
Ottawa - Le gouvernement Harper ne peut plus se voiler la face : des informations accablantes, montrant qu’il savait que des détenus afghans étaient torturés et qu’il n’a ni enquêté ni cherché à mettre fin à cette pratique, continuent d’être divulguées. C’est ce qu’ont dit les députés libéraux aujourd’hui.
« De nouvelles révélations graves donnent encore plus de relief à cette affaire. Or, le gouvernement conservateur continue de couvrir le fait qu’il n’a pas su agir lorsqu’il a appris que les détenus risquaient de subir des mauvais traitements, a déclaré Ujjal Dosanjh, le porte-parole libéral responsable de la défense. Les cachotteries et les petits jeux de procédure ont assez duré. Seule une enquête publique permettra de faire toute la lumière sur cette affaire. »
« Le gouvernement a d’abord choisi de fermer les yeux. Ensuite, lorsque son incompétence a commencé à se voir, il a cherché à dissimuler l’affaire, a ajouté M. Dosanjh. À cause de son éternelle mauvaise volonté face aux allégations qui se multiplient, de sa tendance à balayer cette question sous le tapis afin de se protéger politiquement, il a perdu toute crédibilité et mis nos troupes dans une situation intenable. »
Rien que cette semaine, trois témoins différents – le traducteur canado-afghan Malgarai Ahmadshah, le haut fonctionnaire canadien Nicholas Gosselin et le diplomate Richard Colvin – ont donné des éléments de preuve capitaux qui montrent comment le gouvernement a systématiquement dissimulé les allégations de mauvais traitements.
Le témoignage de M. Ahmadshah devant un comité parlementaire, en particulier, a poussé le général Natynczyk à annoncer l’ouverture d’une enquête militaire sur le rôle que les soldats canadiens auraient peut-être joué dans le transfèrement de détenus afghans innocents à des tortionnaires reconnus.
« Le chef d’état-major de la défense, le général Walt Natynczyk, se montre disposé à aller au fond des choses, a renchéri M. Dosanjh. Pourquoi le gouvernement conservateur refuse-t-il de se conformer lui aussi à cette exigence minimale ? Que faudra-t-il pour que Stephen Harper ouvre une enquête publique approfondie ? »
M. Gosselin, un employé des Affaires étrangères en poste à Kandahar et à Kaboul, a dit également à la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire qu’il avait consigné par écrit huit allégations de mauvais traitements entre janvier et août 2008. Cela s’est donc produit après que le Canada eut temporairement cessé de transférer des détenus aux autorités afghanes en novembre 2007.
« En tout cas, le gouvernement a fermé les yeux sur les allégations de torture et a délibérément toléré cette pratique », a ajouté Bob Rae, le porte-parole libéral responsable des affaires étrangères.
« Il faut aller au fond de cette histoire d’une manière méthodique et respectueuse, d’une manière qui protège l’honneur et la réputation de tous les Canadiens mais surtout celle de nos soldats, de nos diplomates, de nos travailleurs humanitaires, de nos alliés et du peuple afghan, tout en tirant les leçons pour l’avenir. Il faut une enquête publique.»



