Les libéraux ont exprimé leur déception aujourd’hui, après que les conservateurs et le Bloc québécois eurent « vidé de sa substance » le projet de loi C-442, qui vise à ériger grâce à des fonds publics un monument national de l’Holocauste dans la capitale nationale d’ici trois ans.
« Les conservateurs avaient dit à tous les Canadiens, dans leur discours du Trône, qu’ils étaient favorables à cette initiative, a noté Joe Volpe, le porte-parole libérale responsable des transports. Au lieu de cela, ils ont attendu que le projet de loi atteigne l’étape du comité pour le réécrire complètement, en dissociant totalement le gouvernement du monument », a-t-il poursuivi.
En outre, le projet de loi C-442 est une version restreinte du projet de loi C-547, présenté lors de la 39e législature par l’ancienne députée libérale de Thornhill, Susan Kadis, et du projet de loi C-328, récemment présenté par la députée libérale Anita Neville. Les amendements présentés et adoptés par les conservateurs obligent un comité composé de cinq membres nommés à lever des fonds auprès de la communauté juive afin de financer le terrain, la planification, la conception, la construction, l’installation et l’entretien du monument.
Presque tous les amendements du gouvernement ont été jugé « irrecevables » par le président conservateur du comité compétent, mais les députés conservateurs ont utilisé une procédure rare pour contester la décision du président et la renverser.
« C’est une honte, a déploré M. Volpe. Le gouvernement Harper dit en substance : allez-y, débrouillez-vous pour construire un monument et une fois qu’il sera érigé, nous nous en attribuerons le mérite.
En revanche, les modifications proposées par les libéraux auraient rendu le gouvernement responsable de l’érection et de l’entretien du monument, car il leur apparaît manifeste que tous les Canadiens tiennent à commémorer les victimes de l’holocauste. De plus, le 14 mai 2010, M. Volpe a écrit au ministre Baird pour le prier de faire annuler les amendements proposés par le gouvernement et d’assurer dès maintenant et unilatéralement la construction du monument.
« La Commission de la capitale nationale (CCN) n’a pas besoin d’une loi pour faire avancer le projet et a même le pouvoir de procéder dès maintenant, a déclaré Bonnie Crombie, porte-parole libérale responsable des sociétés d’État. Si le gouvernement traitait cet important dossier avec sérieux, il informerait la CCN de l’intention de la Chambre des communes, qui a approuvé le projet de loi initial en deuxième lecture, et lui demanderait dès lors de commencer les travaux. »
« Aujourd’hui, les libéraux ont à nouveau demandé au ministre des Transports, qui est également responsable de la CCN, d’exercer son autorité pour que débutent sans tarder les travaux d’érection d’un monument national commémoratif de l’holocauste », a conclu M. Volpe.
La version modifiée du projet de loi revient devant la Chambre des communes, où l’on prévoit que le président déclarera irrecevables les modifications apportées par les conservateurs en comité, ce qui compromet les chances que le projet de loi soit
adopté.



