
Le chef libéral Michael Ignatieff a fait parvenir le message suivant aux députés de l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique:
Je vous écris en tant que collègues parlementaires… pour vous demander un service.
Le Premier ministre Harper adressera la parole à votre Assemblée législative demain. Nous en sommes ravis et pensons que cela représente une excellente manière de souligner l’arrivée des Jeux olympiques en Colombie-Britannique. Je tenais donc à vous féliciter à l’occasion de ce grand événement.
Ici à Ottawa, nous n’avons pas été aussi chanceux. Non seulement nous n’arrivons pas à faire entrer M. Harper dans notre Parlement ces jours-ci, mais en outre, il a pris des mesures extrêmes et a fermé le Parlement complètement.
Il a beau donner plusieurs excuses pour essayer de justifier ses mesures, nous, l’Opposition, pensons quand même que M. Harper a fermé le Parlement pour éviter de répondre à des questions gênantes concernant le bilan de son gouvernement.
Et c’est ici que j’ai ce service à vous demander. Étant donné que la Chambre des communes n’est pas en mesure de poser des questions à M. Harper, et étant donné que vous l’aurez devant vous à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, vous pourriez peut-être essayer d’obtenir des réponses de sa part. Voici les questions que nous aimerions que vous posiez à M. Harper en notre nom et au nom des centaines de milliers de Canadiens qui ont protesté et manifesté contre la prorogation :
1. Les millions de travailleurs canadiens ne peuvent pas décréter des prorogations et prendre congé de leur emploi ou de leurs obligations. Ils s’attendent à ce que les enjeux qui sont importants pour eux soient discutés, de manière démocratique, au Parlement du Canada. Alors, M. Harper, allez-vous présenter des excuses aux Canadiens pour votre décision de fermer le Parlement ?
2. Le gouvernement Harper s’est taillé une réputation pour l’intimidation et le contrôle des institutions de surveillance indépendantes qui défendent les intérêts publics, comme la Commission canadienne de sûreté nucléaire, la Commission des plaintes du public contre la GRC et la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire. Tous ces abus de pouvoir sont dangereux dans un pays démocratique. Quand M. Harper fera-t-il preuve de respect envers ces institutions, en renforçant leurs pouvoirs au lieu de s’en prendre à elles et de sapper leur travail ?
3. Le mois dernier, mon parti a proposé des mesures efficaces et à des coûts raisonnables visant à créer de nouveaux emplois bien rémunérés pour les Canadiens de tous âges et de toutes conditions. Ces mesures :
- fourniraient aux manufacturiers canadiens durement touchés par la crise des avances de fonds pour les aider à acquérir de nouveaux équipements ;
- prévoiraient des incitatifs financiers pour les entreprises qui embauchent des jeunes Canadiens, qui payent le lourd prix de la hausse du taux de chômage ;
- encourageraient les investisseurs canadiens, au moyen d’incitations fiscales, à aider financièrement les entrepreneurs canadiens et les nouvelles entreprises.
M. Harper tiendra-t-il compte de ces mesures concrètes dans son budget de mars afin de commencer immédiatement à créer des emplois pour aider les travailleurs et les entreprises du pays ?
4. Pour ce qui est de l’environnement, M. Harper a refusé de faire preuve de leadership. Il a choisi plutôt de se cacher derrière l’excuse selon laquelle il attendrait que le gouvernement américain prenne des mesures sur lesquelles il s’alignerait. Les Canadiens ne veulent pas que leur gouvernement suive des ordres dictés par Washington, ni sur l’environnement, ni sur aucun autre enjeu. M. Harper nous présentera-t-il un plan environnemental fait sur mesure par et pour le Canada, et non pas par Washington ?
Je suis conscient du fait qu’il s’agit là d’une demande difficile, mais M. Harper refuse catégoriquement de répondre aux questions qui l’embarrassent, particulièrement celles des médias ou de ses collègues élus. Mais étant donné l’exclusivité de l’occasion, vous conviendrez, j’en suis certain, que cela vaut la peine d’essayer.
Nous vous remercions du fond du cœur pour votre aide.
Bien cordialement,
Michael Ignatieff
Chef du Parti libéral du Canada



