
Le Premier ministre Stephen Harper doit présenter des excuses pour avoir utilisé l’une de ses sénatrices afin de tyranniser et d’intimider les organisations de développement international pour leur faire suivre la ligne des conservateurs sur l’avortement.
« Envoyer la sénatrice conservatrice Nancy Ruth menacer et faire chanter les organismes d’aide internationale du Canada demeure l’exemple le plus extrême de la façon fourbe et intolérante dont le Premier ministre agit », a déclaré Anita Neville, la porte-parole libérale responsable de la condition féminine.
« La sénatrice Ruth doit s’excuser de son langage grossier, et le Premier ministre Harper doit cesser d’intimider les groupes canadiens voués au développement international, qui ne cherchent qu’à aider les gens pauvres et défavorisés de ce monde. C’est vraiment scandaleux. »
Environ 80 défenseurs du développement international se sont rencontrés sur la Colline du Parlement aujourd’hui pour exprimer leur inquiétude relativement à la façon dont est acheminée l’aide étrangère du Canada, surtout depuis que Stephen Harper a confirmé que son gouvernement ne financerait plus les programmes ayant trait aux droits liés à la procréation.
Certains médias ont rapporté qu’à cette rencontre, Mme Ruth aurait dit aux personnes qui étaient présentes de « se fermer la gueule au sujet de la question », ce qui n’a pas manqué de choquer et d’estomaquer tout le monde. « Si vous insistez, il y aura des conséquences », a déclaré Mme Ruth.
Mme Neville a ajouté que la sénatrice et le Premier ministre avaient manifestement dépassé les bornes en tentant de faire taire ceux qui étaient en désaccord avec leur gouvernement.
« Il est tout à fait légitime que les gens qui travaillent avec notre communauté internationale soient très préoccupés par l’approche rétrograde adoptée par ce gouvernement en ce qui concerne la santé maternelle, a-t-elle déclaré. Ils affirment que l’efficacité de leurs initiatives de développement est minée, et il règne un climat « glacial » au sein des organismes d’aide étrangère, les défenseurs de l’aide internationale n’osant pas dire ce qu’ils pensent de peur de voir le gouvernement sabrer les fonds consacrés à cette aide. »
« Et maintenant, le Premier ministre compte sur ses sénateurs pour accomplir son sale boulot. C’est tout à fait inacceptable. M. Harper doit donner à tous les Canadiens l’assurance non équivoque qu’aucunes représailles ne seront exercées contre les groupes qui ne souscrivent pas à sa position idéologique sur les droits liés à la reproduction. Il doit aussi clairement indiquer qu’il ne tolérera ni les menaces ni le chantage de la part des membres de son caucus ou de qui que ce soit d’autre. »



