RencontrezJustin Trudeau

Au cours des dix dernières années, il est devenu de plus en plus difficile pour des millions de Canadiennes et de Canadiens de joindre les deux bouts. Certaines personnes croient que la solution est de continuer à suivre la voie sur laquelle nous sommes actuellement engagés, en accordant des avantages et des allégements fiscaux aux mieux nantis et en faisant des coupes partout ailleurs. J’ai un plan différent, un plan qui préconise les investissements en faveur de la création d’emplois et de la croissance économique, et la réduction des impôts de la classe moyenne. Ma vision est celle d’un pays où tous et toutes ont une chance de réussir, un pays confiant et faisant preuve d’initiative et d’audace en investissant dans les Canadiennes et les Canadiens.

Cette vision a été faconnée par mes diverses expériences et influences : Trudeau et Sinclair, père et mère, français et anglais, est et ouest. Je serai toujours un fils, mais aujourd’hui, je suis aussi un mari, un père et un homme passionné par l’avenir de son pays. Et je veux partager avec vous le sens du devoir qui m’interpelle : servir notre pays en créant un terrain d’entente où chaque Canadienne et Canadien peut trouver sa place dans un pays fort et juste.

Enseignant

APRÈS AVOIR OBTENU UN BACCALAURÉAT EN LITTÉRATURE ANGLAISE DE L’UNIVERSITÉ MCGILL EN 1994, je me suis trouvé à la croisée de chemins, avec amplement de temps pour réfléchir à ma vie et à mon avenir. Cet été-là, pendant que je réfléchissais tranquillement sur une colline, j’ai décidé ce qu’allait être ma prochaine étape : j’allais devenir enseignant. Ce serait ma façon à moi d’apporter une contribution positive au monde.

Peu de temps après, j’ai obtenu mon diplôme en enseignement de l’Université de la Colombie-Britannique et je suis devenu enseignant à Vancouver, principalement en français et en mathématiques.

Après avoir enseigné pendant des années sur la côte Ouest, j’ai décidé qu’il était temps de rentrer chez moi, au Québec. J’adorais Vancouver, j’y avais un groupe d’amis fantastiques, j’aimais les montagnes et l’océan, mais à 30 ans, je commençais à sentir le besoin de m’établir et de fonder éventuellement une famille. Je ne pouvais m’imaginer le faire ailleurs qu’à Montréal.

Père

DE RETOUR À MONTRÉAL, on m’a demandé de participer à un gala de la Fondation pour l’enfance Starlight. C’était en 2003. Je coanimais la soirée avec une charmante animatrice de télévision et de radio. Elle s’appelait Sophie Grégoire. Nous avons eu bien du plaisir à discuter tout au long de la soirée, j’ai alors su qu’elle était une femme très spéciale.

Quelques mois plus tard, à la fin d’août, je marchais sur le boulevard Saint-Laurent quand quelqu’un marchant en sens inverse m’a lancé un bref « Salut, Justin ». C’était Sophie. Nous avons parlé et je l’ai invitée à souper. « Écris-moi un de ces jours et on verra », m’a-t-elle répondu, l’air désinvolte, en s’éloignant. Il m’a fallu quelques semaines de conversations par courriel et par téléphone avant de la convaincre, mais je ne me suis pas découragé. Sophie a finalement accepté mon invitation. Nous sommes allés au restaurant afghan Khyber Pass, sur la rue Duluth, et avons parlé de toutes sortes de choses, revenant souvent à mon frère Michel, à mon père et à nos souvenirs des années 80.

En février 2007, Sophie m’a demandé de m’asseoir et m’a montré quelque chose qui allait changer ma vie : un test de grossesse sur lequel était affiché une signe positif bleu. J’étais fou de joie. Depuis toujours, mon plus grand rêve était de devenir père. J’étais inspiré par le père extraordinaire que j’avais eu et j’avais l’intention de suivre son exemple. Sophie et moi souhaitions avoir des enfants depuis le jour de notre rencontre. Tout commençait à prendre forme.

Xavier James Trudeau est né le 18 octobre 2007, le jour où mon père aurait eu 88 ans. Son deuxième prénom était un clin d’oeil à mon grand-père Sinclair. C’était un gros bébé joyeux, avec de grands yeux verts et un grand coeur. Aujourd’hui, il est un enfant fort, athlétique, courageux sur les terrains de sport et dans l’eau, très sociable, mais parfois timide face à des situations nouvelles. Seize mois plus tard, le 5 février 2009, Ella-Grace Margaret Trudeau est arrivée à son tour. Ella était lumineuse et paisible, mais munie d’une volonté, d’une détermination et d’une vivacité d’esprit qui lui ont rapidement permis d’embobiner toute la maisonnée. Et son père? Eh bien, sans surprise, elle peut faire de moi ce qu’elle veut. Cinq ans plus tard, nous avons accueilli notre troisième enfant, Hadrien. Il emplit de joie nos vies.

« Depuis toujours, mon plus grand rêve était de devenir père. J’étais inspiré par le père extraordinaire que j’avais et j’avais l’intention de suivre son exemple. »

Je trouve très difficile d’être loin de mon épouse et de ma jeune famille pour m’acquitter de mes responsabilités de député et de chef du Parti libéral, mais cela me permet de voir les choses sous un angle différent. Je me demande par exemple si le temps passé loin de ma famille en vaut la peine. Est-ce que je suis en train de bâtir un meilleur avenir pour mes enfants, d’améliorer le monde dans lequel ils grandiront, ou suis-je plutôt en train de jouer le jeu de la politique, de marquer des points faciles, de vouloir gagner à tout prix?

Militant

EN 2005, ON ME DEMANDAIT DE PLUS EN PLUS SOUVENT de donner des conférences sur la jeunesse et l’environnement dans le cadre de congrès et d’autres événements. À cette époque, je présidais le conseil d’administration de Katimavik, qui avait réussi à obtenir du gouvernement Chrétien l’augmentation et la stabilisation de son financement à 20 millions de dollars par an, et je donnais des discours dans des écoles secondaires partout au pays sur l’importance du travail communautaire et du bénévolat.

Je siégeais aussi au conseil de la Fondation canadienne des avalanches. Je m’occupais de la promotion de la sécurité en matière d’avalanches dans le cadre d’événements dans des centres de ski de l’Ouest, je faisais pression sur les gouvernements de la Colombie-Britannique et de l’Alberta pour qu’ils contribuent au financement du Centre canadien des avalanches et de ses alertes publiques, et je participais aux activités de collecte de fonds privées pour l’organisme.

« Je sentais aussi qu’un changement générationnel approchait et qu’il déboucherait sur de nouvelles possibilités. C’est dans ce contexte que j’ai fait mes premiers pas en politique. »

Plus je discutais avec les jeunes en parcourant le pays, plus j’envisageais de consacrer ma vie à défendre leurs droits. Il devenait de plus en plus évident pour moi que les jeunes devaient être mieux représentés dans la sphère publique pour que leurs préoccupations soient entendues – l’éducation, l’environnement et les perspectives économiques de leur génération. Je sentais aussi qu’un changement générationnel approchait et qu’il déboucherait sur de nouvelles possibilités. C’est dans ce contexte que j’ai fait mes premiers pas en politique.

Chef

MA CARRIÈRE DE POLITICIEN a commencé dans un stationnement. Un stationnement d’épicerie, pour être plus précis, directement en face d’un restaurant de shawarma et d’un salon de coiffure pour hommes. J’étais seul, avec mon calepin, à aborder des inconnus pour leur demander s’ils voulaient payer dix dollars pour devenir membres du Parti libéral. Ce n’était pas une campagne électorale. C’étaient les premiers jours de la bataille pour l’investiture libérale dans Papineau, qui visait à choisir celui ou celle qui se présenterait sous la bannière libérale dans la circonscription au moment des élections. Je suis arrivé avec des moyens financiers limités, très peu d’expérience en politique, quelques amis devenus bénévoles et une seule employée, qui était en fait ma femme.

« Ma carrière de politicien a commencé dans un stationnement. Un stationnement d’épicerie, pour être plus précis, directement en face d’un restaurant de shawarma et d’un salon de coiffure pour hommes. »

À la fin de la course à l’investiture, j’avais parcouru chaque rue de la circonscription, visité chaque centre commercial, serré les mains de milliers de personnes et écouté d’innombrables histoires. J’avais l’impression d’avoir appris à connaître les gens de la circonscription et leurs préoccupations. Grâce à l’appui des gens que j’ai rencontrés pendant ces deux mois, j’ai été élu dès le premier tour de scrutin, avec 690 voix sur 1 266.

De la fin de 2007 au milieu de 2008, j’ai continué à faire campagne avec enthousiasme dans Papineau. Lors de la campagne électorale cette année-là, mes journées commençaient à sept heures, devant l’une des neuf stations de métro de la circonscription, où je distribuais des dépliants aux gens pressés qui se rendaient au travail. Après l’heure de pointe, je commençais la tournée des boutiques et des restaurants de la circonscription. Généralement, je dînais avec les bénévoles dans le bureau de campagne pour maintenir leur motivation. Je profitais de l’après-midi pour visiter les centres communautaires pour personnes âgées avant de retourner à une station de métro pour saluer les gens qui rentraient chez eux après leur journée de travail. Enfin, je passais mes soirées à téléphoner à des dirigeants communautaires pour les inviter à participer aux événements prévus le lendemain. Après quelques heures de sommeil, je me levais et je recommençais.

Le soir des élections, j’ai été élu de justesse dans Papineau. Cette victoire représentait beaucoup de travail, mais j’en avais savouré chaque seconde. Mais plus que tout, ce sont mes échanges avec les gens de Papineau qui m’avaient motivé. Trop d’éléments de la politique sont éphémères. Le lien que l’on établit avec des gens qui placent leurs espoirs et leur confiance en nous, c’est ce qui permet de s’acquitter du reste. C’est ce qui donne de la valeur à ce qu’on fait.

COMME BIEN DES AVENTURES CANADIENNES, ma campagne pour la course à la chefferie du Parti libéral du Canada a commencé autour d’un feu de camp en juillet 2012 à Mont-Tremblant, avec des amis proches, des conseillers et des membres de la famille. Je leur ai dit quelques mots sur ce que j’espérais accomplir avec eux pendant la fin de semaine. J’ai mentionné à quel point il était important que nous quittions cette rencontre avec une vision commune. J’ai demandé à tout le monde de répondre à une question simple, mais importante : « Pourquoi êtes-vous ici? ». Chacun leur tour, ils ont raconté des histoires dans lesquelles toutes les Canadiennes et tous les Canadiens pouvaient se reconnaître. Ce fut une conversation inspirante.

Quand est venu mon tour de répondre, j’ai simplement dit que je croyais que ce pays valait mieux que son gouvernement actuel; que les Canadiennes et les Canadiens avaient l’esprit ouvert et un grand coeur; qu’ils étaient justes et honnêtes, travaillants, aimables et optimistes. J’ai rappelé que le Canada avait de gros problèmes à régler, mais qu’aucun d’entre eux n’était plus gros que ceux que nous avions réussi à résoudre dans le passé; qu’avec la vision de M. Harper, trop de gens étaient laissés de côté ou ignorés.

Peu après avoir décidé de me présenter à la chefferie du parti, j’ai compris que cette campagne allait être différente. Nous aurions à attirer des passagers, à construire le train pendant qu’il roule, sans oublier de poser les rails. C’est à ce moment qu’a commencé à prendre forme l’image de l’espoir et du travail acharné. Il nous fallait à la fois établir un plan de travail solide et adopter une attitude positive pour augmenter notre popularité et créer un élan qui allait attirer le type de personnes dont nous avions besoin pour atteindre nos objectifs.

Au cours de la campagne, je suis revenu encore et encore aux grands enjeux fondamentaux : une croissance qui profite à la classe moyenne, l’égalité des chances sur le plan économique, le respect et la promotion de la liberté et de la diversité, et un gouvernement plus démocratique qui représente toute la population canadienne. Ces objectifs constituaient les piliers sur lesquels nous voulions bâtir la campagne et définir un programme pour gouverner le pays. Et c’est toujours le cas.

Le soir de l’élection, les Canadiennes et les Canadiens nous ont dit qu’ils partageaient cette vision et ont placé le Parti libéral à la barre d’un gouvernement majoritaire – en élisant des député(e)s dans chaque province et territoire d’un océan à l’autre. Le 4 novembre 2015, j’ai eu l’honneur d’être assermenté comme 23e premier ministre du Canada, avec un nombre égal de femmes et d’hommes au Conseil des ministres – une première dans l’histoire du pays.

Je suis très reconnaissant d’avoir la chance de vous servir, vous et tous les Canadiens et Canadiennes d’un océan à l’autre. Je m’engage à diriger un gouvernement ouvert et honnête qui rend des comptes à la population, qui respecte les normes éthiques les plus élevées, qui œuvre pour l’unité du pays et qui gère avec rigueur et prudence les fonds publics.

Merci de faire partie de cette aventure et d’accorder votre confiance à notre équipe. Ce n’est que le début.