À l’heure où les dirigeants du monde se réunissent à l’ONU, les libéraux appellent le gouvernement conservateur à l’action en vue de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et de respecter l’engagement pris précédemment à cet égard par le Canada cette semaine.
« Si nous voulons vraiment mériter le siège que nous cherchons à obtenir au Conseil de sécurité des Nations Unies, nous devons débloquer le budget de l’aide internationale et assumer nos responsabilités en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a déclaré le porte-parole libéral responsable de la Coopération internationale, Glen Pearson. Les conservateurs doivent également tendre à nouveau la main à l’Afrique et tenir la promesse faite par Paul Martin en 2005, lorsqu’il s’est engagé à réaliser ces objectifs fondamentaux. »
« Le Premier ministre ne fait les choses qu’à moitié s’il refuse de débloquer le budget de l’aide internationale et de porter à nouveau assistance à l’Afrique », a ajouté ce matin la députée libérale, Carolyn Bennett, au cours d’une conférence de presse. « Avec un budget ainsi bloqué, est-ce que le gouvernement coupe son aide afin de contribuer au Fonds mondial? Comment Stephen Harper peut-il, devant les pays pauvres représentés à l’ONU, prétendre que nous tenons nos promesses ? »
En 2002, le gouvernement Chrétien s’est engagé à doubler l’aide internationale en dix ans. En 2005, le gouvernement Martin s’est engagé à doubler l’aide réservée à la lutte contre la pauvreté dans les pays d’Afrique subsaharienne, dans le but de réaliser un des OMD, soit « Éradiquer l’extrême pauvreté ». Cet élan a été brutalement arrêté cette année quand les conservateurs, dans leur budget, ont mis un frein aux contributions du Canada aux OMD.
Lors du G8, en refusant de financer la planification familiale multiforme et d’inspirer d’autres pays à prendre les engagements que l’on espérait, le gouvernement n’a pas contribué à « Réduire la mortalité maternelle », un des OMD.
« Nous demandons au gouvernement de débloquer immédiatement le budget de l’aide internationale du Canada et de soutenir le financement international de tous les services de planification familiale et de santé génésique qui sont essentiels si l’on veut assurer la santé maternelle », a déclaré la députée libérale Lise Zarac.
Depuis que le Premier ministre a brillé par son absence à la conférence de 2006 sur le sida, dont le Canada était pourtant l’hôte, le gouvernement n’a montré que du dédain envers les recherches et les travaux concernant cette maladie. Il n’a pas inscrit le VIH/sida à l’agenda du G8/G20 et, au départ, s’est désintéressé du Fonds mondial, l’institution internationale qui joue un rôle essentiel pour réaliser un autre OMD, soit d’ « Assurer à tous ceux qui en ont besoin l’accès aux traitements contre le VIH/sida ». À l’heure actuelle, le Fonds mondial attend que le gouvernement s’engage à renouveler le financement accordé par le Canada.
« Nous demandons instamment au Premier ministre de tenir cet engagement aujourd’hui, à New York, et d’accorder au Fonds mondial, comme il l’a demandé, le financement accru de 30 % dont cet organisme a besoin. Mais cela ne dois pas se faire au détriment des autres Objectifs du Millénaire pour le développement, comme l’aide humanitaire ou la durabilité de l’environnement », a déclaré Mme Bennett.
Le dossier des conservateurs est à son niveau le plus bas lorsqu’il est question de l’OMD d’ « Assurer la durabilité de l’environnement », dont les politiques du gouvernement ont eu comme résultat que le Canada s’est vu décerner le prix du Fossile de l’année lors de la Conférence sur les changements climatiques de Copenhague en 2009.
« Les Canadiens sont certainement plus enclins à financer une collaboration internationale visant à éradiquer la pauvreté que la construction de nouvelles prisons ou l’achat, sans appel d’offres, d’avions de chasse, a souligné Mme Zarac. Imaginez ce que juste 1 milliard $ de l’argent réservé à ces projets pourrait apporter à des femmes et des enfants qui en ont cruellement besoin. »
« Les libéraux restaureront le financement équitable des ONG internationales du Canada et des autres groupes dont l’action a été gravement perturbée par le gouvernement, et leur accorderont à nouveau le respect qui leur est dû, a conclu M. Pearson. Nous demandons aussi instamment au gouvernement de remplir les engagements du Canada vis-à-vis le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida et de prendre au sérieux nos engagements environnementaux. »



