Les députés libéraux demandent à tous les Canadiens de ne pas juger d’avance le cas de Suaad Hagi Mohamud sur des éléments de preuve partiels et biaisés du gouvernement.
« Le gouvernement a fait beaucoup d’efforts pour donner une mauvaise image de Mme Mohamud, a dit Dan McTeague, porte-parole libéral responsable des affaires consulaires. Nous ne les laisserons pas faire la même erreur deux fois ni refuser à Mme Mohamud une chance de se défendre avant de juger à la hâte. »
Hier, le gouvernement a fourni des documents au tribunal en appui à sa défense. Mme Mohamud poursuit le gouvernement en justice suite à la façon dont elle a été traitée par les agents du consulat canadien au Kenya. Les documents remis laissent entendre que Mme Mohamud n’a pas répondu clairement à toutes les questions qui lui ont été posées.
Le député de Mme Mohamud, Joe Volpe, a noté que les ministres conservateurs Peter Van Loan et Lawrence Cannon n’avaient répondu à aucune de ses lettres à ce sujet, et qu’ils n’avaient toujours pas publié le premier rapport de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) qui concluait que Mme Mohamud avait usurpé son identité.
« Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de publier le premier rapport de l’ASFC ? a demandé M. Volpe. Au lieu de cela, les ministres Van Loan et Cannon laissent transpirer certaines informations triées avec soin pour ternir la réputation d’une citoyenne. N’oublions pas qu’ils avaient tous deux connaissance de son cas bien avant que les médias nationaux ne rapportent la nouvelle. »
En mai 2009, Mme Mohamud s’est rendue au Kenya pour rendre visite à sa mère malade. Suite à un cauchemar de trois mois au cours desquels on l’a accusée d’avoir usurpé son identité, obligée à subir une analyse d’ADN après que les agents canadiens au Kenya eurent rejeté son passeport et toutes ses autres pièces d’identité canadiennes pour finalement confirmer qu’elle disait la vérité, elle a enfin pu rentrer au Canada.
« L’analyse d’ADN a prouvé que Mme Mohamud était bien qui elle disait être, a ajouté M. McTeague. Le gouvernement ne devrait pas prendre trois mois pour vérifier l’identité d’un citoyen canadien. Le plus grave ici est que Mme Mohamud a été privée de sa citoyenneté par son propre pays, et qu’il a fallu trois mois pour corriger cette erreur. Cela établit un dangereux précédent pour les Canadiens qui voyagent à l’étranger. »
« Ne pas se rappeler le nom du lac Ontario ne fait pas de vous un criminel, a conclu M. McTeague. Rappelons-nous, il y a quelques années, le ministre du Commerce international lui-même avait oublié dans quelle direction coulait la rivière Niagara. »



