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Discours au Parti libéral du Canada (Colombie-Britannique)

Publié le 21 Novembre 2009
ignatieff

Le texte prononcé fait foi.

Bonsoir, mes amis libéraux !

Merci, Hedy. Et merci à tout le caucus de la Colombie-Britannique : Hedy, Sukh, Ujjal, Joyce, Keith.

Je tiens à remercier notre équipe de préparation aux campagnes, nos sénateurs et la direction du Parti libéral du Canada en Colombie-Britannique, grâce auxquels nous sommes aussi dynamiques dans cette province.

Je remercie également les candidats formidables que nous attirons des quatre coins de la province. Des talents en or. Merci, Ross.

Enfin, je remercie Mae Brown, une légende du Parti libéral, qui est ici présente ce soir. À l’âge de 90 ans, elle est toujours aussi forte.

Cela fait plaisir de revenir à Whistler et d’être ici avec vous. Merci pour votre loyauté et votre attachement au parti.

Vous êtes ici, je suis ici parce que nous croyons à notre parti. À ses traditions, à son avenir, à ses responsabilités envers nos concitoyens.

Les Canadiens ont besoin de nous. Nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser tomber.

Je suis prêt à lutter pour les Canadiens, et vous l’êtes aussi. Et ensemble, nous gagnerons, pour les Canadiens.

Notre tâche consiste à offrir un choix clair face à Stephen Harper.

La civilité et un but commun au lieu du cynisme et de la division.

L’idéalisme au lieu de l’opportunisme.

L’espoir au lieu de la peur.

Être à l’écoute des Canadiens et apprendre d’eux, au lieu de les manipuler.

Leur dire la vérité, au lieu de leur raconter des fables.

Offrir aux Canadiens un grand projet d’avenir uni et confiant, à un moment où notre avenir semble incertain.

Nous ne sommes pas seulement en récession, nous vivons une restructuration fondamentale de l’économie mondiale.

Le Canada doit trouver sa place dans un monde nouveau, où les combustibles fossiles sont chers, où le carbone a un prix, où les moteurs de notre économie sont les ressources et la propriété intellectuelles et où les marchés en croissance sont en Chine et en Inde, et non plus seulement aux États-Unis.

Les Canadiens sont prêts à accepter ce nouveau monde. Et vous pouvez le voir ici, en Colombie-Britannique.

Mais les Canadiens veulent un gouvernement qui prépare l’avenir, plutôt que de ne penser qu’à sa réélection.

Un gouvernement qui fasse ce que seuls les bons gouvernements peuvent faire, c’est-à-dire unir les Canadiens autour d’objectifs communs : créer les emplois de demain, protéger les retraites et assurer des soins de santé à tous.

Un gouvernement qui soit tout aussi compétent, créatif, compatissant et courageux que les Canadiens.

Un gouvernement libéral.

Au lieu de cela, nous avons Stephen Harper. Il ne croit pas du tout au gouvernement. Ça fait une grosse différence.

Oh, pour aimer le pouvoir, il aime le pouvoir. Il aime la politique.

Avec lui, tout tourne autour de la politique. Je le sais, je suis à douze pieds de lui à la Chambre des communes.

Compatissez. Ressentez ma douleur.

Stephen Harper est assoiffé de pouvoir mais il ne croit pas au pouvoir constructif du gouvernement, celui de construire un Canada plus fort.

Non, pas du tout. Mais nous, nous y croyons.

Voilà quatre ans que M. Harper est au pouvoir, et vous savez pourquoi on se souviendra de lui ? Vous savez ce qu’il nous laisse à long terme ? Ses attaques par annonces interposées.

Sa politique hargneuse incessante.

Le cabinet de Stephen Harper donne aux députés conservateurs la directive d’envoyer aux frais des contribuables des milliers de dépliants accusant les libéraux d’antisémitisme.

Irwin Cotler, antisémite ? Anita Neville, antisémite ? Allons donc !

Stephen Harper aime mieux diviser les gens que d’établir un consensus contre l’antisémitisme, contre le terrorisme et contre la haine.

Et tout cela pour gagner des voix.

C’est indigne de la fonction de Premier ministre. Et cela doit cesser.

Mais le plus troublant est le scandale des tortures de détenus afghans.

Les conservateurs ont été informés de ces faits des dizaines de fois par leurs propres fonctionnaires.

Ils ont d’abord fermé les yeux. Puis ils ont tenté d’étouffer l’affaire.

Et lorsqu’ils ont vu que cela ne marchait pas, ils ont fait ce qu’ils font le mieux : ternir la réputation d’un courageux fonctionnaire qui a tiré la sonnette d’alarme.

Même si cela n’avait pas de conséquences pour le Canada sur l’échiquier mondial, ce serait déjà assez grave.

Le gouvernement Harper a terni notre réputation à l’étranger.

Nos militaires méritent mieux que cela. Ils méritent mieux que la tromperie et les cachotteries. Ils ne sont pas allés à l’autre bout du monde pour cautionner de telles tactiques. Ce n’est pas la manière canadienne de faire les choses.

Ces incidents regrettables nous rappellent pourquoi nous sommes ici. Quatre ans de cela, c’est déjà assez terrible. Encore quatre ans de cela, c’est tout simplement impensable. Nous sommes les seuls à pouvoir arrêter Stephen Harper. Et nous le devons.

Quatre ans d’économie à la Harper ont fait passer le pays de l’excédent au déficit, de la croissance à la stagnation.

Le plan de stimulation économique était censé créer des emplois et préparer le Canada pour les possibilités de l’avenir.

Au lieu de cela, le gouvernement fait de l’entretien de routine dans les édifices fédéraux, et il appelle ça de la stimulation économique.

Il remplace les poignées des portes d’un édifice fédéral, il installe de grosses pancartes bleues et il distribue de gros chèques avec dessus, le logo du Parti conservateur. Ce n’est pas de l’investissement, c’est de la publicité.

Citons un autre exemple. La Canada Line.

Jean Chrétien et Paul Martin ont investi dans la Canada Line.

Les conservateurs ont dépensé l’argent des contribuables pour couvrir le Sky Train de bleu partisan. Pour eux, c’est ça, un investissement : de la publicité. Ce n’est pas comme ça que nous voyons les choses.

Ils ont dépensé dix fois plus pour promouvoir leur Plan d’action pour leur réélection que pour sensibiliser les gens à la grippe H1N1.

L’argent de la relance n’est pas affecté là où le taux de chômage est élevé.

Il ne va pas résoudre le problème du chômage chez les jeunes, qui n’a jamais été aussi élevé en une génération.

Il n’est pas affecté aux régions qui vivent de l’industrie forestière et qui ont le plus besoin d’aide.

Cet argent est affecté explicitement aux circonscriptions conservatrices.

Les Canadiens voulaient un plan de relance économique. Ce que nous avons eu est un plan de réélection des conservateurs. Nous méritons mieux que cela.

Et cette politique mesquine coûte très cher. Le déficit est passé de zéro à 32 milliards de dollars, puis à 50 milliards, et maintenant à 56 milliards de dollars.

Un million et demi de Canadiens sont au chômage, alors que Stephen Harper dépense plus que tout autre gouvernement ait jamais dépensé.

Avec Stephen Harper, on a une moitié de leadership pour le double du prix.

Nous sommes conscients de la nécessité de certaines dépenses qui entraînent un déficit durant une récession. Toutefois, avoir un déficit signifie emprunter de l’argent à nos enfants. Et nous sommes d’avis que lorsqu’on emprunte des milliards à ses enfants, on a intérêt à avoir de bonnes raisons.

Les faveurs du Parti conservateur ne suffisent pas. Après quatre ans, le gouvernement actuel n’émet que des chèques sans fonds.

Posez-vous la question : en quatre ans, qu’est ce que Harper a fait concrètement ?

Il avait promis de ne pas imposer les fiducies de revenu, or il l’a fait.

Il avait promis de ne pas augmenter les charges sociales, il l’a fait.

Il avait promis de ne pas nommer de sénateurs, il l’a fait, il en a même nommé 27 en une seule année. C’est un record.

Il avait promis ne pas créer de déficit, or il a créé le déficit le plus important que le Canada ait jamais eu.

Stephen Harper prétend partout être un homme de principes qui sait établir les priorités.

Mais il n’y a aucune promesse qu’il ne reniera pas pour rester au pouvoir.

Les Canadiens nous demandent ce que nous ferions différemment. Nos priorités sont claires :

Rechercher de nouveaux marchés.

Créer des emplois verts.

Défendre les technologies canadiennes.

Préserver le système de soins de santé et les retraites.

Investir dans l’éducation afin que chaque enfant, chaque nouveau Canadien, chaque Canadien autochtone ait de bonnes chances dans la vie, peu importe son lieu de résidence au pays.

Les autres pays préparent l’avenir. Ils investissent aujourd’hui pour créer les emplois de demain. Ils investissent pour développer le savoir et le savoir-faire de leurs citoyens.

Les autres pays ne se croisent pas les bras. Mais Stephen Harper, oui. Notre avenir est compromis. Les choses n’ont pas à se passer ainsi.

Les Canadiens ne veulent pas que cela se passe ainsi. Et les libéraux ne le permettront pas.

Aux États-Unis, le président Obama investit dans l’énergie propre et la recherche six fois plus par habitant que les conservateurs.

Actuellement, le Canada investit moins par habitant dans les énergies renouvelables que l’État de l’Alaska.

Donc, en ce qui concerne l’énergie propre, Stephen Harper se classe non seulement derrière Barack Obama, mais aussi derrière Sarah Palin.

Nous ne sommes qu’à trois semaines du sommet de l’ONU sur les changements climatiques qui se déroulera à Copenhague.

Et la position de Stephen Harper dans ces négociations est de « dire tout simplement non ».

Les conservateurs vont se rendre à Copenhague et n’auront rien à dire. Absolument rien.

Ce n’est pas du leadership.

Notre parti est prêt à prendre l’initiative sur le front de l’environnement. Nous sommes prêts à protéger nos forêts boréales, nos bassins hydrographiques, nos lacs et nos cours d’eau, nos habitats marins fragiles, prêts à faire ce que les conservateurs n’ont pas fait en quatre ans : instituer un système de quotas et d’échange de droits d’émission pour réduire nos émissions de carbone.

Citons également un autre secteur où nous devons avoir un esprit d’initiative : l’économie numérique.

Il y a dix ans, nous avions le meilleur programme au monde de développement des services en ligne.

En 1997, nous avons été le premier pays du monde à connecter toutes nos écoles à l’Internet.

Aujourd’hui, nous occupons le vingt-huitième rang parmi les trente principales économies au niveau de la rapidité et du coût de l’Internet à large bande. Vingt huitième. Seuls le Mexique et la Pologne font pire.

Nous devons connecter toutes les collectivités rurales, isolés et nordiques du pays afin de créer des possibilités dans chaque région.

Si Stephen Harper ne veut pas le faire, nous le ferons.

Harper prend aussi la mauvaise voie quant à la délinquance. Il nous mène vers le Sud, vers un système judiciaire qui se veut dur mais qui est bête, un système où l’on pense que les longues peines suffiront à protéger nos collectivités.

Les États-Unis ont déjà essayé cela. Ils ont envoyé deux millions et demi d’Américains en prison : c’est plus de quatre fois la population de Vancouver. Et cela n’a pas marché.

Nous avons été en faveur de peines plus strictes, au gouvernement comme dans l’opposition. Mais nous devons aussi offrir aux jeunes quelque chose dont ils puissent avoir envie de faire partie, quelque chose qui ne soit pas un gang, et leur donner un endroit où aller qui ne soit pas la rue.

Il faut faire comprendre aux jeunes que s’ils violent la loi, ils seront punis, mais que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les empêcher dès le départ de prendre le chemin de la délinquance.

Et cela ne veut pas dire que nous sommes indulgents envers la délinquance. C’est notre parti qui s’est attaqué aux pédophiles dans les années 90. Nous nous sommes attaqués au crime organisé. Nous avons modernisé le système de justice pénale des mineurs. Et nous sommes fiers de faire équipe avec nos policiers en faveur du contrôle des armes à feu.

Les policiers consultent le registre des armes à feu neuf mille fois par jour, et son coût annuel est inférieur à ce que les conservateurs ont consacré à leurs publicités partisanes au cours des trois derniers mois.

Et si on enregistre les voitures, les hypothèques et les chiens, pourquoi, diable, ne devrait-on pas enregistrer les armes à feu aussi ?

Nous ferons en sorte que le registre fonctionne pour tous les Canadiens. Nous collaborerons avec les habitants des régions rurales pour l’améliorer, pour faciliter son utilisation. Mais nous n’abandonnerons pas nos policiers, nous n’abandonnerons pas le contrôle des armes à feu et nous ne permettrons pas à Stephen Harper d’abolir le registre des armes à feu.

Le programme de Stephen Harper n’est pas un mystère. Il veut que notre gouvernement fédéral soit un spectateur, pas un bâtisseur de pays. Il veut bâtir des prisons, pas des garderies.  Il veut que notre voix dans le monde ne soit qu’un écho.

Nous, les libéraux, pensons que le gouvernement doit être un bâtisseur de pays, et nous avons déjà le bilan pour le prouver : le régime d’assurance-maladie, le Régime de pensions du Canada, la Charte des droits et libertés, le bilinguisme et le multiculturalisme officiels et les finances publiques les mieux gérées du monde.

Nous avons éveillé ce qu’il y avait de mieux en chaque citoyen et ensemble, nous avons bâti le pays que nous aimons. Et nous n’allons pas permettre à Harper de le détruire !

C’est la raison pour laquelle j’ai frappé aux portes pour Lester « Mike » Pearson. C’est la raison pour laquelle j’ai organisé la campagne de M. Trudeau.

Parce que je fais de la politique pour la même raison que vous : pour renouveler une grande tradition, pour défendre les valeurs libérales, pour servir notre pays et pour mener le Canada vers ses plus beaux jours.

Nous sommes des gens sérieux. Si on nous demande de faire quelque chose de difficile, nous ne laissons jamais tomber.

C’est ce que j’ai appris lorsque j’étais journaliste dans les années 90 en Bosnie, au Rwanda, en Afghanistan.

Partout où j’ai voyagé, dans les régions en guerre, j’ai vu nos Casques bleus, nos diplomates et nos travailleurs humanitaire faire honneur à notre pays.

Ils représentent le Canada, qui donne l’exemple dans le monde en matière de paix, d’ordre et de bonne conduite des affaires publiques. Mais ils ont besoin d’un gouvernement qui ait la volonté, le cran tout libéral de bien les appuyer.

Le monde a besoin du meilleur Canada. Parce que dans un monde ravagé par les conflits, linguistiques, ethniques et religieux, nous sommes une lueur d’espoir. Et nous avons besoin d’un gouvernement qui nous fasse briller de nouveau.

Voilà le leadership que seuls les libéraux peuvent offrir.

Avoir du leadership, c’est voir grand de nouveau. C’est redonner de l’ambition au Canada.

Les Jeux olympiques de Vancouver montrent ce que notre pays peut faire lorsqu’il a de l’ambition.

Mais après les Jeux ? Quel but commun pouvons-nous offrir pour inspirer à notre pays l’ambition d’être le meilleur ?

En 2017, ce sera le 150e anniversaire de notre fédération. Nous avons rendez-vous avec notre destin et il faut nous y préparer dès maintenant.

C’est notre parti qui doit préparer cet anniversaire. C’est notre parti qui doit définir les objectifs nationaux que nous voulons atteindre.

Nous devons nous fixer comme objectif d’être la société la plus instruite, la plus équilibrée, la plus verte et la plus internationale au monde.

Ce sont des objectifs dignes d’un grand peuple, dignes d’un grand parti. Ce sont des objectifs que nous pouvons atteindre ensemble.

Mettons-nous au travail pour donner au Canada le leadership qu’il mérite.

Je vous remercie.

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