La saison des procès des conservateurs débute

Tout au long de ce scandale, le premier ministre a tenté de fuir toute responsabilité dans cette affaire. Son explication à propos de ce qu’il savait et de quand il l’a su est chargée de contradictions. Les Canadiennes et les Canadiens méritent qu’on leur dise la vérité.

Cette semaine, alors que débute la saison des procès des conservateurs, les Canadiennes et les Canadiens seront une fois de plus confrontés à des exemples flagrants de manque de jugement de notre premier ministre.

Aujourd’hui, l’ancien sénateur conservateur Mike Duffy, qui fait actuellement l’objet d’une suspension, a comparu dans une salle d’audience d’Ottawa pour faire face à 31 chefs d’accusation de corruption et de fraude. Au cours des deux prochains mois, à mesure que le procès se déroulera, les Canadiennes et les Canadiens entendront enfin, sous serment, dans quelle mesure une douzaine de proches collaborateurs et de conseillers qui ont été nommés par le premier ministre et qui ont travaillé pour lui pourraient être impliqués dans le scandale d’ordre éthique au sein de son Cabinet.

Le procès de M. Duffy n’est que le premier d’une longue liste de conservateurs de haut rang qui peupleront les salles d’audience partout au pays. Le 28 avril prochain, l’ancien secrétaire parlementaire du premier ministre et député conservateur, Dean Del Mastro, comparaîtra lui aussi en cour pour son audience de détermination de la peine. L’année dernière, M. Del Mastro a été reconnu coupable de dépassement des limites de dépenses de campagne, pour avoir négligé de déclarer une contribution personnelle de dizaines de milliers de dollars à sa propre campagne, et pour avoir sciemment soumis de faux documents. Ce procès sera suivi en juin par le procès d’un autre ancien sénateur conservateur, Patrick Brazeau, accusé de fraude.

Mais alors que les parcours de Messieurs Duffy, Del Mastro et Brazeau seront au cœur de l’actualité dans les prochains mois, ces messieurs ne sont pas les seules personnes choisies par le premier ministre pour travailler aux niveaux les plus élevés de son gouvernement qui font maintenant face à des accusations criminelles : Arthur Porter, ancien président du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, est dans une prison panaméenne en attendant son extradition vers le Canada relativement à des accusations de fraude. Pour couronner le tout, l’ancienne sénatrice conservatrice Pamela Wallin fait actuellement l’objet d’une enquête de la GRC pour des allégations de fraude.

Toutes ces personnes ont été méticuleusement choisies par le premier ministre; elles ont été nommées à leurs postes de sénateurs, secrétaire parlementaire, ou conseillers principaux par lui, et par lui seul. Alors que tous les détails de ces nombreuses affaires sordides sortiront bientôt au grand jour, le premier ministre a le devoir de rendre compte aux Canadiennes et aux Canadiens de son piètre jugement.

Dominic LeBlanc
Député de Beauséjour