
Après une prorogation qui a duré trois mois, les conservateurs viennent de présenter un long discours du Trône qui a peu de contenu, a dit aujourd’hui Michael Ignatieff.
« Les conservateurs ont eu besoin de fermer le Parlement pendant trois mois pour ça ? a demandé M. Ignatieff. Ils avaient promis aux Canadiens de privilégier les emplois et l’innovation, mais tout ce que nous avons, c’est du réchauffé et du vide. »
Les libéraux ont proposé des mesures précises : des incitations à l’embauche de jeunes travailleurs, un soutien accru aux manufacturiers pour accroître leur productivité et créer des emplois du même coup, et des incitatifs fiscaux à l’investissement dans les entreprises en démarrage.
« Le discours du Trône offre des platitudes sur les entraves à la croissance des petites entreprises, mais la seule mesure concrète présentée par les conservateurs est une augmentation de 13 milliards de dollars des contributions à l’assurance-emploi, mesure qui va tuer l’emploi », a ajouté M. Ignatieff.
L’an dernier, les conservateurs ont promis de créer 190 000 emplois. À présent, le discours du Trône prétend que l’économie a permis de créer 135 000 emplois nets depuis juillet 2009, mais cela remonte seulement au plus fort de la récession. Cela ne tient pas compte du fait que plus de 300 000 personnes ont perdu leur emploi depuis octobre 2008.
« Ce qui compte, c’est ce qui n’est pas dans le discours du Trône, a renchéri le chef libéral. Aucune mesure précise visant à créer des emplois. Aucun investissement précis dans la recherche et le développement. Rien de nouveau sur le front de l’énergie propre. Rien sur les pensions de retraite. Rien sur la culture. Rien non plus pour aider nos anciens combattants contre le syndrome de stress post-traumatique. »
Les conservateurs n’ont aucune crédibilité en ce qui concerne l’innovation, car ils ont :
• coupé de 148 millions de dollars le dernier budget des conseils de recherche du Canada;
• laissé le Canada dégringoler du deuxième au dixième rang sur le plan de la connectivité Internet;
• ont laissé diminuer les investissements du Canada dans la recherche et le développement en proportion du PIB depuis 2005;
• laissé devenir caducs 160 millions de dollars de dépenses approuvées pour l’Agence spatiale canadienne –dépenses qui auraient pu appuyer l’innovation dans le secteur de l’aérospatiale, qui compte pour 24 milliards de dollars dans notre économie;
• ont aboli le poste de conseiller national des sciences;
• laissé le Canada se classer au 14e rang sur 17 pays comparables en ce qui concerne l’innovation.
« Les conservateurs ont beaucoup de choses à rattraper. Nous allons attendre de voir si le budget a quelque chose de plus substantiel à offrir », a conclu M. Ignatieff.



