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Les libéraux sont au travail pour optimiser l’aide au développement international

Publié le 2 Février 2010
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Aujourd’hui, les libéraux accueillent à une table ronde sur le développement international sur la Colline parlementaire. Ce forum vise notamment à rétablir la réputation du Canada à l’échelle mondiale, ternie par les conservateurs de Stephen Harper.

« Sous le gouvernement Harper, le monde voit le Canada différemment, et ce n’est rien de positif », a déclaré le chef libéral, Michael Ignatieff.

« Nous avons déjà joui d’une réputation dont nous pouvions être fiers. Notre pays a fait preuve de générosité, de solidarité et de bonté envers les populations vulnérables à l’échelle mondiale. Nous devons reprendre cette place de premier plan. Non pas pour une question de fierté, mais parce que nous voulons venir en aide à nos voisins à l’échelle mondiale. C’est notre devoir. »

La table ronde d’aujourd’hui, dirigée par le porte-parole libéral responsable de la coopération internationale, Glen Pearson, et le député libéral John McKay accueilleront des responsables d’organisations non gouvernementales, des groupes voués au développement et des universitaires. 

« Le leadership et une bonne vision de l’avenir sont absolument nécessaires pour que l’aide au développement soit bien orientée, a fait savoir M. Pearson. Cette table ronde nous permettra d’entendre divers intervenants du développement et de collaborer avec eux. Ce sera aussi l’occasion de trouver des solutions viables aux difficultés qui ont entravé l’acheminement de l’aide du Canada à l’étranger. » 

La première session abordera la manière pour le Canada de développer son rôle d’aide internationale. La deuxième session touchera le sujet de l’amélioration de l’efficacité de l’aide canadienne grâce à plus de responsabilité, de transparence et par une limitation de l’interférence politique dans les partenariats entre l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et les organisations non gouvernementales (ONG).

« Il arrive trop souvent que les ONG ne soient pas tenues au courant des processus décisionnels du gouvernement, sans motifs ni explications, a expliqué M. McKay. Nous souhaitons également élaborer des mesures pour que le gouvernement soit plus responsable devant les ONG et pour établir un partenariat plus efficace. »
 

Données supplémentaires : l’Agence canadienne de développement international

• Mission –  Diriger l’effort international canadien d’aide aux personnes vivant dans la pauvreté.

 Fonction – Gérer le soutien et les ressources du Canada efficacement et de manière responsable afin d’obtenir des résultats visibles et durables et participer à l’élaboration des politiques au Canada et à l’échelle internationale, afin de permettre à l’effort canadien d’atteindre ses objectifs en matière de développement.

• Pays ciblés – Le gouvernement du Canada a décidé de concentrer 80 % de ses ressources bilatérales dans 20 pays ou programmes : la Bolivie, le Programme régional des Caraïbes, la Colombie, le Honduras, le Pérou, l’Afghanistan, le Bangladesh, l’Indonésie, le Pakistan, le Vietnam, l’Ukraine, la Cisjordanie et la bande de Gaza, l’Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Mozambique, le Sénégal, le Soudan et la Tanzanie.

• Selon l’ACDI, le gouvernement du Canada a établi ses priorités en se fondant sur les critères suivants : les besoins réels de ces pays, leur capacité à bénéficier de l’aide et leur alignement avec les initiatives de politique étrangère du Canada.

• Les objectifs d’aide comme l’éducation des femmes, la garantie des droits de propriété des femmes et l’accès à la micro-finance ont été négligés par les conservateurs de Stephen Harper.

• En 2008, les membres du Comité d’aide au développement(CAD) dépensaient en moyenne 0,47% de leur revenu national brut (RNB) dans  l’aide publique au développement (APD). Le Canada n’a dépensé que 0,32% de son RNB sur l’APD.

Données supplémentaires : Efficacité de l’aide

• Il y a présentement peu de vérification ou de transparence entre les ONG et l’ACDI : les ONG ne savent donc pas si elles doivent déposer une demande de financement à l’ACDI, car les priorités de cette dernière pourraient être modifiées à la dernière minute.

• Les ONG doivent avoir l’assurance que le gouvernement en place respectera les contrats signés. Les organisations indépendantes devraient être bel et bien indépendantes, c’est-à-dire loin de l’ingérence gouvernementale. Des organismes existant depuis des décennies qui luttent contre la pauvreté et défendent les droits de la personne ne devraient pas subir les caprices politiques du gouvernement du jour.

• L’ACDI a déjà eu la réputation d’être un coordonnateur fiable de l’aide multilatérale. Mais pour être un partenaire fiable envers d’autres pays, il faut avant tout être fiable envers ses partenaires des ONG. Le Canada doit commencer à se réengager en étant cohérent et en respectant les partenaires qui mettent en œuvre les programmes de l’ACDI.

Données supplémentaires : Citations

• Gerry Barr, président-directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale : « L’Afrique est l’épicentre de la pauvreté mondiale. Plusieurs pays de ce continent sont abandonnés en faveur de pays qui ne se portent pas aussi mal. Ce virage remet sérieusement en question le leadership du Canada en Afrique. »

• Manfred Bienefeld, responsable de l’école de politiques publiques et d’administration de l’université Carleton : « La chose la plus importante [que l’ACDI doit faire] est d’apporter une aide qui contribue à établir la cohérence sociale et politique qui est, au bout du compte, la base même du développement, plutôt que de donner une aide, comme l’ACDI le fait de plus en plus, principalement à des entreprises pour leur faciliter l’accès à des marchés. »

• Abolissons la pauvreté : « Pour le bien des contribuables comme pour celui des bénéficiaires de l’aide au développement, nous devons également veiller à ce que les dépenses affectées à l’aide soient transparentes et responsables. À l’heure actuelle, une trop grande part de l’aide du Canada n’est pas liée à la lutte contre la pauvreté. Le gouvernement fédéral devrait faire de la réduction de la pauvreté l’objectif qui guide toute dépense d’aide, conformément à nos obligations à l’égard des droits de la personne, par le biais d’une obligation contraignante adoptée par voie législative. »

• Roy Culpepper, président-directeur général de l’Institut Nord-Sud : « Malgré l’accroissement de l’aide publique au développement du Canada ces dix dernières années, en proportion de notre produit national brut (0,29 %), nous sommes encore très loin derrière l’objectif de 0,7 % de l’ONU. Nous sommes non seulement derrière les meilleurs, comme la Norvège (0,95 %) et la Suède (0,93 %), mais également derrière d’autres pays du G 8 tels que la France (0,38 %), l’Allemagne (0,37 %) et le Royaume-Uni (0,36 %), et sous la moyenne des 22 pays donateurs de l’OCDE, qui s’établit à 0,45 %. »

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