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Discours

Discours d’acceptation de la direction du Parti libéral du Canada

Publié le 2 Mai 2009
ignatieff

Vancouver, Colombie-Britannique

Chers Canadiens, Chers libéraux.

Merci, Bob.

Merci, Dominic.

Merci Mona et Yasmine.

Merci à tous.

Trois mille libéraux réunis au même endroit, c’est quelque chose.

Nous avons intérêt à commencer. La partie débute à 18 heures, et n’oubliez pas, nous sommes tous des Canucks ce soir !

Vous me faites un grand honneur.

Je ferai tout, je donnerai tout pour vous et pour le Canada.

Vous me faites un grand honneur, mais vous me donnez une grande responsabilité. Je vais essayer d’être digne de votre confiance. Je vais tout donner pour ce travail.

Nous sommes à Vancouver en tant que parti uni. Uni dans ses convictions et dans la certitude que c’est notre tour.

L’unité de notre parti est visible sur vos visages, pleins d’espoir et de bonne humeur.

L’unité est visible dans notre diversité.

Nous sommes le parti des francophones et des anglophones, des gens des régions et des gens des grandes villes, des néo-Canadiens et des Canadiens d’origine, tous ensemble.

Tous les Canadiens sont représentés ici : les citadins et les ruraux, ceux de l’Est et ceux de l’Ouest, ceux du Nord et ceux du Sud, les hommes et les femmes qui travaillent à la ferme, ou en usine, les grandes villes, les petits villages, les régions éloignées du merveilleux pays qui est le nôtre.

Notre parti a toujours uni et rassemblé les Canadiens.

Notre parti est une grande tente dans laquelle tout le monde se sent accueilli et tout le monde est entendu.

Si vous nous regardez et si vous n’avez pas encore adhéré à un parti politique, faites-le. Soyez des nôtres. Vous serez accueillis à bras ouverts.

Vous tous, que vous soyez ici ou chez vous, je vous invite à vous joindre à nous. J’ai besoin de vous. Le Canada a besoin de vous.

Nous sommes ici pour recentrer nos efforts sur la tâche principale de notre parti : offrir à nos concitoyens une vision qui les rassemble et qui nous laisse tous entrevoir des jours meilleurs.

Notre cause, c’est notre pays.

Nous savons que le Canada, ce n’est pas seulement dix provinces, trois territoires et cinq régions.

C’est plus qu’un mélange d’ethnicités.

Nous sommes plus que la somme de nos parties.

Nous ne sommes pas deux solitudes.

Nous sommes un grand peuple.

Vivant ensemble depuis toujours et pour toujours.

Et la vocation de notre parti est de renforcer la colonne vertébrale de notre citoyenneté et d’ancrer les valeurs canadiennes dont nous sommes si fiers dans le monde.

Nous nous rassemblons à un moment difficile pour notre pays.

Il y a des Canadiens qui nous regardent et qui ne savent même pas s’ils retrouveront du travail un jour.

Des Canadiens qui craignent de perdre l’épargne qu’ils ont mis de côté pour leur retraite.

Des Canadiens qui craignent qu’il n’y ait plus d’espoir pour leur concessionnaire automobile, leur petite entreprise, leur ferme familiale.

Nous devons leur dire ceci :

Nous partageons vos craintes.

Dans l’opposition, nous luttons pour vous protéger.

Si nous formons le gouvernement, nous vous apporterons la prospérité.

La récession actuelle secoue le monde entier.

Mais nous ferons face à ses défis avec notre courage de Canadiens. Nous transformerons la crise en opportunité.

Chers amis, je suis certain que, si nous offrons un message d’espoir et de générosité à nos concitoyens, ils nous choisiront comme prochain gouvernement du Canada.

Si c’est le cas, tous nos efforts seront concentrés sur une tâche. Unir de nouveau les Canadiens.

Pour leur permettre de sentir à quel point ils sont forts lorsque lorsqu’ils travaillent ensemble.

La voie de la prospérité est longue, mais nous la connaissons.

C’est la manière canadienne.

Les libéraux connaissent la manière canadienne.

Nous savons que la relance économique ne peut se faire aux dépends du bien être des citoyens.

Nous savons que la reprise économique ne se fera que si nous tirons le meilleur parti de la créativité de chaque citoyen.

C’est ça, la manière canadienne.

La manière canadienne, c’est la solidarité sociale et l’inclusion de tous.

Pour unir le peuple canadien, pour traiter chacun de façon juste, en cette période de crise, nous avons besoin de critères nationaux d’admissibilité à l’assurance-emploi.

Mais ce n’est que le début

Une stratégie de relance doit être une stratégie d’apprentissage.

Il faut investir dans les Canadiens pour créer les emplois de demain.

Le gouvernement ne peut pas prédire où les opportunités économiques de l’avenir seront créées.

Mais le gouvernement peut préparer nos concitoyens à saisir ces possibilités lorsqu’elles se présenteront.

Nous devons créer une société où l’apprentissage est un mode de vie et se fait tout au long d’une vie.

Une société instruite – qui privilégie les connaissances de chacun et non pas qui l’on connait.

Une société du savoir, où la connaissance crée l’espoir et l’opportunité.

Une société du savoir – où chaque enfant a les mêmes chances au départ grâce à un apprentissage et une garde de qualité.

Où les femmes reçoivent un salaire égal pour leur travail de la même valeur.

Une société où les jeunes qui ont de bonnes notes peuvent faire des études dans les meilleures universités du monde.

Cela signifie que chaque enfant autochtone doit avoir accès à une éducation de classe mondiale et non pas de seconde classe.

Et qu’aucun Canadien ne doit être confronté aux barrières de l’analphabétisme.

Qu’aucun Canadien handicapé ne fait face à des obstacles qui l’ empêche de réaliser son plein potentiel.

Un Canada où chaque chômeur a droit à une nouvelle formation.

Un Canada où tous les immigrants peuvent travailler et réaliser leurs ambitions, comme mon père l’a fait.

Un Canada où les chercheurs, les scientifiques sont soutenus plutôt qu’abandonnés par leur gouvernement.

Un Canada où chaque créateur, artiste et cinéaste sait que son gouvernement fédéral fera tout pour qu’il réussisse sur la scène internationale.

Un Canada où l’espoir et les opportunités s’installent de nouveau dans nos communautés agricoles, nos petites villes, nos régions éloignées et celles du Nord.

La voie pour sortir de cette récession est difficile, mais la direction est claire.

Dans une salle de réunion, une salle de conférence ou une salle de concert, partout où un Canadien montre à quelqu’un d’autre comment faire une chose qu’il croyait impossible, il faut un gouvernement qui voit loin et qui est là pour fournir les ressources qui aideront chacun à réaliser son plein potentiel.

J’ai vu ce que l’instruction peut faire dans la circonscription que j’ai l’honneur de représenter, Etobicoke-Lakeshore.

Six étudiants du collège Humber ont décidé, dans le cadre d’un projet scolaire, de communiquer avec les astronautes de la station spatiale internationale. Ils ont demandé de l’argent, ils en ont emprunté, ils se sont usés au travail pendant des mois et lorsqu’ils ont réussi à parler aux astronautes qui évoluaient dans l’espace, l’étonnement se voyait sur le visage de ces jeunes Canadiens.
Ils se sont étonnés eux-mêmes. Ils ont fait quelque chose qu’ils croyaient impossible.

Si vous me demandez ce que je veux pour le Canada, eh bien voilà : je veux que nous nous étonnions nous-mêmes. Que nous dépassions nos propres attentes. Que nous étonnions le monde.

Je sais que nous pouvons réaliser tous nos rêves. Mais il y a une condition. Notre formation professionnelle doit être la meilleure au monde, nos chercheurs doivent être les meilleurs au monde.

Si nous réalisons cet objectif, les technologies vertes nécessaires pour notre planète seront inventées ici au Canada.

C’est ce qui se passe à l’université de Victoria, dans le programme Vénus et Neptune. C’est le seul endroit au monde où des scientifiques placent des capteurs sur le fond océanique pour cartographier les mouvements sismiques et les variations de la température des océans. Le pays qui est le chef de file de l’océanographie aujourd’hui sera le leader de la création d’emplois verts demain.

Ce que nous avons appris ici, au pays, nous pouvons le transmettre au monde.

Dans les années 90, j’ai couvert les guerres ethniques au Rwanda, en Bosnie et en Afghanistan. J’ai travaillé dans des pays déchirés par la haine.

J’ai vécu le déchirement des nations et je suis revenu au Canada convaincu que notre unité nationale vaut tout l’effort que nous y consacrons.

Lorsque je suis revenu au pays, j’ai compris que dans un monde ravagé par la haine, notre pays demeurait un phare pour les autres.

C’est l’objectif moral de notre pays : transmettre la tolérance, le pluralisme et l’esprit citoyen à un monde tourmenté.

Nous respectons nos différences. Nous acceptons nos identités diverses. Nous n’imposons pas un patriotisme singulier. Nous laissons la liberté d’appartenance à nos citoyens. Soyez Québécois et Canadien, soyez les deux dans l’ordre qui vous semble bon. Ça c’est le génie du Canada. C’est notre exemple pour le monde.

La manière canadienne est la manière du monde entier.

Cela, je l’ai appris quand j’étais journaliste dans l’ancienne Yougoslavie.

Je venais de traverser la frontière à un poste gardé par deux casques bleus canadiens lorsque j’ai été arrêté par un groupe de paramilitaires et jeté dans une camionnette. Ils brandissaient des armes et s’apprêtaient à démarrer lorsqu’une main est passée par la fenêtre, a retiré la clé du contact et une voix canadienne a dit : nous allons faire les choses à ma manière.

Ce casque bleu de Moncton, au Nouveau-Brunswick a fait les choses à la manière canadienne.

La manière canadienne n’est pas la voie de la facilité.

Vous nous demandez d’accomplir une tâche difficile. Nous ne vous laisserons pas tomber. Un Canadien ne vous laissera jamais tomber.

Nous sommes de bons alliés, de bons voisins et de bons amis.

Nous sommes des gens sérieux. Nous préservons la paix, et s’il n’y a pas de paix à préserver, nous luttons pour notre liberté et la vôtre.

Nous avons combattu à Vimy, à Juno Beach et dans les déserts de Kandahar.

Nous sommes des gens compétents, courageux, collaborateurs, et créatifs.

Il nous faut un gouvernement aussi compétent, courageux, créatif et collaborateur que les Canadiens. Ils ne méritent rien de moins.

On peut sentir un profond désir de changement balayer tout le pays.

Un désir de voir une nouvelle politique qui remplace le mépris et les vérités déformées par la civilité et un but commun.

Un désir d’être les meneurs et non pas les suiveurs dans le monde.

Un désir de sortir de cette crise plus compétitifs que jamais.

Un désir d’être le peuple le plus audacieux et le plus entreprenant du monde.

Notre tâche dans l’opposition est d’inscrire cette volonté dans un programme d’action.

Notre tâche au gouvernement sera de faire de ce programme une réalité.

Nous le pouvons, mais pour cela, j’ai besoin de votre aide.

Je veux m’adresser directement à l’homme qui empêche ce changement de se produire.

Je veux m’adresser directement à Stephen Harper.

Monsieur Harper, depuis trois ans, vous montez les provinces, les groupes, les régions et les gens les uns contre les autres.

Lorsque votre pouvoir était menacé en novembre dernier, vous avez déclenché une crise de l’unité nationale et vous avez sauvé votre peau uniquement en suspendant les travaux du Parlement.

M. Harper, vous ne comprenez pas le Canada. Vous ne comprenez pas qu’un Premier ministre est là pour unifier le pays, non pas pour diviser. Monsieur Harper, vous manquez à votre devoir.

Vous n’avez pas compris qu’un Premier ministre n’a qu’une mission : celle d’unir les Canadiens.

M. Harper, vous avez échoué.

Si nous ne pouvez pas unir les Canadiens, si vous ne pouvez pas faire vibrer ce qu’il y a de plus positif chez les Canadiens, nous le pouvons.

Nous, les libéraux, pouvons bâtir un fédéralisme fondé sur la collaboration, et non pas sur la confrontation.

Nous pouvons faire de la politique autrement, avec civilité mais en appelant les choses par leur nom.

Nous pouvons faire de nos concitoyens les gens les plus instruits et les plus entreprenants de la planète.

Nous le pouvons.

Oui, nous pouvons faire ça.

D’ici à 2017, l’année où notre pays fêtera son cent cinquantième anniversaire, osons rêver, mais osons aussi agir.

Nous allons rêver ensemble, et oui, nous allons agir ensemble.

Revenons à la manière canadienne.

À notre façon à nous de faire les choses.

Nous sommes plus que l’ensemble de nos éléments, et nous avons droit à un gouvernement qui nous fait sentir que nous sommes un grand peuple, et rien de moins.

Un grand peuple avec un grand avenir.

Et pour un grand peuple qui est doté d’un grand leadership, rien n’est impossible.

Je vous remercie.

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