
Le chef libéral Michael Ignatieff conteste la décision du gouvernement Harper de fermer les prisons agricoles fédérales, et demande au Premier ministre de commander une étude indépendante de ce programme avant la fermeture définitive de ces prisons.
« Les prisons agricoles sont avantageuses pour tous les intéressés : les agriculteurs, les agents correctionnels et les détenus, a déclaré M. Ignatieff. Étant donné que nous reconnaissons que les programmes de rééducation contribuent à la prévention de la récidive, nous demandons qu’une étude soit effectuée sans tarder, en espérant que cela incitera les conservateurs à revenir sur leur décision de fermer ces prisons agricoles. »
L’an dernier, le gouvernement Harper a annoncé qu’il avait l’intention de fermer graduellement six prisons agricoles qui emploient à l’heure actuelle 300 détenus fédéraux. Le mois dernier, le Comité permanent de la sécurité publique de la Chambre des communes a demandé au gouvernement de déposer le document d’examen stratégique des prisons agricoles du Service correctionnel du Canada.
Les libéraux exhortent le gouvernement d’attendre les résultats d’une étude indépendante avant de fermer toute prison agricole. Toute décision du gouvernement en ce sens serait probablement irréversible, étant donné qu’elle entraînerait la vente des terres et de l’équipement à d’autres fins.
« Tout ce qui intéresse le gouvernement Harper, c’est d’enfermer encore plus de personnes – et pour plus longtemps – dans les super-prisons qu’il prévoit de construire, a déclaré Mark Holland, le porte-parole libéral responsable de la sécurité publique. Les conservateurs n’ont pas tenu compte du fait que les détenus qui travaillent dans des prisons agricoles acquièrent des aptitudes à la vie quotidienne et au travail qui leur sont essentielles et qui ont pour effet de réduire le risque de récidive et de favoriser la prévention du crime et la protection de nos collectivités. »
Le Canada compte six prisons agricoles, soit deux sur le territoire de la municipalité de Kingston et quatre autres se trouvant respectivement au Nouveau-Brunswick, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. L’initiative des prisons agricoles a la réputation d’être un programme de réadaptation et de formation très efficace qui contribue à la sécurité du public et à la production d’aliments à l’intention des détenus de prisons fédérales et provinciales.
M. Ignatieff demande instamment au gouvernement Harper d’attendre que le Service correctionnel du Canada fasse une évaluation transparente et indépendante du programme de prisons agricoles qui portera notamment sur les éléments suivants :
• la valeur du travail agricole effectué dans ces prisons et de la formation des détenus;
• les répercussions d’une fermeture sur les programmes de rééducation ;
• l’influence du travail agricole sur les possibilités de récidive ;
• les répercussions que la fermeture des prisons agricoles a eues sur l’agroéconomie locale ;
• l’accroissement des frais de fonctionnement des prisons qui ne pourraient plus s’approvisionner auprès des prisons agricoles.
« Les fermiers locaux reconnaissent les avantages que procurent les prisons agricoles, dont la production stimule l’économie régionale, a déclaré Wayne Easter, porte-parole libéral responsable de l’agriculture. Contrairement aux conservateurs, notre parti reconnaît l’apport de ces fermes qui donnent aux délinquants une occasion de reprendre le droit chemin et qui contribuent au dynamisme des localités où se trouvent les prisons. »



