
Les tentatives des conservateurs de Stephen Harper de bâillonner un diplomate canadien à cause de son témoignage qui évoque le mauvais traitement de prisonniers afghan donnent du poids à la motion libérale demandant aux parlementaires d’examiner cette question en comité, ont dit des députés libéraux aujourd’hui.
« Le gouvernement entrave la justice lorsqu’il ne collabore pas avec la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire, qui demande de pouvoir écouter le témoignage du diplomate canadien Richard Colvin, a dit le porte-parole libéral responsable de la défense, Ujjal Dosanjh. À cause de l’obstruction du gouvernement, l’enquête de la commission est suspendue et ne pourra pas reprendre avant six mois au moins. »
« Au début du mois, j’ai demandé que le Comité permanent de la défense nationale examine lui-même cette question à cause du refus du gouvernement de collaborer avec la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire. Vu la suspension de cette enquête, c’est le seul moyen qui nous reste pour découvrir la vérité. »
En 2006, M. Colvin a fait part au gouvernement de violences commises envers des prisonniers et il a même parlé directement à des prisonniers qui prétendaient avoir été victimes de torture, mais pendant toute une année le Premier ministre et ses ministres ont nié être au courant des allégations et ont catégoriquement refusé de revoir l’accord de transfert de prisonniers avec le gouvernement afghan.
Bob Rae, porte-parole libéral responsable des affaires étrangères, a affirmé que les parlementaires devaient faire enquête sur les tentatives du gouvernement de miner le travail de la commission et de cacher leur incompétence dans ce dossier.
« Si le gouvernement ne veut pas être honnête devant la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire, il incombe donc au parlementaires de mener une enquête pour qu’il rende des comptes », a recommandé M. Rae.
« Nous devons maintenant examiner pourquoi le gouvernement a attendu un an pour admettre qu’il y avait un problème. M. Harper a attendu que les médias en parlent et qu’on lui pose des questions à la Chambre des communes avant d’agir, même s’il savait depuis un an que ce problème existait. »
M. Dosanjh a signalé que cette dernière nouvelle montre aussi pourquoi le gouvernement tenait tant à restreindre la portée de l’enquête de la Commission : il voulait cacher aux Canadiens qui savait quoi, quand, où et comment.
« Il nous faut des réponses. Un comité de parlementaires doit examiner cette question. Le gouvernement Harper a mis trop long



