
Au cas où vous auriez passé la soirée à soutenir le Canada qui est passé tout près de remporter la Coupe du monde junior de hockey, voici quelques faits saillants de l’interview de Stephen Harper, comparés avec ce qu’il pensait jadis :
Au sujet de la fermeture du Parlement :
« Prendre la décision de proroger le Parlement lorsque le gouvernement a la confiance de la Chambre est une question constitutionnelle de routine ».
FAIT : En 2003, avant la passation de pouvoir du Premier ministre Jean Chrétien au gouvernement de Paul Martin, Stephen Harper a déclaré : « les libéraux veulent apparemment proroger la Chambre [...] Ils veulent partir à toute vitesse, décamper pour avoir une longueur d’avance sur le shérif. » (Stephen Harper, Canwest News Service, 20 octobre 2003).
Au sujet de la durée de la session parlementaire :
« Depuis la confédération, les sessions parlementaires durent environ un an. »
FAIT : Stephen Harper fait son petit malin avec les chiffres. La plus récente session aura été longue de 338 jours. Depuis 1983, après que le Parlement eut établi des dates fixes pour siéger, toutes les autres sessions du Parlement, de plus de 50 jours, ont durées en moyenne 526 jours, ce qui aurait donné suffisamment de temps pour l’adoption par le Parlement des 37 projets de loi du gouvernement qui viennent d’être enterrés par Stephen Harper.
Au sujet de la controverse sur les détenus afghans torturés :
« À mon avis, Peter, les sondages disent très clairement que cette question n’est pas celle qui intéresse la plupart des Canadiens […] de toute évidence, nous avons une grosse divergence d’opinion avec l’Opposition sur la question de savoir si cette affaire mérite ou non qu’on s’en préoccupe. »
FAIT : Les sondages ne dictent pas au Parlement les questions dont il devrait se préoccuper, mais selon un sondage du 12 décembre 2009 mené par la CBC, une majorité de Canadiens croyaient les affirmations de Richard Colvin selon lesquelles des prisonniers transférés par les Canadiens aux autorités afghanes ont été torturés. De plus, 83 % des personnes interrogées pensaient que le gouvernement savait que ces prisonniers avaient de fortes chances de se faire torturer. Entre-temps, un sondage publié hier montre que 48% des Canadiens sont mécontents de la performance de Stephen Harper à Copenhague.
Au sujet des projets de loi sur la justice pénale :
« Nous avons, comme vous le savez, certains projets de loi importants sur la justice pénale. Il sera toujours difficile de les faire adopter. C’était difficile pendant la précédente législature, au Sénat et à la Chambre des communes, mais surtout au Sénat. Comme vous le savez, nous avons eu la chance de pourvoir certains postes vacants au Sénat pour résoudre ce problème. »
FAIT : M. Harper a fermé le Parlement et il se plaint maintenant du fait que des projets de loi n’ont pas été adoptés. Des dix-neuf projets de loi relatifs à la justice pénale, onze sont toujours à l’étude à la Chambre des communes et cinq ont déjà été adoptés par le Sénat. Seuls trois projets de loi touchant la justice pénale sont à l’étude au Sénat.
Au sujet de la réforme du Sénat :
« Il a fallu nommer des gens. Ceux-ci vont faire avancer notre programme de réforme du Sénat. Le Sénat ne fait pas seulement obstacle à l’adoption des projets de loi pénaux du gouvernement, il bloque aussi la réforme du Sénat. »
FAIT : Parler de la réforme du Sénat est la diversion habituelle de M. Harper. L’opposition au plan de réforme du Sénat de M. Harper n’est pas venue des sénateurs libéraux, mais bien des provinces, nos partenaires constitutionnels. Les libéraux soutiennent que la réforme du Sénat doit être faite conformément à la Constitution du Canada, et non pas unilatéralement. Plutôt que de donner suite aux recommandations du Sénat de procéder à la réforme de la chambre haute, M. Harper a nommé plus de sénateurs en un an que tout autre Premier ministre du Canada.



