
À l’heure où les Canadiens sont de plus en plus nombreux à réclamer que le gouvernement conservateur revienne sur sa décision d’abolir le formulaire de recensement détaillé, la porte-parole libérale responsable de l’éthique du gouvernement et de la réforme parlementaire, Mme Marlene Jennings, annonce que les libéraux seraient prêts à le rendre obligatoire.
« Si les conservateurs ne se ravisent pas, les libéraux examineront la possibilité de modifier la Loi sur les statistiques de façon à ce que le formulaire de recensement détaillé demeure en vigueur, a déclaré Mme Jennings. La décision des conservateurs a été prise en catimini et sans consultation, ce qui constitue une pratique pernicieuse car une quantité importante de données indispensables ne sera plus disponible, alors que nous savons tous que ces données sont essentielles à la prise de décisions visant à aider les Canadiens dans leurs activités quotidiennes, notamment les personnes les plus vulnérables. »
Le formulaire de recensement détaillé fédéral représente le seul moyen complet et systématique de recueillir des données sur les citoyens canadiens, comme l’origine ethnique, le niveau de scolarité et le revenu. C’est pendant une réunion secrète de leur conseil des ministres que les conservateurs de Stephen Harper ont décidé de remplacer le formulaire détaillé par une enquête facultative auprès des ménages. Une élimination du formulaire détaillé entraînera une diminution de la qualité et de la portée des données recueillies, ce qui aura des répercussions néfastes sur l’aptitude des entreprises, des autres pouvoirs publics ainsi que des organisations à élaborer des programmes et des services essentiels pour les Canadiens.
« Les municipalités, les gouvernements provinciaux, les groupes communautaires, les entreprises et d’autres organisations parviennent à élaborer des politiques adaptées dans la mesure où ils peuvent compter sur des données fiables et complètes, sans lesquelles ils seront forcés de procéder à l’aveuglette, a ajouté Mme Jennings. Ce sont d’ailleurs les personnes à qui ces intervenants viennent généralement en aide qui en souffriront le plus, à savoir les nouveaux immigrants, les familles ayant un faible revenu, les Autochtones, bref les personnes les plus vulnérables de notre société. »
Bon nombre de Canadiens qui doivent travailler avec des données de recensement complètes ont déjà manifesté leur opposition au projet d’abolition. Parmi les groupes ayant déjà exprimé leur désaccord à ce jour, mentionnons la Fédération canadienne des municipalités, les associations d’économistes d’entreprise de Toronto et du Canada, l’économiste en chef de la banque Toronto-Dominion, l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université et l’Institut canadien des urbanistes.
« Nous encourageons les chercheurs, les chefs d’entreprises et l’ensemble des Canadiens à continuer de manifester leur opposition en écrivant, par exemple, à Stephen Harper, au ministre de l’Industrie Tony Clement et aux députés conservateurs, a conclu Mme Jennings. Le ministre Clement n’a pas daigné exposer aux Canadiens les motifs de la décision de son gouvernement, ce qui serait pourtant la moindre des choses. »



