
Un rapport publié aujourd’hui, qui fait le lien entre les inégalités sociales et économiques et la disparition ou le meurtre de près de 600 femmes autochtones, devrait être un coup de semonce pour Stephen Harper, qui a jusqu’ici ignoré les demandes d’enquête et mis au rebut l’Accord de Kelowna qui se serait attaqué à un grand nombre de ces inégalités. C’est ce que les députés libéraux ont déclaré aujourd’hui.
« Nous avons un gouvernement qui traite les Autochtones comme des citoyens de seconde zone, d’abord en coupant des programmes sociaux importants qui figuraient dans l’Accord de Kelowna, puis en refusant d’ouvrir une enquête approfondie sur les disparitions de femmes et de jeunes filles autochtones », a déclaré Anita Neville, la porte-parole libérale responsable de la condition féminine.
« Nous avons maintes fois demandé au gouvernement de prendre des mesures pour améliorer les conditions de vie des Canadiens autochtones, et d’ouvrir une enquête sur les disparitions et les assassinats de femmes et de jeunes filles autochtones, a ajouté Todd Russell, le porte-parole libéral responsable des affaires autochtones. Mais nos appels, ainsi que ceux des Premières Nations, sont tombés dans l’oreille d’un sourd. »
Le dernier rapport de l’Association des femmes autochtones du Canada, What Their Stories Tell Us (« Ce que leurs récits nous révèlent »), dit qu’en date du 31 mars, plus de 582 femmes et filles autochtones avaient disparues ou avaient été assassinées au Canada depuis 1970. C’est une augmentation de 60 cas signalés par rapport à l’an dernier.
Le rapport, qui met également en évidence les inégalités socio-économiques entre les femmes autochtones et les femmes non autochtones, révèle aussi que les femmes autochtones sont, proportionnellement, beaucoup plus nombreuses à subir des violences.
L’Accord de Kelowna des libéraux cherchait à améliorer les conditions socio-économiques des Autochtones du Canada en réduisant l’écart dans l’éducation, le développement des compétences, les soins de santé, le logement, l’accès à l’eau potable et l’emploi.
« Partout au pays, des femmes et des jeunes filles autochtones disparaissent à un rythme alarmant, et dans de nombreux cas, leur disparition n’est même pas déclarée, a ajouté M. Russell. Le gouvernement du Manitoba a pris l’initiative l’an dernier en coordonnant une enquête provinciale. Mais la traite des êtres humains dépasse les frontières provinciales et territoriales. Le leadership du gouvernement fédéral est donc nécessaire si on veut aller à la source de ce grave problème. »
En mai dernier, l’opposition libérale a demandé au gouvernement Harper d’ouvrir une enquête publique financée par le gouvernement sur les raisons pour lesquelles le nombre de femmes et de jeunes filles autochtones disparues ou assassinées est si élevé. L’été dernier, le gouvernement du Manitoba a mis sur pied un groupe de travail pour examiner les affaires concernant des femmes disparues ou assassinées dans la province.
« Cette semaine est la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels, et le gouvernement Harper n’a même pas fait mention des femmes et des jeunes filles autochtones victimes de ces crimes, a conclu Mme Neville. Pour un gouvernement qui prétend avoir une approche dure en matière de crime, la justice pour ces femmes est inaccessible. »



