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Rien que les faits : Le Canada est en train de devenir le paria des changements climatiques

Publié le 17 Décembre 2009
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Quand le gouvernement libéral était au pouvoir, le Canada était un chef de file international dans la lutte contre les changements climatiques. Comment le Canada est-il passé de ce statut à celui de paria international des changements climatiques en si peu de temps ? Voici comment :

Janvier 2006
. Les conservateurs sont élus. Stephen Harper devient Premier ministre. Le gouvernement Harper commence à couper ou à geler jusqu’à 6 milliards de dollars dans les programmes environnementaux, et ce dès son arrivée au pouvoir.

Mai 2006
. Le Canada devient le seul signataire du Protocole de Kyoto à renoncer publiquement à ses objectifs et à rejeter le système d’échanges de droits d’émission quand Rona Ambrose, la ministre de l’Environnement, déclare que le Canada devrait arrêter la circulation de tous les trains, de tous les avions et de toutes voitures du pays pour respecter ses objectifs.

Mai 2006. Au Parlement, les conservateurs votent contre une motion qui obligerait le Canada à honorer les engagements pris à Kyoto. La motion est adoptée.

Mai 2006. Des documents coulés confirment que les négociateurs canadiens à la Conférence des Parties à Bonn, en Allemagne, ont pour consigne de ne pas soutenir les tentatives d’autres pays de fixer de meilleurs objectifs de réduction des émissions pour l’après-Kyoto, en 2012. À la place, le Canada veut des objectifs volontaires pour remplacer les objectifs juridiquement contraignants de l’accord sur les changements climatiques.

5 octobre 2006. Rona Ambrose, la ministre de l’Environnement, affirme que le Canada ne participera pas à un marché international du carbone, et n’utilisera pas l’argent public pour acheter des crédits de carbone pour atteindre ses objectifs de Kyoto.

19 octobre 2006
. La ministre Rona Ambrose dépose le projet de Loi canadienne sur la qualité de l’air, qui définit des objectifs relatifs de réduction des gaz à effet de serre de 45-65 % par rapport à 2003 d’ici 2050.

Décembre 2006. Le Premier ministre Harper congédie Allan Amey, un conseiller spécial en environnement nommé par l’ancien gouvernement libéral pour relancer les tentatives du Canada de limiter les émissions de gaz à effet de serre, conformément au Protocole de Kyoto.

8 février 2007
. John Baird, le nouveau ministre conservateur de l’Environnement, réitère la position du gouvernement devant un comité parlementaire, en disant que le Canada ne participera pas à un marché du carbone étranger.

Mars 2007
. Un comité parlementaire spécial finit d’amender le projet de loi sur la qualité de l’air. Le nouveau texte de loi prévoit un plafond national et un système d’échange de droits d’émission doté de quotas fermes qui fixe le prix des émissions à 20 $ ou 30 $ la tonne, avec des objectifs de réduction des gaz à effet de serre conformes aux obligations du Canada aux termes du Protocole de Kyoto. Le texte de loi instaure également de nouvelles normes d’efficacité énergétique pour les automobiles. Le projet de loi est enterré quand le gouvernement Harper refuse de le présenter ainsi amendé à la Chambre des communes.

Avril 2007
. John Baird, le ministre de l’Environnement, présente Prendre le virage, le deuxième plan sur l’environnement du gouvernement Harper en six mois. Ce plan demande des réductions d’émissions de 20 % par rapport à 2006 d’ici 2020, et entre 50 et 65 % d’ici 2050. Toutes les analyses indépendantes trouvent qu’il n’y a pas, dans ce plan, les moyens nécessaires pour atteindre ses propres objectifs.

Juin 2007
. Le Premier ministre Harper appuie la proposition inattendue du président Bush d’organiser des discussions auxquelles participeront les plus grands pays émetteurs de gaz à effet de serre au monde, au sujet de stratégies à long terme pour lutter contre les changements climatiques. Le plan de M. Bush, annoncé à la veille de la conférence du G8 la même année, est perçu différemment par les dirigeants européens. Certains parmi eux considèrent la démarche de M. Bush comme une tentative de se dérober à une entente internationale réclamée par la chancelière Merkel sur de nouveaux objectifs plus fermes de réductions d’émissions de gaz à effet de serre.

Juin 2007. Le Premier ministre Harper déclare : « Le Canada a un plan ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En fait, au cours des 13 prochaines années, nos objectifs seront plus ambitieux que ceux de l’Union européenne. » Cette déclaration n’impressionne pas les dirigeants mondiaux, notamment la chancelière Merkel, qui reproche à Stephen Harper d’avoir renié l’engagement du Canada aux termes du Protocole de Kyoto.

Juin 2007. Au sommet du G8, des environnementalistes accusent le Premier ministre Harper de faciliter la tâche aux États-Unis, étant donné que le Canada se joint au président Bush pour refuser de signer des objectifs contraignants de réduction des gaz à effet de serre à moins que d’importants pays émergents tels que la Chine en fassent autant.

Septembre 2007. Le Premier ministre Harper cherche à distancier le Canada des efforts de l’ONU visant la conclusion d’une entente pour l’après-Kyoto en annonçant que le Canada acceptait l’invitation à participer à la prochaine réunion du Partenariat de l’Asie, où l’Australie, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis fixeraient leurs propres objectifs relatifs aux changements climatiques, qui ne seraient assortis d’aucun objectif contraignant ni d’aucun mécanisme d’application.

Décembre 2007
. À la conférence de Bali sur les changements climatiques, le gouvernement Harper est de nouveau accusé d’empêcher les pays signataires du Protocole de Kyoto de conclure un nouvel accord assorti d’objectifs contraignants. Le ministre de l’Environnement, John Baird, esquive les négociations clés, tandis que les négociateurs canadiens érigent des obstacles pour empêcher le reste du monde de reconnaître l’importance des objectifs contraignants.

Avril 2008. Le ministre Baird annonce que des réglementations sur les changements climatiques seront publiées fin 2008 et entreront en vigueur le 1er janvier 2010. Cet engagement est par la suite abandonné; à ce jour, pas une seule règle sur les GES n’a été adoptée par le gouvernement Harper.

Mai 2008. Le Secrétariat de l’ONU sur les changements climatiques aurait déclaré que le Canada a été informé du fait qu’il ferait l’objet d’une enquête pour avoir, semble-t-il, enfreint une exigence de déclaration en vertu du Protocole de Kyoto.

Octobre 2008. Jim Prentice devient le troisième ministre de l’Environnement en trois ans.

Décembre 2008. Le gouvernement Harper interdit à Don MacIver, directeur de la Division de recherche sur les impacts et l’adaptation du ministère fédéral de l’Environnement, d’organiser une rencontre avec des spécialistes mondiaux du réchauffement planétaire. M. MacIver est forcé de démissionner lorsque le gouvernement lui demande d’annuler une importante présentation à la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques en Pologne, où le Climate Action Network International a qualifié le Canada de pays le plus résistant aux efforts de lutte contre les changements climatiques.

Mai 2009
. Lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, le ministre conservateur de l’Environnement, Jim Prentice, annonce le troisième plan de lutte contre les changements climatiques du gouvernement Harper en trois ans. Il dit que les réglementations concernant les changements climatiques ne seront pas élaborées avant 2010 et ne pourraient ne pas entrer en vigueur avant 2016, pour coïncider avec un calendrier proposé par les États-Unis. Le ministre Prentice admet qu’« il est juste de se demander » comment le nouveau calendrier repoussé affectera l‘objectif de 2020 », mais il dit que « cet objectif ne change pas ».

Juillet 2009. En vue des nouveaux objectifs de réduction des émissions qui seront signés à Copenhague dans l’année, l’ancien conseiller scientifique principal du Royaume-Uni prévient tout le monde du fait que le Canada fait obstruction.

En même temps, le « bulletin » climatique du World Wildlife Fund de 2009 classe le Canada au dernier rang en matière d’émissions de gaz à effet de serre et de mesures prévues pour les réduire.

Le commissaire à l’environnement du Canada conclut lui aussi que le plan des conservateurs pour lutter contre les changements climatiques ne nous permettra jamais d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, bien qu’il reconnaisse, selon «l’opinion scientifique générale», que la température planétaire ne doit pas augmenter de plus de deux degrés Celsius par rapport aux températures préindustrielles, le ministre conservateur de l’Environnement, Jim Prentice, dit que les objectifs ne sont qu’une «aspiration» et qu’ils ne nécessitent pas de changement dans les politiques gouvernementales.

Septembre 2009. Le Premier ministre Stephen Harper ne se présente pas à une réunion spéciale des chefs d’État aux Nations Unies sur les changements climatiques. Il décide plutôt de faire visiter une usine de beignes.

Novembre 2009. Cédant à la pression publique, le Premier ministre Harper accepte d’assister à la conférence sur les changements climatiques à Copenhague, mais seulement après que le président Obama a annoncé qu’il irait.

Décembre 2009. À Copenhague, une série de sérieuses gaffes embarrassent le Canada sur le plan international :

  • Une fuite de document du Cabinet révèle que les conservateurs veulent exclure l’exploitation des sables bitumineux des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, et que les émissions augmenteraient au lieu de baisser.
  • Au lieu de prendre des mesures concrètes pour contrer les changements climatiques, les conservateurs de Harper gagnent quatre prix consécutifs du « fossile du jour » pour avoir fait du Canada le chef de la résistance à un accord sur les changements climatiques.
  • L’attaché de presse du Premier ministre attaque un des environnementalistes les  plus respectés au Canada, Steven Guilbeault, en l’accusant à tort d’être responsable d’un canular complexe constitué d’un communiqué et d’une conférence de presse qui annonçaient de nouveaux objectifs de réduction d’émissions stricts pour le Canada.
  • Le secrétaire américain de l’Énergie refuse de participer à une séance de photos organisée à la hâte par les fonctionnaires canadiens, qui espéraient « changer le sujet ».
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