Les députés libéraux membres du Comité permanent de l’environnement et du développement durable de la Chambre des communes ont publié aujourd’hui leur propre rapport découlant de l’étude du comité portant sur les répercussions de l’exploitation des sables bitumineux sur les ressources hydriques du Canada.
L’étude a été lancée il y a plus de deux ans et demi après l’adoption d’une motion du député de Lac-Saint-Louis, Francis Scarpaleggia, président du caucus libéral national sur l’eau. Cette étude découle de la volonté des libéraux de mettre au point une vision nationale de l’eau pour le Canada. Le chef libéral, Michael Ignatieff, a promis qu’un gouvernement libéral élu adopterait et appliquerait une stratégie nationale de l’eau.
Selon le rapport des députés libéraux, il existe de nombreuses preuves que l’exploitation des sables bitumineux a des conséquences négatives sur le bassin hydrologique de la rivière Athabasca, malgré les opinions inchangées et maintes fois répétées de la part de l’industrie et des gouvernements, qui prétendent que la contamination perçue de la rivière provient de sources naturelles.
Les experts qui ont témoigné devant le comité ont révélé que la méthode actuelle de gestion du débit de la rivière Athabasca est le résultat d’un compromis bureaucratique plutôt que d’une politique s’appuyant sur des données scientifiques. Cette méthode de gestion de l’eau de la rivière Athabasca utilisée par l’industrie ne tient pas compte du débit antérieur de la rivière et des impacts attendus du changement climatique sur les niveaux de l’eau.
Finalement, les auteurs du rapport libéral concluent que le gouvernement fédéral a dévolu et a diminué ses responsabilités en matière de contrôle et de gestion des répercussions de l’exploitation des sables bitumineux sur les ressources hydriques. Comme l’indique le rapport des députés libéraux: « En dernière analyse, l’histoire de la relation des sables bitumineux et de l’eau est en grande partie une dénégation par les parties intéressées — le secteur privé et les gouvernements — des conséquences potentiellement négatives que l’industrie pourrait avoir sur une ressource canadienne vitale, de parcimonie et de lenteur envers le financement de la recherche sur les impacts possibles de l’industrie des sables bitumineux sur le bassin hydrologique, et de l’abdication de longue date du leadership fédéral dans un domaine — la protection des eaux poissonneuses — qui est légitimement celui d’Ottawa en vertu de la division des pouvoirs au titre de la Constitution. »
Pendant son étude, le comité a entendu les plus brillants experts du Canada dans le domaine des ressources hydriques, notamment les suivants : David Schindler, Jim Bruce, William Donahue, Mary Griffith et Alfonso Rivera. Le comité a aussi écouté des représentants de l’industrie et des Premières nations; le vice-premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, l’honorable Michael Miltenberger; ainsi que des porte-parole de groupes de défense de l’environnement, comme le Fonds mondial pour la nature, le Pembina Institute, et Ecojustice. En plus de tenir des audiences à Ottawa, le comité s’est réuni à Edmonton, à Calgary et à Fort Chipewyan, et a visité les installations de sables bitumineux de Fort McMurray.



