
Le Premier ministre Stephen Harper s’éloigne des autres chefs d’État sur une autre question mondiale en rejetant le plaidoyer du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, qui propose de faire des changements climatiques l’un des principaux thèmes à l’ordre du jour de la rencontre du G8/G20. C’est ce qu’ont dit aujourd’hui les députés libéraux.
« Le secrétaire général est venu nous livrer un message au nom d’un nombre important de leaders mondiaux : le climat doit être au cœur des priorités de la rencontre du G8/G20, a déclaré le porte-parole responsable des affaires étrangères, Bob Rae. Mais le Premier ministre s’y oppose carrément. Stephen Harper est en train d’isoler le Canada sur une question mondiale que nous ne pouvons nous permettre de négliger. L’environnement constitue un enjeu économique trop important pour être laissé en plan. »
Le Premier ministre se sert de l’économie comme excuse pour ne pas parler des changements climatiques aux sommets des dirigeants du monde qui auront lieu fin juin au Canada. Son porte-parole, Dimitri Soudas, a déclaré que les changements climatiques ne seraient discutés « qu’en marge » des sommets. Pour la première fois, aucune réunion des ministres de l’Environnement ne se tiendra avant le G8.
« Pourquoi Stephen Harper refuse-t-il de voir le lien entre l’environnement et l’économie? a demandé David McGuinty, le porte-parole libéral responsable de l’environnement et de l’énergie. En manquant de leadership dans la lutte contre les changements climatiques, le Canada passe à côté d’une nouvelle génération d’emplois dans le secteur de l’énergie propre qui sont le résultat de la construction d’une économie efficace en énergie. »
Le refus de M. Harper de répondre à cette priorité mondiale survient après que la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, eut exprimé ses préoccupations sur le fait que les droits en matière de reproduction doivent faire partie de toute initiative réussie en matière de santé maternelle. Lors d’une réunion hier, le secrétaire général et le chef libéral, Michael Ignatieff, ont convenu que le soutien aux services de santé génésique était nécessaire pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement.
« Le Premier ministre Harper empoisonne nos relations internationales en introduisant son programme politique national dans les enjeux mondiaux, a déclaré M. Rae. En supprimant les droits liés à la procréation de son initiative sur la santé maternelle pour faire plaisir à l’aile droite qui forme la base de son parti, il n’incite guère les autres pays à appuyer sa proposition. Et maintenant, il rompt le consensus mondial sur les changements climatiques pour imposer son idéologie personnelle. »
Le Canada est le seul pays du G8 qui ne s’est pas engagé à verser une aide financière aux fins de l’adaptation aux changements climatiques dans les pays vulnérables, comme le prévoit l’Accord de Copenhague. M. Ignatieff partage les préoccupations du secrétaire général, qui a déclaré, d’une part, que le Canada devait avoir plus de leadership à l’égard de cette question et, d’autre part, qu’il souhaitait que le Canada verse sa juste part des fonds.
Une motion libérale adoptée par la Chambre des communes le mois dernier exhortait le gouvernement à verser sa juste part des nouveaux capitaux accordés aux pays en développement pour les aider à adapter leur industrie, et à éliminer graduellement les subventions inutiles aux sociétés qui exploitent les combustibles fossiles.



