela une trajectoire en « w » et c’est un risque que nous devons éviter absolument. Mais, si nous mettons fin trop lentement aux mesures de relance, nous risquons de léguer une lourde dette à nos enfants.

Nous trouverons le bon équilibre.

Mais nous ne prendrons pas ces décisions tant que nous n’aurons pas de données fiables sur lesquelles nous pouvons nous appuyer. Nos objectifs seront clairs et crédibles.

Pour atteindre ces objectifs, nous devrons savoir maîtriser les dépenses. Mais, croyez-moi, il y a un monde de différence entre l’approche libérale et l’approche conservatrice lorsqu’il est temps de se serrer la ceinture.

Pour Stephen Harper, réduire les dépenses signifie couper l’aide aux plus vulnérables. Ce n’est pas l’approche libérale. Ce n’est pas mon approche.

Nous équilibrerons les comptes publics sans que les plus démunis aient à en payer le prix.

Mais soyons clairs.

Contrôler les dépenses ne suffira pas à nous sortir du pétrin dans lequel M. Harper nous a mis.

Il faut que nous relancions la croissance de notre économie.

Une simple reprise économique ne suffira pas.

Il ne s’agit pas seulement de se relever. Il faut se remettre ensemble sur la voie de la prospérité, pour créer des emplois, pour générer davantage de richesse et pour reprendre notre place de leader dans le monde.

Au cours des derniers mois, nous avons vu des signes de reprise. Et nous nous en sommes réjouis.

Mais soyons francs. Ces signes de reprise, nous les devons aux Canadiens, et non pas au gouvernement conservateur.

Au cours des derniers mois, nous avons vu quelques embellies. Et cela nous a encouragés.

Mais la reprise que nous avons constatée est due à la détermination des Canadiens, et non pas au bilan des conservateurs.

Ils ne peuvent pas s’en attribuer le mérite. Ils n’ont pas le droit.

Regardez leur bilan sur les projets d’infrastructure.

Cet été, les députés conservateurs ont annoncé 1 200 projets dans tout l’Ontario. Mais seulement 200 ont réellement reçu un financement.

C’est un sur six.

Et dans l’ensemble du pays, la situation est encore pire ; en réalité, seulement 12 % des projets d’infrastructure qui ont été approuvés sont en chantier.

Les mesures de stimulation étaient censées créer des emplois, promouvoir une reprise économique et prendre effet rapidement.

Cela ne s’est pas produit et nous savons pourquoi. L’argent est resté sur la table du Conseil des ministres, qui se disputaient pour savoir qui allait faire profiter ses amis de la grosse part du gâteau.

En Ontario, les ministres conservateurs ont distribué deux à trois fois plus d’argent à leurs circonscriptions respectives qu’aux autres, en moyenne, alors que leurs circonscriptions avaient des taux de chômage deux fois moins élevés que la moyenne.

D’un bout à l’autre du Canada, les députés conservateurs ont distribué environ vingt-quatre millions de dollars à leurs propres circonscriptions, tandis que des circonscriptions comparables représentées par l’opposition ont reçu un tiers de moins.

Les gouvernements sont censés aider tout le monde, pas seulement les gens qui ont voté pour eux.

Les gouvernements sont censés dire la vérité aux gens.

Eh bien, voici la vérité :

Présentement, près d’une personne sur dix en Ontario est sans emploi.

À Windsor, une personne sur six est sans emploi. Pensez-y un instant. Une personne sur six. Dans une classe de trente élèves, vous comptez cinq familles qui ne sont pas en mesure de décrocher un emploi.

À Ingersoll, Suzuki a cessé toute production de véhicules VUS XL7. Stirling Truck a fermé ses portes à St. Thomas et c’est pareil pour Navistar à Chatham.

À Welland, la fermeture de John Deere a entraîné la mise à pied de 800 personnes. Le fabricant de pièces automobiles GDX a supprimé plus de 1 000 emplois jusqu’à présent.

À Hamilton, on disait que si jamais Stelco fermait ses portes, ce serait le « cauchemar ». Eh bien, c’est arrivé, et 1 500 personnes ont perdu leur emploi.

Puis, il y a Toronto, la capitale financière du Canada. Nous avons un taux de chômage qui atteint les 10 % dans la grande région de Toronto. Cela signifie que dans chaque rue des quartiers résidentiels de la ville, au moins une famille (parfois deux ou trois) a perdu leur gagne-pain.

Nous avons approuvé dans le budget la mise sur pied d’une agence de développement économique pour le sud de l’Ontario. C’était en janvier. Près de neuf mois plus tard, pas un seul dollar n’a été versé.

Cela est-il censé suffire ?

Voilà ce à quoi nous sommes confrontés. Et nous savons que ce n’est pas fini.

Les spécialistes prédisent que 200 000 autres Canadiens perdront leur emploi, en plus du million et demi de personnes qui sont déjà au chômage. Et le gouvernement refuse catégoriquement de créer des normes nationales pour l’assurance-emploi.

Nous devons sérieusement nous demander : où s’en va notre pays ? Quel est le plan de match dans un jeu où les règles changent sans arrêt ?

Les travailleurs canadiens savent que nous ne sommes pas seulement en train de traverser une période de ralentissement temporaire. Nous sommes en plein coeur d’une restructuration mondiale de l’économie.

M. Harper ne comprend pas cela, mais les Canadiens, oui.

Bon nombre des biens que nous vendions ne correspondent plus à ce que le monde désire acheter. Bon nombre des emplois que nous perdons sont perdus pour de bon.

L’économie canadienne vient d’entrer dans l’inconnu. Les efforts budgétaires publics faits dans le monde entier pour relancer l’économie permettra de stimuler la demande pendant un an. Mais, l’effort public est temporaire ; il diminuera au fur et à mesure que les pays devront gérer leur déficit. Et quand cela arrivera, le secteur privé devra être prêt à offrir des emplois.

Voilà pourquoi nous avons besoin d’un plan de croissance qui aille plus loin que la simple reprise économique. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas simplement penser à la façon de nous sortir du fossé dans lequel nous nous trouvons. Il faut que nous trouvions la solution pour pouvoir sortir rapidement des starting blocks une fois la reprise venue.

Il faut que nous trouvions une façon de relancer la croissance.

Et c’est là qu’est toute la différence entre les libéraux et les conservateurs. Les libéraux croient que la croissance ne se produira pas toute seule, qu’il n’est pas possible pour notre économie de connaître une nouvelle croissance sans un gouvernement qui gouverne.

***

Un gouvernement libéral stimulera notre économie de trois façons.

Premièrement, en misant sur l’entrepreneuriat, la technologie et le savoir-faire canadiens.

Deuxièmement, en investissant dans ce que nous avons de plus précieux, les Canadiens eux-mêmes, les personnes autant que les communautés, qu’elles soient dans nos villes ou dans nos régions.

Et, troisièmement, en étant davantage présents sur les marchés les plus lucratifs : en Inde, en Chine et dans les autres économies émergentes.

***

Parmi les trente économies mondiales les plus importantes, nous nous classons au treizième rang pour les dépenses en recherche-développement. Nous avons reculé depuis que les conservateurs sont au pouvoir. En fait, ils ont coupé le financement de nos conseils de recherche.

Un gouvernement libéral fera plus, pas moins, pour nos inventeurs et nos chercheurs.

Nous allons promouvoir l’innovation et la croissance dans tous les secteurs de notre économie, y compris dans les secteurs minier, manufacturier, forestier et agricole. Parce que même dans nos domaines traditionnels, nous devrons savoir innover pour prospérer.

Nous offrirons des primes d’encouragement pour les petites et les moyennes entreprises afin qu’elles embauchent et qu’elles forment des employés, surtout des jeunes, qui sont les plus touchés par le chômage.

Nous donnerons priorité à la recherche et à la commercialisation de nouveaux produits manufacturés afin d’aider nos entreprises à vendre de nouveaux produits et à s’équiper de nouvelles technologies.

Nous nous attaquerons aux problèmes du capital de risque afin d’attirer davantage d’investissements privés en faveur de la biotechnologie et des technologies de pointe canadiennes.

Nous viendrons également en aide aux manufacturiers afin qu’ils puissent investir dans les usines et l’équipement mécanique dont ils ont besoin pour améliorer leur productivité.

Sous Stephen Harper, à quel rang croyez-vous que nous nous trouvons parmi les trente plus importantes économies, en ce qui concerne la croissance de la productivité de la main-d’œuvre ?

Au 26e rang. 26e sur trente.

Nous ne faisons pas que prendre du recul, nous risquons bel et bien de nous retrouver en dehors de la course.

Notre économie ne pourra pas reprendre le chemin de la croissance à moins que nous ne donnions un vrai coup de pouce à notre productivité.

Nous devons aussi investir dans les fleurons de notre économie.

Un gouvernement libéral appuiera les entreprises canadiennes phares, les technologies canadiennes et la propriété intellectuelle canadienne de premier plan, grâce à procédure d’examen des investissements qui protégera nos intérêts nationaux. Nous encouragerons les investissements étrangers, mais nous exigerons aussi que les compagnies étrangères créent et maintiennent des emplois pour les Canadiens et qu’elles établissent un siège social au Canada.

Stephen Harper a manqué son coup avec Nortel. Il a laissé tomber une des plus grandes entreprises canadiennes et il n’a rien fait alors que des segments de propriété intellectuelle d’une valeur inestimable ont été vendus à des acheteurs étrangers. Le fait que les conservateurs aient même refusé de procéder à une révision de cette vente est incroyable. Stephen Harper a abdiqué ses responsabilités. On se retrouve de nouveau en plein Avro Arrow.

Nortel n’était pas une erreur isolée. C’est une habitude : Inco, Falconbridge, Stelco, Alcan, la médecine nucléaire canadienne. Les conservateurs ne défendent ni les industries canadiennes ni les travailleurs canadiens.

Pendant 50 ans, nous avons été responsables de la production du tiers des isotopes médicaux utilisés sur la planète. Sous Stephen Harper, la centrale de Chalk River a été fermée deux fois. Et plutôt que de régler le problème, il a baissé les bras et tourné le dos au reste du monde.

Un gouvernement libéral n’abandonnerait pas le leadership canadien en médecine nucléaire ; il le renforcerait.

Le Canada prospère quand il agit en leader.

Nous ne pouvons pas renoncer à notre avantage concurrentiel. Un gouvernement libéral ne permettra pas que le Canada reste à la traîne.

Le Canada prospère lorsqu’il mène. Nous ne pouvons pas laisser filer notre avantage concurrentiel. Et sous un gouvernement libéral, nous ne le ferons pas.

Notre économie ne peut pas connaître la croissance si le prix de nos biens n’est pas concurrentiel à l’échelle mondiale. Il faut que nous soyons le pays développé le plus économe en énergie au monde.

Et après quatre ans de gouvernement conservateur, nous avons pris du recul.

Le programme d’écoÉNERGIE renouvelable prend fin cet automne. Les conservateurs le laissent mourir de sa belle mort. Le programme américain équivalent, lui, a été renouvelé jusqu’en 2012.

Le président Obama consacre six fois plus par habitant à l’énergie propre et à la recherche que Stephen Harper.

Nous investissons moins dans les énergies renouvelables que l’État de l’Alaska.

Lorsqu’il est question d’énergie propre, Stephen Harper n’est pas seulement en retard sur Barack Obama. Il est aussi en retard sur Sarah Palin.

Bâtir une économie durable, compétitive, et produire une énergie propre, doit devenir un enjeu national. Ça ne peut pas se faire sans leadership fédéral.

Et en ce qui concerne les changements climatiques, nous allons établir des politiques fortes et non plus attendre que les autres s’y mettent. Monsieur Harper attend les instructions de Washington. Nous, nous n’attendrons pas.

Nous allons créer un système national d’échange de droits d’émission de carbone avec des objectifs précis. De cette manière, nous irons à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Copenhague la tête haute. Nous irons à Copenhague en leaders, pas en lâcheurs.

***

Ensuite, nous relancerons la croissance de notre économie en misant sur les gens et sur les collectivités.

Nous donnerons la possibilité à nos villes et à nos communautés d’investir dans les réseaux de transports en commun et dans leurs systèmes de distribution et de traitement d’eau potable, et nous le ferons en augmentant définitivement le transfert de la taxe sur l’essence.

Nous distribuerons l’argent directement aux municipalités, aux gens sur le terrain qui savent où on a le plus besoin de cet argent, soit au niveau de l’infrastructure collective. Le développement économique de nos régions dépend de la création de réseaux de communication Internet haute vitesse, de la construction de ponts et de routes.

Si vous ne pouvez avoir ni communication cellulaire ni connexion Internet en Gaspésie, comment voulez-vous développer le tourisme ? Nous ne voulons pas d’un Canada où les espoirs et les possibilités ont quitté les régions pour les grandes villes.

Nous voulons un Canada où les Canadiens qui veulent réussir peuvent bâtir un avenir dans les régions rurales, éloignées et du Nord.

***
Enfin, un gouvernement libéral relancera la croissance de notre économie en allant là où il est la croissance, c’est-à-dire en Inde et en Chine, et dans d’autres économies émergentes.

Stephen Harper n’est jamais allé en Inde. Et il a refusé l’unique invitation qu’il a reçue de la Chine. Notre part du marché dans ces deux pays a diminué depuis qu’il est au pouvoir. Nous connaissons nos premiers déficits commerciaux en trente ans.

Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à perdre du terrain.

Un gouvernement libéral tirera parti du succès que nous avons connu avec Jean Chrétien et avec Paul Martin et restaurera les missions commerciales d’Équipe Canada.

Nous comptons également accroître les financements en faveur des portes d’entrée de l’Atlantique et du Pacifique, qui sont vitales pour nos exportations.

Au cours de la dernière année, Stephen Harper a versé seulement 15 % du financement qu’il avait promis pour la porte d’entrée du Pacifique. C’est un taux d’échec de 85 %.

Nous voulons aussi rétablir le leadership canadien dans nos relations avec les États-Unis.

Le protectionnisme américain exclut nos manufacturiers des marchés publics américains au niveau des États et des municipalités. Ces marchés représentent 860 milliards de dollars. Des emplois canadiens dépendent de ce que fait notre gouvernement pour obtenir les exemptions nécessaires.

D’autres barrières non tarifaires nous nuisent également.

Les exigences de mention du pays d’origine signifient que les Américains payent leur nourriture plus cher, et ce sont les producteurs de porc et de boeuf canadiens qui en subissent les conséquences.

En outre, le resserrement à la frontière et les nouvelles exigences de passeport sont en train de faire entrave au commerce et au tourisme. Le nombre de visiteurs au Canada en provenance des États-Unis est tombé à son plus bas depuis une génération.

Après quatre longues années, tout ce dont les conservateurs peuvent se vanter, ce sont des vols nolisés pour les joueurs de la LNH. Si c’est ça leur idée de la réussite, vous voyez à quel point nos relations avec les Américains se sont détériorées sous Stephen Harper.

Il ne suffit pas de passer quelques jours à Washington, de vous faire prendre en photo et d’appeler cela un plan.

Nous devons exercer des pressions de toutes parts. De la Maison Blanche à la chambre législative, nous devons peser de toute l’influence à notre disposition.

Nous devons nous assurer d’avoir l’aide de nos partenaires commerciaux américains et leur faire comprendre que ce problème ne touche pas que le Canada. L’Europe abolit ses frontières et ses barrières tarifaires. Toute l’Amérique du Nord sortira perdante si nous n’unissons pas nos efforts pour lutter contre le protectionnisme et une frontière qui devient de plus en plus étanche.

Nous ne pouvons pas nous attaquer à ces difficultés sans leadership fédéral. Un gouvernement libéral assurera ce leadership.

***

Tout ce que nous faisons doit s’intégrer dans une stratégie de croissance globale.

Nous allons travailler avec les provinces et les territoires pour investir dans nos étudiants, nos professeurs et nos chercheurs.

Nous allons travailler avec les grands leaders canadiens. Nous allons nous battre pour eux. Nous allons leur ouvrir de nouveaux marchés à l’étranger pour qu’ils créent plus d’emplois au pays.

Des provinces atlantiques au Québec, du nord de l’Ontario à la Colombie-Britannique, nous allons aider notre secteur forestier à mieux transformer le bois.

Souvenez-vous : Stephen Harper a annulé un plan d’aide pour l’industrie forestière de 1,5 milliard de dollars adopté par le précédent gouvernement libéral.

Nous, nous étions prêts à offrir des garanties de prêts et à aider les entreprises à se moderniser. Stephen Harper a tout annulé sans rien proposer d’autre.

Nous ne pouvons plus nous permettre tant d’erreurs. Nous méritons mieux.

Si nous misons sur l’entrepreneuriat canadien, sur la technologie canadienne et sur le savoir-faire canadien,

Si nous misons sur les gens et les collectivités,

Et si nous allons là où est la croissance,

Alors, nous pourrons viser mieux qu’une simple reprise. Nous pourrons propulser le Canada vers l’avenir, vers un avenir meilleur.

Mais, tout cela dépend de bonnes politiques pour assurer la croissance et de ce qui est fait pour apaiser les craintes des Canadiens à propos de l’avenir.

Les gens d’un bout à l’autre du Canada se remettent encore de l’effondrement boursier de l’an dernier. Les Canadiens veulent avoir l’assurance que ce qui est arrivé à leurs régimes de retraite, à leurs économies et à leurs investissements ne se reproduira plus.

Le Canada accueillera les membres du G-8 à Huntsville l’an prochain. Nous pouvons profiter de cette occasion pour proposer de nouvelles réglementations afin de stabiliser les marchés financiers mondiaux.

Un gouvernement libéral fera en sorte de passer du G-8 au G-20 pour inclure de nouveaux partenaires importants, et nous offrirons d’organiser et de financer l’établissement d’un siège permanent du G-20 au Canada.

C’est ça le leadership canadien. C’est ce qui manque depuis quatre ans.

Au pays, nous maintiendrons nos taux d’imposition à un niveau concurrentiel.

En juin, M. Harper a déclaré : « Nous n’augmenterons pas les charges sociales. »

Puis, il y a quelques semaines, il a annoncé une augmentation des cotisations sociales de 13 milliards de dollars.

John McCallum, notre porte-parole libéral en matière de finances, a posé une question simple à laquelle les conservateurs pouvaient répondre par oui ou par non : la hausse des cotisations à l’assurance-emploi de M. Harper est-elle une augmentation d’impôts ?

La secrétaire parlementaire du ministre des Finances s’est levée et a répondu « non ».

Disons la vérité aux Canadiens.

Nous devons parler sérieusement des mesures à prendre au sujet des cotisations à l’assurance-emploi et du moment où les prendre. Mais, au lieu de cela, les conservateurs augmenter un impôt sans admettre que c’est ce qu’ils font.

Il est impossible d’avoir un débat honnête avec un gouvernement qui ne procède que par manigances.

Tout cela m’amène à faire une distinction fondamentale entre Stephen Harper et le Parti libéral.

En juillet dernier, après le sommet du G-8 en Italie, M. Harper a accordé une entrevue au quotidien The Globe and Mail, dans laquelle il a déclaré, je cite :

« Je crois qu’aucun impôt, quel qu’il soit, n’est bon. »

Pensez-y un instant.

C’est une déclaration renversante pour un Premier ministre.

Nous payons des impôts, M. Harper, afin que les enfants nés prématurément puissent recevoir des soins à leur naissance, afin que des policiers soient présents pour assurer la sécurité de nos quartiers sûrs, afin que nous ayons des enseignants qui donnent une bonne instruction à nos enfants.

Nous payons des impôts, M. Harper, parce que nous faisons tous partie d’une même société.

Cela nous coûte quelque chose, mais c’est ce qui fait du Canada ce qu’il est : un pays où nous nous préoccupons du bien-être de tous.

Mais Stephen Harper ne voit pas les choses de cette façon.

Stephen Harper croit qu’aucun impôt n’est bon parce qu’il pense que le seul bon gouvernement qui soit est un gouvernement qui ne gouverne pas du tout.

Les libéraux ne sont pas d’accord.

Nous ne croyons pas à un gouvernement envahissant, mais nous croyons à un bon gouvernement. Si nous abandonnons l’idée d’avoir un bon gouvernement comme M. Harper l’a fait, alors nous cesserons d’exister en tant que grand peuple qui partage un grand pays ; et les libéraux ne laisseront jamais une telle chose se produire.

Voilà la différence entre nous et eux.

Voilà la différence entre Stephen Harper et moi.

M. Harper a une idéologie du passé. Une idéologie qui méprise quiconque considère que le gouvernement peut faire de bonnes choses.

C’est une idéologie qui s’est volatilisée le jour où Lehman Brothers a déclaré faillite il y a un an.

Quand Wall Street s’est effondré, même les plus fervents partisans du libre marché se sont tournés vers le gouvernement pour qu’il sauve le libre marché.

La dernière année a démontré la valeur du gouvernement en tant qu’organe pouvant se porter garant des risques en dernier recours dans un système capitaliste.

La dernière année a anéanti l’idéologie de Stephen Harper.

Les libéraux croient à un bon gouvernement. Les Canadiens croient à un bon gouvernement.

La croissance est impossible sans un bon gouvernement. Mais la croissance n’est pas une fin en soi. Les Canadiens veulent que leur économie connaisse de nouveau la croissance afin que nous puissions être la société juste et solidaire à laquelle nous aspirons.

Et, disons-le franchement, nous ne sommes ni aussi justes ni aussi solidaires que nous pourrions l’être. Nous avons encore des promesses à tenir.

La semaine dernière à Ottawa, j’ai rencontré un homme qui souffre de la maladie de Lou Gehrig. C’est une maladie neurodégénérative, terrible et incurable.

Sa femme l’accompagnait et ils m’ont dit qu’avec le système d’assurance-emploi, elle n’avait droit qu’à six semaines de congé pour prendre soin de l’homme qu’elle aime.

Six semaines de congé afin de prendre soin de quelqu’un.

Est-ce le mieux que le Canada puisse offrir ?

Nous devons simplement reprendre nos forces et relancer la croissance de notre économie pour tenir nos promesses envers les gens qui, comme cette femme qui souhaite prendre soin de son mari, sont des citoyens exemplaires.

Une récession ne doit pas nous rendre insensibles. Cela ne doit pas diviser le Canada en deux, entre riches et pauvres.

Parmi les trente pays les plus riches du monde, nous avons le septième plus gros  produit intérieur brut par habitant.

Mais où croyez-vous que nous nous classions sur le plan de la pauvreté ? Au dix-neuvième rang.

Sur le plan la mortalité infantile ? Au vingt-quatrième rang.

C’est ça dont je parle quand je dis : « Nous méritons mieux ».

Un gouvernement libéral veillera à la croissance de notre économie pour que nous puissions investir dans les services de garde d’enfants et d’éducation préscolaire à l’échelle nationale, pour tous les enfants canadiens.

Un gouvernement libéral veillera à la croissance de notre économie pour que nous puissions améliorer notre système de soins de santé, en proposant une stratégie nationale pour la promotion de la santé.

Et pour que nous puissions aider nos aînés à vieillir dans la dignité, nous garantirons des retraites et nous verserons un meilleur supplément de revenu garanti.

Voilà pourquoi nous devons relancer la croissance économique.

Pour que chaque Canadien autochtone reçoive la meilleure éducation possible et non pas une éducation de second rang.

Pour que chaque nouveau citoyen canadien ait les moyens de bâtir son avenir et de servir notre pays.

Et pour que chaque agriculteur puisse gagner sa vie correctement et léguer sa ferme à ses enfants.

Nous voulons un Canada où les politiques agricoles trouvent leur origine à la ferme et non à Ottawa.

Où les artistes aient l’appui et le respect qu’ils méritent.

Où un droit humain tel que « à travail égal, salaire égal » soit défendu.

Nous pouvons tenir ces promesses.

Nous pouvons rétablir notre confiance dans notre gouvernement et en nous-mêmes.

À l’approche du 150e anniversaire de notre pays en 2017, nous pouvons bâtir un Canada prospère, solidaire, fier de ses réalisations, prêt à entrer dans le monde et à y prendre toute sa place.

Nous méritons mieux et nous ferons mieux.

Je vous remercie.

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