
Le porte-parole libéral responsable de l’infrastructure, Gerard Kennedy, a dit aujourd’hui que le ministre des Transports John Baird enfreignait ses propres règles en n’exigeant aucun suivi ni aucun compte rendu public des projets financés par les 12 milliards de dollars prévus pour l’infrastructure.
« M. Baird a tort quand il dit que surveiller les dépenses de son ministère ne fait pas partie de son travail, a dit M. Kennedy. Il a lui même fixé les règles qui lui imposent justement de s’assurer que chaque dollar des impôts des Canadiens est dépensé comme il faut et pour les bons projets. »
En effet, les directives du ministère sur la reddition de comptes et l’intérêt public pour les fonds de stimulation réservés à l’infrastructure stipulent que les bénéficiaires de financements publics doivent soumettre des rapports trimestriels sur la progression de chaque projet. Pourtant, cette semaine, M. Baird a dit que surveiller les dépenses publiques en faveur des infrastructures n’était pas le rôle du gouvernement.
« Le ministre Baird a déjà mis en place un scénario qui mènera au pire résultat, a ajouté M. Kennedy. Il a retardé les fonds pendant des mois pour pouvoir fixer les règles et choisir les projets lui-même, mais on voit très clairement aujourd’hui que cela donne moins de transparence, et que les Canadiens en ont moins pour leur argent, pas plus. »
Les municipalités, les universités et bien d’autres organismes ont de sérieux problèmes à cause des délais causés par les appels d’offres tardifs, les réponses incomplètes aux appels d’offres et dans certains cas, la hausse des prix. Aux dernières nouvelles, au moins 73 000 travailleurs de la construction étaient sans emploi, attendant que les crédits pour l’infrastructure arrivent et que les projets d’infrastructure puissent être mis en chantier.
En janvier dernier, les municipalités ont demandé que la moitié des fonds promis leur soient versés au moyen du remboursement de la taxe sur l’essence afin qu’elles puissent démarrer les chantiers à temps pour la saison des travaux. Le Parlement a approuvé cette demande en mars, mais M. Baird a refusé en disant que cette méthode, qui a pourtant fait la preuve de son efficacité et de sa transparence, revenait à « signer un chèque en blanc ».
« Le ministre Baird ne peut pas se défiler maintenant parce que ça l’avantage, politiquement parlant, et dire qu’il ne sait pas pourquoi ses projets ne se réalisent pas, a conclu M. Kennedy. Si le programme qu’il a créé ne fonctionne pas, c’est à M. Baird de le modifier. En tant que ministre, il est responsable de chaque dollar dépensé. Il doit s’assurer que les projets sont menés correctement, à un prix juste, et qu’ils créent les emplois et l’activité économique attendus. »



