Le texte prononcé fait foi.
Ottawa, Ontario
Merci.
Je suis heureux de me retrouver avec vous cette année.
Chaque fois que je me présente ici, votre rassemblement paraît de plus en plus important. C’est tout à l’honneur de Bob Blakely et de son équipe. Félicitations.
Croyez-moi, lorsqu’on se tient debout à cette tribune et qu’on vous voit réunis dans cette salle, on mesure toute la force du mouvement ouvrier canadien. Nous la sentons également sur la Colline parlementaire.
Nous avons besoin d’un mouvement ouvrier fort et c’est ce que nous avons. Je tiens à vous remercier car ce sont les hommes et les femmes de métier comme vous qui construisent littéralement notre pays.
Le thème de votre semaine est « Prenons nos affaires en main : pour gagner dans l’économie d’aujourd’hui ».
Vous portez là un message que nous aussi, nous avons clairement entendu à Montréal il y a quelques mois lors de notre conférence Les 150 ans du Canada.
Le premier jour de la conférence, nous avons entendu une communication de Rick Miner, ancien président du collège Seneca de Toronto. Il nous a parlé du paradoxe du chômage et des pénuries de main-d’œuvre — de la question des « emplois sans employés » et des « gens sans emploi ».
En 2017, lorsque le Canada célébrera son 150e anniversaire, on y comptera 750 000 postes non pourvus, faute de travailleurs qualifiés. On comptera aussi un million de travailleurs non qualifiés qui n’ont pas d’emploi.
Et nous savons quelles sont les réponses à ces problèmes : la formation et la mobilité.
Nous devons offrir la formation voulue et les compétences appropriées là où on en a le plus besoin. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter une situation où, par exemple, on manquerait de main-d’œuvre qualifiée en Alberta alors que des travailleurs qualifiés sont sans emploi dans d’autres provinces.
Ce problème ne concerne pas seulement les syndicats ouvriers ou les employeurs. Il concerne l’ensemble de notre économie et tous les pouvoirs publics.
Mobilité de la main-d’œuvre. Développement des compétences. Ce sont des défis pancanadiens qui commandent des solutions pancanadiennes. Et une solution pancanadienne commence avec un Premier ministre qui comprend son rôle : réunir les décideurs, élaborer des objectifs communs et créer un espace pour qu’on puisse travailler ensemble dans le respect de chacun.
Nous devons travailler ensemble pour améliorer la mobilité des travailleurs canadiens. Je vous ai entendu exprimer ce point de vue et j’y souscris.
Nous devons faciliter la tâche aux travailleurs qualifiés qui veulent aller là où il y a des emplois et là où nous avons besoin d’eux.
Il faut que le gouvernement fédéral réunisse les parties intéressées — les travailleurs, le secteur privé, les provinces et les territoires — et trouve le moyen d’améliorer la mobilité de la main-d’œuvre au pays afin que nos gens puissent trouver les emplois qu’il leur faut et nos entreprises, les travailleurs dont ils ont besoin.
Je suis venu vous dire qu’un gouvernement libéral agira en ce sens.
Mais la situation suscite un défi encore plus grand que vous avez également cerné — le défi d’assurer que nos gens possèdent les compétences nécessaires pour décrocher les emplois de l’avenir.
L’apprentissage constitue donc la grande priorité de mon parti, et l’apprentissage nous est essentiel pour répondre au défi de la main-d’œuvre.
Une stratégie d’apprentissage pancanadienne sera un élément central de notre prochain programme politique.
Nous prendrons des mesures pour que toutes les familles qui le désirent puissent profiter de services d’apprentissage préscolaire et de garde d’enfants.
Nous comblerons le retard dont souffrent les Autochtones en ce qui a trait à l’accès aux études et à la réussite scolaire.
La lutte contre l’analphabétisme constituera pour nous une priorité nationale.
Nous investirons dans la formation linguistique des néo-Canadiens.
Et nous aiderons les familles à assumer les coûts de l’éducation supérieure ou de la formation professionnelle.
Voilà comment nous aiderons nos gens à acquérir les compétences dont ils ont besoin pour occuper les emplois de demain.
Les syndicats fournissent une excellente formation : je l’ai moi-même constaté chez les charpentiers, chez les électriciens. Ces gens font un excellent travail, un travail exigeant aussi. Je ne serais pas certain d’avoir les compétences voulues.
Nous devons nous inspirer de votre exemple et investir dans nos jeunes — et nos collèges. Vous le comprenez mieux que quiconque. Des établissements de qualité comme le collège Humber, dans ma circonscription, forment actuellement la prochaine génération de travailleurs qualifiés, les gens dont nous avons besoin pour que le Canada demeure fort.
Nous devons soutenir ces étudiants. Nous devons soutenir ces collèges. Nous devons créer de nouvelles places dans les programmes où l’on forme la prochaine génération d’ouvriers en électricité, d’ingénieurs des opérations et d’ouvriers en bâtiment. Et, sous un gouvernement libéral, nous y veillerons.
Nous savons aussi, vous et moi, qu’il ne s’agit pas tout simplement de créer de nouvelles places dans ces programmes de formation. Les étudiants participants doivent avoir la possibilité d’apprendre en utilisant un équipement de niveau professionnel —des soudeuses à arc sous flux et des grues, par exemple — pour être fin prêts à intégrer le marché du travail lorsqu’ils termineront leurs études.
Le Canada a déjà profité d’un programme que nous avions mis sur pied pour aider les collèges à se doter d’un tel équipement. Ce programme qui avait été instauré par l’ancien gouvernement libéral dans le budget de 2005 s’appelait le Fonds d’infrastructure des centres de formation.
Et qu’en ont fait les conservateurs ? Ils l’ont aboli et c’était une mauvaise décision. Vous l’avez vous-mêmes déclaré, et je suis d’accord avec vous.
Je vous ai entendu soulever un autre point : que le gouvernement fédéral doit exercer un leadership en vue d’établir des règles normalisées concernant les entrepreneurs et sous-traitants. Le gouvernement fédéral devrait réviser les règles relatives aux contrats fédéraux afin que nous nous assurions que les sous-traitants soient payés par les gens qui les embauchent.
Vous le savez fort bien : il s’agit là d’un problème que nous avons trop longtemps ignoré et je souscris à votre point de vue.
Je soulèverai un dernier point, celui des retraites. Puisque vous êtes dans le feu de l’action, vous n’ignorez pas que nous sommes déjà en pleine crise des retraites au Canada.
Un tiers des Canadiens n’épargnent pas suffisamment en vue de la retraite pour maintenir leur niveau de vie. Un autre tiers de nos gens n’ont rien économisé pour leurs vieux jours, au delà de ce qu’ils recevront du gouvernement.
Et trop souvent, comme nous l’avons vu au cours de la dernière année, le revenu de retraite sur lequel des Canadiens pensaient pouvoir compter ne leur est pas versé lorsqu’ils en ont le plus besoin.
Nous avons sommé le gouvernement de mieux protéger les retraites et l’épargne-retraite. Nous avons proposé la création d’un Régime supplémentaire de pensions du Canada et d’une agence chargée des fonds de retraite orphelins, ainsi que des modifications à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité pour protéger les retraités touchant des prestations d’invalidité de longue durée.
Dans le budget de l’an dernier, les conservateurs ont promis qu’ils agiraient. Plus récemment, ils ont promis de lancer des consultations — dans le budget de cette année.
Ce n’est plus le temps de discuter. C’est maintenant qu’il faut agir. Et mon parti vous appuie dans la lutte pour préserver les retraites des travailleurs canadiens.
Tels sont les choix que nous ferons. Voici de quoi aura l’air l’alternative libérale. Et nous présenterons aux Canadiens lors de la prochaine campagne électorale un ensemble de politiques qui concrétiseront ces priorités — les priorités que nous partageons, vous et moi.
Nous le savons, les conservateurs ont fait un choix différent. Ils n’investissent pas dans l’apprentissage et l’innovation, pas plus qu’ils n’investissent dans les retraites et les soins de santé ou encore dans le leadership canadien.
Comprenez-moi bien — les conservateurs dépensent beaucoup d’argent. Mais ils le font sans vision. Ils le font sans ambition pour le pays et seulement par ambition personnelle.
Ils nous ont encombrés d’un déficit de 56 milliards de dollars et nous n’avons rien eu en contrepartie.
On nous a offert un demi-leadership au double du prix.
À compter de l’an prochain, Stephen Harper promet des coupures sévères à nos services publics mais ne dit pas en quoi elles consisteront.
En outre, il augmente de 13 milliards de dollars les prélèvements sur les salaires, une mesure qui nous coûtera plus de 200 000 emplois.
Et voici le plus beau de l’affaire : alors que nous sommes embourbés dans un déficit de 56 milliards de dollars, que notre population vieillit et que nous souffrons d’une pénurie de compétences, il s’empresse d’accorder d’autres réductions d’impôt aux entreprises.
Eh bien, moi, je vous dis qu’actuellement, notre pays n’en a pas les moyens. Et des raisons, j’en ai 56 milliards bien comptées.
Un gouvernement libéral ferait un choix différent.
Nous gèlerions l’impôt des entreprises au niveau actuel parce que notre taux d’impôt est déjà compétitif : le taux canadien est le plus bas du G7 et est inférieur de 25 % à celui des États-Unis.
Mais savez-vous pourquoi il en est ainsi ? Parce que Jean Chrétien avait réduit l’impôt des entreprises et Paul Martin en a fait autant. Si notre taux d’impôt des entreprises est compétitif, c’est parce que les libéraux ont géré avec prudence — et nous sommes fiers de cette réussite.
Mais soyons clairs : nous réduirons à nouveau l’impôt des entreprises… mais pas avant que le pays n’en ait les moyens.
Entre-temps, notre programme nous permettra de dégager des milliards de dollars pour réduire le déficit et procéder à des investissements qui préparent notre avenir.
Les Canadiens font face à un choix clair.
D’un côté, le gouvernement conservateur qui fonce aveuglément avec des baisses d’impôt pour les grandes entreprises, alors que nous n’avons pas les moyens de les payer.
De l’autre, l’alternative que représente le Parti libéral du Canada.
Nous, nous allons geler les impôts des entreprises. Ils sont déjà parmi les plus bas au monde. Nous ne les baisserons pas davantage, tant que nous n’aurons pas équilibré le budget et fait les investissements nécessaires pour l’avenir du Canada.
Canadians will have a clear choice at the next election.
On one hand, we have a Conservative government that’s rushing blindly ahead with tax cuts for corporations we can’t afford.
On the other hand, we’re offering an alternative.
We’ll freeze corporate taxes where they are, and we won’t cut them again until we’ve balanced the budget and made necessary investments in Canada’s future.
Selon nous, notre choix est celui d’un gouvernement responsable. Nous croyons qu’il s’agit du bon choix pour notre avenir. Et le Parti libéral du Canada aura toujours, toujours foi en cet avenir — un avenir digne de notre grand pays et des rêves que nous nourrissons pour nos enfants.
Je vous remercie.



