Publicités télévisées durant les matchs de hockey ou emplois pour les jeunes?

ralph-goodaleCe printemps, le gouvernement conservateur de M. Harper a eu à faire un choix entre certaines dépenses.

Il pouvait ou bien investir dans l’emploi pour les jeunes Canadiens au chômage (notamment en créant des emplois d’été pour étudiants), ou bien gaspiller les deniers publics en diffusant de coûteuses publicités télévisées vantant les mérites de son soi-disant « plan d’action économique », qui constitue à l’évidence un lamentable échec pour les jeunes en particulier.

Il a choisi les publicités. Des centaines d’entre elles. Diffusées jour et nuit. Ad nauseam. Et à un coût faramineux (elles coûtent en fait plusieurs millions de dollars à produire et à diffuser).

Sans compter les coûts de production, une seule publicité diffusée durant la « Soirée du hockey » coûte 95 000 $ pour 30 secondes. Avec cet argent, le gouvernement aurait pu favoriser la création de 30 emplois d’été pour étudiants au chômage.

Autrement dit, pour chaque seconde – vous avez bien lu, chaque seconde – durant laquelle sont diffusées ces publicités grossières du gouvernement Harper, un autre jeune Canadien au chômage pourrait avoir un emploi. Et ce sont vos deniers publics qui servent à payer ces publicités. Quelle parodie!

Et ce n’est pas tout. Imaginez ce qu’il en coûtera pour diffuser les publicités de M. Harper durant le Super Bowl, la cérémonie des Oscars, celle des Juno et la finale des éliminatoires de la Coupe Stanley! Une fortune colossale!

Les conservateurs disent que ce n’est rien. Ils disent aux jeunes Canadiens de cesser de se lamenter, que le Canada fait mieux que le reste du monde et que tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais la réalité est toute autre. Le Canada perd du terrain.

Sous Stephen Harper, la croissance économique canadienne a été anémique pendant des années. La seule période de l’histoire du pays où la situation a été pire est celle des années de misère de R.B. Bennett. Nombre d’autres pays – notamment, les États-Unis, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suède et la Norvège – dépasseront les perspectives économiques médiocres du Canada cette année.

Et pour la jeunesse, la plus grande partie du pays connaîtra des conditions semblables à celles d’une récession.

On compte 231 000 jeunes Canadiens au travail de moins qu’avant le début de la récession en 2008. Le taux de chômage se chiffre obstinément à 14,5 %, deux fois plus que chez les autres Canadiens. Cela signifie que plus de 411 000 jeunes ne travaillent pas et sont activement à la recherche d’un emploi.

Et on ne compte pas les 180 000 autres qui ont cessé de chercher un emploi parce qu’ils ont perdu espoir d’en trouver un, du moins tant que ce gouvernement sans coeur sera aux commandes du pays.

Les statistiques officielles concernant le chômage chez les jeunes empirent uniformément quel quel soit l’indicateur choisi. Or, M. Harper se contente d’une poignée d’emplois d’été créés par son gouvernement débranché et isolé, pendant que ses coûteuses publicités continuent de contaminer les séries éliminatoires du hockey.

Pataugeant d’un gâchis désolant à l’autre, Stephen Harper semble de plus en plus déconnecté de la réalité. Il semble même ne pas être à la hauteur.

Ralph Goodale

Chef adjoint